Une pierre gravée de Crimée démontre un symbolisme du Néandertal

Les chercheurs estiment que des gravures sur un morceau de Silex pourraient être un symbolisme des Néandertals. Notons que cela reste une interprétation des chercheurs.


Le morceau de Silex gravée provenant de la grotte Kiik-Koba - Crédit : Majkic et al (2018)
Le morceau de Silex gravée provenant de la grotte Kiik-Koba - Crédit : Majkic et al (2018)

Un morceau de silex du Paléolithique moyen de Crimée a probablement été gravé symboliquement par une main néandertalienne selon une étude publiée dans la revue PLOS ONE par Ana Majkic de l’Université de Bordeaux et ses collègues. Les auteurs ont développé un cadre détaillé pour l’interprétation des gravures sur des artefacts en pierre.1

Les artefacts en pierre gravée sont des indices importants de l’histoire de la culture et de la cognition humaines. Des incisions sur des morceaux de silex ou de chert sont connues dans les sites du Paléolithique moyen et inférieur en Europe et au Moyen-Orient. Mais il est difficile de déterminer l’action qui a créé une incision. S’agissait-il d’une éraflure accidentelle ou d’une gravure délibérée ? Pour résoudre ce problème, Majkic et ses collègues ont créé un cadre d’interprétation qui permet aux chercheurs de classer la structure et les modèles des écorces gravés et de vérifier ces attributs par une liste d’actions causales possibles.

Le morceau de Silex gravée provenant de la grotte Kiik-Koba - Crédit : Majkic et al (2018)

Le morceau de Silex gravée provenant de la grotte Kiik-Koba – Crédit : Majkic et al (2018)

Ils ont testé cette méthodologie avec un morceau gravé provenant du site de la grotte de Kiik-Koba en Crimée. Les nombreux artefacts de pierre sur le site sont associés à des restes de Néandertal et datent d’il y a environ 35 000 ans. Après un examen microscopique des lignes rainurées sur l’écorce de silex, les chercheurs ont conclu que les incisions représentent des gravures délibérées qui auraient exigé une motricité fine et une attention aux détails. Ces gravures semblent avoir été faites avec une intention symbolique ou communicative.

Si cette interprétation est correcte, alors cette gravure rejoindrait une liste croissante de signes que les Néandertaliens se livraient à des activités symboliques ainsi que des preuves d’enterrement intentionnel, d’ornements personnels et d’autres objets décorés. Cela a des implications sur la question de savoir quand et combien de fois ce genre d’expression culturelle a évolué parmi les populations hominiennes. Les chercheurs espèrent perfectionner leur cadre pour l’utiliser avec des artefacts d’âges et de contextes culturels différents.

Sources

1.
Assessing the significance of Palaeolithic engraved cortexes. A case study from the Mousterian site of Kiik-Koba, Crimea. PLOS ONE. 10.1371/journal.pone.0195049″ target= »_blank » rel= »noopener noreferrer »>http://dx.doi.org/10.1371/journal.pone.0195049. Published April 30, 2018. Accessed April 30, 2018.

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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