Ces araignées qui peuvent détecter les bonnes conditions du vent

L’araignée-crabe tisse des dizaines de fines fibres de soie pour sa dispersion aérienne. Une feuille de fibres triangulaire est observée au moment du décollage. Cela suggère un comportement pour analyser les conditions du vent pour un vol optimal.


L'araignée-crabe tisse des dizaines de fines fibres de soie pour sa dispersion aérienne. Une feuille de fibres triangulaire est observée au moment du décollage - Crédit : Moonsung Cho, Technical University of Berlin.
L'araignée-crabe tisse des dizaines de fines fibres de soie pour sa dispersion aérienne. Une feuille de fibres triangulaire est observée au moment du décollage - Crédit : Moonsung Cho, Technical University of Berlin.

Les araignées prennent leur envol sur les plus petites brises en détectant d’abord le vent, puis en lançant des dizaines de fibres nanométriques jusqu’à sept mètres de long selon une étude publiée dans la revue PLOS Biology par Moonsung Cho, Ingo Rechenberg, Peter Neubauer et Christoph Fahrenson à la Technische Universität de Berlin. L’étude fournit des détails sur ce comportement de montgolfière (ballooning) qui permet à certaines araignées de voyager dans le vent sur des centaines de kilomètres.1

Le comportement de ballooning des araignées

De nombreuses espèces d’araignées se livrent à ce processus de ballooning, soit pour se disperser depuis leur lieu de naissance, pour chercher de la nourriture ou des partenaires ou pour trouver de nouveaux sites de colonisation. Alors que la plupart des araignées, qui utilisent cette technique, sont des juvéniles ou de petits adultes, de moins de 3 millimètres de longueur, certains adultes le font également. Même si le comportement a été étudié auparavant, ces auteurs sont les premiers à effectuer des mesures détaillées à la fois du comportement de détection et des fibres de soie utilisées pour capter le vent.

L'araignée-crabe tisse des dizaines de fines fibres de soie pour sa dispersion aérienne. Une feuille de fibres triangulaire est observée au moment du décollage - Crédit : Moonsung Cho, Technical University of Berlin.

L’araignée-crabe tisse des dizaines de fines fibres de soie pour sa dispersion aérienne. Une feuille de fibres triangulaire est observée au moment du décollage – Crédit : Moonsung Cho, Technical University of Berlin.

Grâce à une combinaison d’observations sur le terrain et d’expériences en soufflerie, ils ont découvert que de grandes araignées-crabe (espèces Xysticus), d’environ 5 mm de long et pesant jusqu’à 25 milligrammes, évaluaient activement le vent en soulevant une ou deux de leurs pattes avant à plusieurs reprises et en orientant la direction.

Analyser les bonnes conditions du vent

À des vitesses de vent inférieures à 3,0 m par seconde (11 km/h), avec des courants ascendants relativement légers, les araignées ont tissé de multiples soies gonflantes de 3 mètres de long, avant de se détacher d’une ligne de soie séparée. Une seule araignée a libéré jusqu’à 60 fibres et la plupart avaient une finesse de 200 nanomètres. Ces fibres différaient d’une ligne de traînée, qui est connue comme une ligne de ballooning, et ont été produites par une glande de soie séparée.

Les auteurs ont conclu que les araignées, qui pratiquaient le ballooning, détectent activement les caractéristiques du vent et ne se lancent que lorsque la vitesse du vent et le courant ascendant se trouvent dans des gammes relativement étroites, augmentant ainsi les chances d’un vol productif. Selon les calculs de dynamique des fluides que les auteurs ont effectués en utilisant leurs données de soufflerie, l’araignée repose sur les courants ascendants qui se forment dans les vents légers dans lesquels ils se lancent, assurant ainsi un vol réussi.

Les comportements pré-vol que nous avons observés suggèrent que les araignées-crabe évaluent les conditions météorologiques avant leur décollage selon Cho. Le vol en montgolfière n’est probablement pas seulement un lancement aléatoire dans le vent, mais il se produit lorsque les conditions favorisent un voyage productif.

Sources

1.
An observational study of ballooning in large spiders: Nanoscale multifibers enable large spiders’ soaring flight. PLOS Biology. 10.1371/journal.pbio.2004405″ target=”_blank” rel=”noopener noreferrer”>http://dx.doi.org/10.1371/journal.pbio.2004405. Published June 13, 2018. Accessed June 13, 2018.
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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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