Notre ADN du Néandertal associé aux risques d'allergies et de dépressions

Vous êtes déprimé et vous êtes vulnérables aux allergiques ? La faute revient peut-être à un ancien héritage génétique que vous tenez des hommes du Néandertal.


Notre ADN caché du Néandertal nous rend vulnérable à la dépression, au tabagisme et aux allergies

Les humains modernes se sont rencontrés et accouplés avec les en Europe et Asie il y a 50 000 ans. Et les chercheurs soupçonnaient que les gènes du Néandertal sont liés à notre état de santé actuel. Une étude publiée dans la revue Science détaille ces impacts. L’étude a utilisé une nouvelle méthode pour analyser les données médicales de près de 28 000 Américains pour montrer que certaines variations des gènes du Néandertal peuvent augmenter le risque de dépression, de lésions, de caillots sanguins et d’autres troubles.

L’ du Néandertal est principalement présent chez les Européens et les Asiatiques

Les gènes du Néandertal ne sont pas tous nocifs. Ces variations nous protègent parfois des maladies, mais parfois, ils nous rendent plus vulnérables selon Svante Paabo, un paléogénéticien de l’institut Max Planck. 2 autres études ont identité 3 gènes archaïques qui boostent la réponse immunitaire. Et la plupart des gènes archaïques, qui persistent jusqu’à aujourd’hui, étaient bénéfiques dans les temps préhistoriques. Mais désormais, on a des modes de vie et des environnements modernes très différents qui provoquent les maladies.

La plupart ont uniquement des traces infimes d’ADN Néandertal, mais leur impact sur la santé est considérable. La contribution génétique Néandertal possède des impacts psychologiques plus importants qu’on le pensait auparavant selon Paabo. Il a aidé à séquencer les premiers anciens génomes. En moyenne, les Européens et les Asiatiques possèdent environ 1,5 % de leurs génomes qui viennent du Néandertal. Les habitants des îles mélanésiennes possèdent aussi 2 à 3 % d’un autre groupe éteint qu’on connait comme les hommes de Denisova. Les Africains n’ont quasiment pas d’ADN Néandertal, car les accouplements se sont produits après que les humains modernes ont quitté l’Afrique.

Notre héritage génétique provenant du Néandertal

En comparant les génomes de quelques Néandertal et d’un Hominidé de Denisova avec des personnes de la base de donnée 1000 Genomes, les biologistes ont récemment découvert près de 12 000 versions de gènes du Néandertal ou des haplotypes chez des Asiatiques et des Européens. Les chercheurs avaient des indices sur le fait que quelques-uns de ces haplotypes étaient impliqués dans le système immunitaire dans le développement de la peau et des cheveux. Mais on ignorait encore leur fonction précise.

L’utilisation d’une base de données médicale et génétique

Une avancée majeure s’est produite quand Joshua Akey, un généticien de l’université de Washington et Tony Capra, un génomiste évolutionnaire de l’université de Vanderbilt ont réalisé de manière indépendante qu’ils pouvaient trouver des variantes de gènes Néandertal dans une base de données médicale qui est l’eMERGE (Electronic Medical Records and Genomics). L’eMERGE permet d’associer les données médicales et génétiques des patients de 9 villes américaines en les comparant avec des maladies précises.

Akey et Capra ont collaboré pour chercher près de 6 000 haplotypes du Néandertal dans les données génétiques de 28 416 adultes qui avaient des ancêtres européens. Après avoir trouvé des ensembles d’ADN du Néandertal, l’équipe a utilisé l’analyse statistique pour associer la présence des gènes archaïques avec les risques élevés de maladies. La recherche a permis de trouver une douzaine de gènes qui provoque des risques élevés de maladies. Par exemple, la variante d’un gène augmente les risques de la coagulation sanguine. Au temps des Néandertal, cette faculté du sang leur a permis de chasser des animaux dangereux ou d’accoucher des enfants dotés d’un cerveau anormalement grand sans courir trop de risques. Mais cela augmente les risques de caillots de sang, mais ces caillots n’étaient pas importants pour les Néandertal puisqu’ils mourraient très jeunes.

Des gènes du Néandertal associés à des troubles neurologiques

Les chercheurs ont aussi trouvé qu’un certain nombre de gènes Néandertal était associé avec des conditions neurologiques. On peut citer la dépression qui est déclenchée par des rythmes circadiens perturbés. D’autres variantes étaient liées aux lésions précancéreuses de la peau qu’on appelle des kératoses actiniques. Capra estime que la chimie cérébrale du Néandertal et sa réponse épidermique face aux rayons du soleil a pu influencer les conditions de lumière et des modes de vie dans l’Europe préhistorique. Ces gènes doivent nous protéger des rayons du soleil, mais notre mode de vie actuelle, basée principalement sur la lumière artificielle, provoque des maladies.

D’autres allèles néandertaliens régulent le transport de la Thiamine ou vitamine B1 qui métabolise les carbohydrates dans les cellules de l’intestin. Les régimes du Néandertal, riches en viande et en noix, ont pu fournir beaucoup de thiamines. Mais à notre époque, certaines personnes ne mangent pas suffisamment de ces aliments dans leur régime. Et s’ils possèdent cette variante du gène Néandertal, alors ils pourraient être plus vulnérables à la malnutrition. On a aussi des gènes du Néandertal qui sont associés avec l’incontinence, la douleur de la vessie et des troubles dans les voies urinaires. Un gène du Néandertal était aussi associé à l’addiction à la nicotine. C’est le second allèle qu’on trouve chez les Néandertal qui augmente les risques du tabagisme.

Mais les Néandertal ne nous ont pas laissé uniquement de mauvaises choses. 2 études publiées dans l’American Journal of Human Genetics le mois dernier ont identifié 3 gènes archaïques qui boostent la réponse immunitaire innée qui nous permet de nous défendre contre les champignons, les parasites et les bactéries. Les trois gènes sont très présents chez les Européens et les Asiatiques. De tels exemples suggèrent que lorsque les humains modernes sont entrés dans de nouveaux environnements qui possédaient de nouveaux pathogènes, ils ont pris un raccourci dans l’évolution en sélectionnant des gènes bénéfiques à partir d’autres hominiens. Vous transportez juste la diversité des autres espèces qui ont vécu beaucoup plus longtemps selon Quintana-Murci. Les Néandertal ont vécu pendant près de 20 000 ans afin de s’adapter à la vie dans le Moyen-Orient et en Europe avant que les humains modernes ne débarquent dans ces régions.

Cependant, même s’ils ont été bénéfiques pendant le Pleistocene et pour les gens vivant dans de mauvaises conditions, les gènes qui boostent l’immunisation ont des effets secondaires considérables aux États-Unis et en Europe. La raison est que les habitants sont confrontés à moins de parasites et les récepteurs de ces gènes du Néandertal sont associés fortement à des allergies. Si vous avez une réponse immunitaire très forte, alors vous devrez en payer le prix en termes d’auto-immunité, d’inflammation et d’allergie selon Quintana-Murci. Mais on ignore l’effet de ces gènes, qui nous nuisent aujourd’hui, sur les Néandertal. On ne peut pas dire si ces gènes provoquaient la dépression ou des inflammations de la peau chez le Néandertal. Et cette recherche n’est que le début, car en étudiant plus de bases de données médicales, on va trouver plus de gènes du Néandertal qui ont résisté à travers les âges et l’évolution pour nous façonner aujourd’hui d’une façon ou d’une autre.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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