samedi , 18 novembre 2017

Le pigeon à crête produit un signal acoustique avec ses ailes

Les chercheurs rapportent que les pigeons à crête, connus comme les Colombine longup, peuvent produire des signaux d’alarme avec leurs ailes pendant qu’ils sont en vol. Et comme ils battent plus vite leurs ailes pour échapper aux prédateurs, les membres du groupe peuvent comprendre rapidement le danger.


Le pigeon à crête produit un signal acoustique avec ses ailes
Des pigeons à crête au sol - Crédit : Geoffrey Dabb
De nombreux animaux déclenchent une alarme pour alerter les autres membres de leur groupe quand il y a un danger imminent. Désormais, les chercheurs rapportent dans Current Biology, que les pigeons à crête, connus comme les Colombine longup, le font d’une manière non vocale.1 Une de leurs plumes pour le vol produit un son aigu aigu quand ils s’envolent. Comme ils battent plus vite leurs ailes pour échapper à un prédateur, ce signal d’alarme augmente automatiquement dans le tempo.

Fait important, les chercheurs montrent également que d’autres pigeons à crête fuient quand ils entendent ce son. Les résultats confirment que le son est un signal d’alarme et pas seulement un effet secondaire du vol. Les pigeons à crête signalent le danger avec leurs ailes et non leurs voix selon Trevor Murray de l’Australian National University. Cela montre que les oiseaux peuvent utiliser leurs plumes comme des instruments de musique pour communiquer avec les autres.

Un pigeon à crête en vol, on voit la 8e plume plus étroite sur l'aile primaire - Crédit : Geoffrey Dabb

Un pigeon à crête en vol, on voit la 8e plume plus étroite sur l’aile primaire – Crédit : Geoffrey Dabb

Charles Darwin a proposé l’idée des instruments non vocaux chez les oiseaux il y a environ 150 ans, mais c’était une idée difficile à tester. Les scientifiques savent depuis longtemps que les pigeons à crête émettent des sons forts lorsqu’ils volent. Et c’est pour ça qu’on les surnomme également comme des pigeons à sifflets. Le laboratoire de l’Université nationale australienne dirigée par Robert Magrath a constaté que d’autres pigeons prêtaient attention à ces sons.

Pour confirmer que les plumes sonores étaient effectivement un signal d’alarme, les chercheurs ont filmé des vidéos à haute vitesse et ils ont mené des expériences en enlevant des plumes. Ces études montrent que la 8e plume de l’aile primaire, exceptionnellement étroite, produit une note distincte à chaque descente. Le son change également au fur et à mesure que les oiseaux battent leurs ailes plus vite de sorte que ceux qui fuient le danger produisent des sons d’aile avec un tempo plus élevé.

Les ailes des oiseaux produisent alternativement des notes hautes et basses en vol. Les expériences des chercheurs ont montré que la 8e plume de l’aile principale est responsable des notes aiguës. Les notes graves proviennent de la 9e plume primaire. Mais des expériences ont montré que seules les notes aiguës sont essentielles pour déclencher une alarme.

Quand les chercheurs ont joué des sons de vol à d’autres pigeons, les spécimens étaient beaucoup plus susceptibles de fuir en entendant le vol d’un oiseau avec une 8e plume primaire intacte. Quand ils ont joué le son d’un pigeon avec cette 8e plume enlevée, ces pigeons ont souvent regardé autour d’eux au lieu de décoller.

Nous montrons que le pigeon à crête produit un signal d’alarme acoustique avec ses ailes et qu’il est un signal de danger intrinsèquement fiable selon Murray. Le signal d’alarme est fiable, car les pigeons battent plus vite pour échapper aux prédateurs et ce battement rapide produit automatiquement le signal d’alarme avec un tempo élevé.

Les pigeons à crête ne sont pas les seuls oiseaux connus pour produire des sons inhabituellement forts avec leurs ailes selon les chercheurs. Les pigeons font du bruit pendant leur vol. Les colibris et les Manakins sont également bien connus pour leurs ailes sonores. Les chercheurs espèrent que de futures études exploreront l’évolution des sons des ailes chez d’autres espèces d’oiseaux.

Sources

1.
Sounds of Modified Flight Feathers Reliably Signal Danger in a Pigeon. Current Biology. http://www.cell.com/current-biology/fulltext/S0960-9822(17)31268-X. [Source]
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A propos de Jacqueline Charpentier

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Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d’emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l’actualité scientifique et celle de la santé.

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