Est-ce que la biologie explique l’absence de femmes en science et en technologie ?

Ce n’est pas un secret que la Silicon Valley emploie plus d’hommes que de femmes dans les métiers technologiques. Mais il est difficile de s’accorder sur le pourquoi d’une telle différence.


Ce n'est pas un secret que la Silicon Valley emploie plus d'hommes que de femmes dans les métiers technologiques. Mais il est difficile de s'accorder sur le pourquoi d'une telle différence.
Crédit : Lawrence Sinclair, CC BY-NC-ND

La publication d’un mémo anti-diversité par un ex-employé de Google vient de ramener ce problème sous les projecteurs. L’auteur argue qu’il existe des explications dans le gap du genre dans la technologie qui ne se basent pas sur le biais ou la discrimination. Plus précisément, il y aurait des différences biologiques pour expliquer ce gap. Il est important d’éclaircir ces questions avant de parler de l’équité dans les secteurs technologiques.

En tant que chercheuse dans les sciences sociales qui étudie le sexe et le genre depuis plus de 50 ans, j’admets que les différences biologiques font partie des raisons pour lesquelles nous voyons peu de femmes comparées aux hommes dans la Silicon Valley. Mais la route entre la biologie et l’emploi est longue et chaotique. Et une connexion causale ne va pas exclure la pertinence des causes non biologiques. Que peut dire la science sur le sexe et le genre ?

Est-ce que les filles ne sont pas adaptées à la technologie dès leur naissance ?

Il n’y aucune preuve causale directe que la biologie soit responsable de l’absence des femmes dans les métiers technologiques. Mais la plupart des psychologues vont soutenir l’idée que l’exposition prénatale ou juste après la naissance à des hormones comme la testostérone et d’autres androgènes vont affecter la psychologie humaine.1 2 Chez les humains, la testostérone est normalement élevée chez les hommes allant de la 8e à la 24e semaine de la grossesse, mais également pendant le développement juste après la naissance.

Ce n'est pas un secret que la Silicon Valley emploie plus d'hommes que de femmes dans les métiers technologiques. Mais il est difficile de s'accorder sur le pourquoi d'une telle différence.

Crédit : Micah Sittig, CC BY

Les contraintes éthiques interdisent d’expérimenter les foetus humains et les bébés pour comprendre l’effet de cette testostérone en quantité élevée chez les hommes. À la place, les chercheurs ont étudié des individus qui sont exposés à des environnements hormonaux qui sont anormaux à cause de conditions génétiques inhabituelles ou des médicaments actifs sur le plan hormonal aux femmes enceintes.3 4 5 De telles études ont suggéré que l’exposition précoce d’androgène provoque des effets de masculinisation sur les préférences de jeu des filles quand elles sont mineures, mais également sur le comportement, l’agressivité, l’orientation sexuelle et l’identité de genre. On a également la possibilité d’une capacité et d’une réaction spatiale à certains comportements qui indiquent des comportements qui sont appropriés culturellement pour les femmes.6 7

L’exposition précoce hormonale est seulement une partie des processus biologiques complexes qui contribuent à la différenciation sexuelle.8 Axés par des messages directs et trop simplifiés sur les chromosomes X et Y, on ignore largement les effets de ces processus sur la psychologie humaine étant donné que la recherche scientifique dans ce domaine est récente. D’autres études informent sur le débat de l’inné/acquis en comparant les comportements des garçons et des filles qui sont si jeunes que la socialisation n’est pas suffisante pour exercer une influence complète.

Les différences précoces du sexe émergent principalement sur des dimensions larges du tempérament.9 L’une de ces dimensions est ce que les psychologues appellent la surgence. Cette dernière est élevée chez les garçons et elle se manifeste par une activité motrice, l’impulsivité et l’expérience du plaisir provenant des activités intensives. L’autre dimension est ce qu’on connait comme le contrôle volontaire. Ce dernier est plus élevé chez les filles et il émerge en des capacités de self-contrôle sur l’attention, la capacité de se concentrer, de déplacer l’attention ainsi qu’un contrôle inhibiteur. Cet aspect du tempérament inclut également une plus grande sensibilité perceptuelle et une expérience du plaisir provenant des activités à faible intensité.

Cette recherche sur le tempérament suggère que la nature instille certaines différences psychologiques sur le sexe. Mais les scientifiques ne comprennent pas totalement les chemins de ces aspects du tempérament de l’enfant à la personnalité et les capacités de l’adulte.

Est-ce qu’il y a une fracture par sexe concernant des traits pertinents pour la technologie ?

Une autre approche pour le débat des femmes en technologie implique de comparer les sexes sur des caractéristiques qui sont pertinents dans la participation en technologie. Dans ce cas, il n’est pas important si ces traits sont innés ou acquis, car les principaux critères sont les capacités mathématiques et spatiales.

La différence de sexe dans la capacité mathématique moyenne, qui a favorisé les hommes, a disparu dans la population américaine.10 11 Il y a également un déclin sur la prépondérance des hommes parmi les meilleurs dans les tests mathématiques.12 Mais les hommes tendent à être mieux notés sur la plupart des tests spatiaux, notamment sur les tests de rotation des objets en 3 dimensions et il semble que ces capacités semblent pratiques dans les secteurs du .13 14 15

Bien sûr, les gens choisissent leur orientation selon leurs intérêts ainsi que leurs capacités. De ce fait, il faut considérer l’aspect des gens qui sont intéressés par « des gens » avec ceux qui sont intéressés par « des choses ». La recherche montre qu’en général, les femmes sont plus intéressées par les personnes que les hommes qui sont donc plus intéressés par les choses.16 Et on peut penser que les occupations technologiques concernent plus les choses que les personnes et donc, les hommes y seraient plus naturellement attirés.17 Par exemple, les postes tels qu’ingénieur en informatique, en réseau ou en base de données nécessitent des connaissances intensives sur l’électronique, les mathématiques, les principes d’ingénierie et les systèmes de télécommunications. Le succès dans ces postes ne dépend pas de la sensibilité sociale et l’intelligence émotionnelle alors que ces derniers sont nécessaires pour, par exemple, l’éducation précoce des enfants ou la vente au détail.

Ce n'est pas un secret que la Silicon Valley emploie plus d'hommes que de femmes dans les métiers technologiques. Mais il est difficile de s'accorder sur le pourquoi d'une telle différence.

Les hommes et les femmes varient également dans leurs objectifs de vie. Les femmes vont placer une priorité importante pour travailler avec et aider les personnes.18 Les métiers du STEM ne sont pas généralement perçus pour ce genre d’objectif. Mais la technologie offre des spécialisations qui donnent la priorité à des objectifs communautaires et sociaux tels que la conception d’un système de santé ou les capacités sociales comme l’amélioration de l’interaction entre les hommes et les machines. De telles positions sont très adaptées pour les femmes.19 Et plus généralement, la supériorité générale des femmes sur la lecture et l’écriture ainsi que les capacités sociales va les avantager dans de nombreuses occupations.20 21 22

Virtuellement, toutes les différences du sexe consistent sur le chevauchement des distributions des hommes et des femmes. Par exemple, en dépit de la différence du sexe sur la hauteur moyenne, certaines femmes sont plus grandes que la plupart des hommes et certains hommes sont plus courts que la plupart des femmes. Même si les différences psychologiques du sexe sont statistiquement inférieures que cette différence de hauteur, certaines d’entre elles sont plus pertinente pour la technologie, notamment l’intérêt pour les hommes par rapport aux choses et la capacité spatiale dans les rotations mentales.

Si ce n’est pas la biologie, alors quelles sont les causes ?

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Crédit : Zorgnetwerk Nederland, CC BY-NC-ND

Étant donné l’absence de preuves claires que les capacités et les intérêts pour la technologie proviennent principalement de la biologie, alors il y a énormément de place pour considérer la socialisation et le stéréotype du genre.

Étant donné que les humains naissent sans aucun développement social, les parents et les autres fournissent une socialisation intensive, généralement pour promouvoir les traits et les personnalités dont ils pensent qu’ils vont les aider dans leur vie d’adulte. Et étant donnés les femmes et les hommes ont des vies adultes différentes, alors les soignants tendent à promouvoir des activités et des intérêts liés au sexe de l’enfant. Des poupées pour les filles, des camions pour les garçons.23 Une socialisation conventionnelle va inciter l’enfant à emprunter la route d’une carrière conventionnelle.24

Même les très jeunes enfants forment des stéréotypes du genre quand ils observent le comportement des hommes et des femmes dans leur séparation du travail.25 26 27 Ils apprennent automatiquement sur le genre par rapport à ce que les adultes font à la maison et au travail. Éventuellement, pour expliquer les différences qu’ils voient sur les hommes et les femmes et leurs tâches respectives, les enfants tirent la conclusion que les sexes ont des caractéristiques différentes dans une certaine mesure. La séparation des travaux transporte le message que les hommes et les femmes possèdent des attributs différents.28

Ces stéréotypes du genre incluent habituellement les croyances que les femmes excellent dans des qualités telles que la convivialité et l’inquiétude pour les autres et les psychologues le connaissent comme le Communal.29 Les stéréotypes suggèrent également que les hommes ont des qualités supérieures telles que l’affirmation de soi et la dominance et les psychologues le connaissent comme l’autodétermination (Agentic). Ces stéréotypes sont partagés dans les cultures et ils forment les identités de genre des individus ainsi que les normes sociétales concernant des comportements appropriés des hommes et des femmes.30 31

Les stéréotypes du genre ouvrent la voie au préjudice et la discrimination dirigée vers ceux qui dévient des normes du genre. Par exemple, si les gens acceptent le stéréotypes que les femmes sont « chaleureuses » et « émotionnelles », mais qu’elles ne sont pas « dures » et « rationnelles », alors les décideurs vont fermer la porte des métiers d’ingénierie et de technologie à la plupart des femmes même celles qui sont atypiques par rapport à leur sexe.32 De plus, les femmes douées en technologie peuvent faiblir si elles internalisent les stéréotypes sociétaux associés à l’infériorité des femmes sur les capacités pertinentes en technologie.33 34 De plus, cette anxiété des femmes peut également confirmer ces stéréotypes négatifs et réduire leur performance par la même occasion.35 36

Il n’est donc pas surprenant que la recherche fournisse des preuves que les femmes doivent atteindre un standard élevé pour obtenir des postes et la reconnaissance dans des secteurs qui sont culturellement masculins et dominés par les hommes.37 38 Cependant, il y a des preuves d’un recrutement préférentiel des femmes dans le STEM aux États-Unis.39 Les femmes qualifiées pour de tels postes ont de meilleures chances d’avoir un entretien et recevoir des offres par rapport aux hommes. Une simulation expérimentale du recrutement dans le STEM a produit des résultats similaires.40

Pourquoi pas l’acquis et l’inné en même temps ?

De nombreux commentateurs font l’erreur de supposer que la preuve scientifique favorisant les causes socio-culturelles pour le manque de femmes dans la technologie invalide les causes biologiques et vice versa. Ces suppositions sont trop simplistes parce que la plupart des comportements humains les plus complexes sont un mélange de l’acquis et de l’inné.

Ce n'est pas un secret que la Silicon Valley emploie plus d'hommes que de femmes dans les métiers technologiques. Mais il est difficile de s'accorder sur le pourquoi d'une telle différence.

Et le discours devient plus problématique quand le débat devient politisé.41 Aujourd’hui, les causes socio-culturelles sont considérées comme étant progressives et politiquement correctes tandis que les causes biologiques semblent plus conservatrices et réactionnaires. Les combats idéologiques nous distraient pour déterminer les changements qu’on doit faire dans les structures et les cultures d’entreprise pour améliorer l’inclusion des femmes en technologie et dans la science en général.42 43

La politisation de tels débats menace le progrès scientifique et elle ne permet pas de définir une organisation diverse et équitable et comment la créer. Malheureusement, des efforts bien intentionnés pour promouvoir la et l’inclusion peuvent être inefficaces et souvent, c’est parce qu’ils sont trop coercitifs et restrictifs sur l’autonomie du manager.44 45 L’outrage du mémo de suggère que Google doit revoir attentivement ses initiatives de diversité.

En tout cas, les preuves qui favorisent l’acquis ou l’inné ne pourront pas rendre compte de la sous-représentation des femmes en technologie. Une position cohérente et ouverte d’esprit sur les influences biologiques et sociales est nécessaire sur les intérêts et les compétences des carrières.

Indépendamment du fait si l’inné ou l’acquis est plus robuste pour expliquer le manque de femmes dans la technologie, les gens devraient éviter de supposer que le genre est binaire. Il est plus intéressant de considérer les individus des deux sexes comme s’ils étaient situés sur un continuum d’intérêts et de capacités masculins et féminins. Le fait de traiter des gens comme des individus, plutôt que comme des hommes ou des femmes, est difficile, car nos stéréotypes automatiques vont s’engouffrer dans la moindre brèche. Mais c’est une voie qu’on doit explorer pour améliorer l’équité et la diversité dans la technologie et d’autres secteurs de l’économie.

Traduction d’un article de The Conversation par Alice H. Eagly, professeure de psychologie au Faculty Fellow Institute for Policy Research et professeure de gestion et d’organisation à la Northwestern University.

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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