Le gouvernement américain autorise un poulet transgénique

La Food and Drug Administration (FDA) vient d’autoriser la commercialisation d’un poulet génétiquement modifié pour qu’il produise un médicament dans ses oeufs.



Le médicament, qu’on connait comme le Kanuma (sebelipase alfa), est une enzyme humaine recombinante qui est fabriquée par Alexion Pharmaceuticals. Elle remplace une enzyme fautive chez des gens avec un trouble rare qui empêche l’organisme de dissoudre les molécules de graisse dans les cellules. Avec l’autorisation de la FDA, le Kanuma rejoint un petit groupe de produits qu’on connait comme les farmaceuticals sur le marché américain. En 2009, la FDA avait autorisé des chèvres qui produisent un anticoagulant appelé ATryn dans leur lait. Et l’année dernière, la FDA a donné le feu vert à un médicament qui traite un œdème de Quincke héréditaire qui est produit par des lapins transgéniques.

Note : Un Farmaceutical désigne la fabrication d’un composant médical à l’aide de graines ou d’animaux génétiquement modifiés. Dans ce cas, le poulet Kanuma sert à fabriquer l’enzyme pour réduire considérablement les couts et pour éviter de la fabriquer de A à Z dans un laboratoire.

Cette nouvelle autorisation de la FDA montre que les chèvres ATryn ne sont plus un cas isolé selon Jay Cormier, un avocat au cabinet Hyman, Phelps & McNamara et un ancien évaluateur scientifique de la FDA. Le processus peut fonctionner dans différents types de cas. La FDA a décidé rapidement sur le poulet Kanuma en se basant sur le fait que c’est un médicament pour une maladie orpheline et que c’est une thérapie suffisamment performante. Le médicament du poulet Kanuma va traiter une maladie connue comme la déficience du Lipase Acide Lysosomale (LAL). Cette maladie provoque une accumulation de la graisse dans le foie, la rate et le système vasculaire. Si cette maladie affecte des enfants, alors elle est rapidement mortelle. Une seconde forme affecte des patients plus âgés en provoquant un élargissement du foie, la fibrose et la cirrhose ainsi que les maladies cardiovasculaires.

Avant ce médicament, on n’avait aucun traitement pour les patients qui étaient touchés par cette maladie selon Barbara Burton, une pédiatre de la Northwestern University Feinberg à Chicago. Les cliniciens pouvaient simplement fournir la nutrition et un support psychologique. Cette chercheuse a travaillé avec Alexion pour mener les tests cliniques. Les patients plus vieux étaient traités avec de la statine, mais cela ne traitait pas l’accumulation des graisses dans le foie.

Contrairement au saumon OGM AquAdvantage qui a été autorisé par la FDA le mois dernier, ce poulet transgénique n’est pas destiné à la consommation. Mais comme avec le saumon, la FDA considère ce poulet OGM comme un médicament vétérinaire. Étant donné que chaque cellule du poulet contient de l’ADN modifié, la FDA base sa juridiction sur la totalité du poulet selon Cormier.

Mais pourquoi proposer un médicament vétérinaire dans des poulets OGM ? C’est pour vérifier si la modification de l’ADN nuit aux poulets et s’il est assez stable pour qu’il se transmette aux nouvelles générations de poulet. Et le concept des farmaceuticals est d’utiliser des animaux ordinaires pour les utiliser comme une usine biologique de médicament à bas cout. Les farmaceuticals sont idéales pour les maladies orphelines qui ne bénéficient pas d’une recherche complète par les entreprises pharmacologiques parce que cela coute trop cher par rapport à la rentabilité.

La FDA a déclaré que ces poulets OGM ne vont pas contaminer l’alimentation ou l’environnement puisqu’ils sont élevés dans des fermes isolées. La FDA semble être plus souple avec les animaux OGM. Pour le moment, cela se concentre sur l’aspect purement médical ou vétérinaire, mais on pourrait voir d’autres animaux transgéniques sur le marché à l’avenir pour traiter plus de maladie afin d’ouvrir la voie vers les produits adaptés à la consommation.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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