Les humains et les oiseaux communiquent pour collaborer

Pour la première fois, on a démontré l’existence d’une collaboration entre les humains et les animaux. Un oiseau connu comme le Grand Indicateur (Honeyguides) aide des chasseurs-cueilleurs à trouver des ruches pour du miel. Les humains lancent un signal vocal suivi d’un son qui résonne comme un « brrr-hm« . Ensuite, les oiseaux viennent auprès des chasseurs et ils les guident jusqu’aux ruches des abeilles.


Les oiseaux connus comme les Honeyguides aident les chasseurs humains à trouver des ruches d'abeilles en utilisant des sons précis.

Des qu’on connait comme le (Indicator indicator ou en anglais) guident des chasseurs-cueilleurs au Mozambique à des ruches qui sont riches en miel lorsqu’ils entendent un signal d’appel des selon Claire Spottiswoode, une écologiste évolutionnaire de l’université de Cambridge et ses collègues. En échange, les oiseaux obtiennent de la cire d’abeille qui est la base de leur alimentation. Les humains obtiennent le miel et les oiseaux consomment la cire. Les conclusions des travaux ont été publiées dans la revue Science. (Papier complet via Sci-Hub)

Cette étude fournit la première preuve solide d’une collaboration et communication symétrique entre des humains et des animaux non humains sur le terrain. Dans certaines parties du monde, les dauphins aident les pêcheurs à ramener des poissons dans les filets. Mais on ignore si ces dauphins répondent à un signal sonore de la part des pêcheurs.

Quand les chasseurs-cueilleurs Yao lancent un signal sonore précis, les oiseaux les associent à une chasse alimentaire collective selon Spottiswoode. Les oiseaux répondent à cet appel avec un jacassement très bruyant pour alerter les humains de leurs présences. Ensuite, les oiseaux volent d’arbre en arbre pour atteindre une ruche d’abeille. Les oiseaux peuvent trouver les ruches sans l’aide des humains, mais on ne s’approche impunément pas des abeilles. Si les oiseaux tentent d’attaquer la ruche pour en extraire la cire d’abeille, alors les abeilles peuvent les piquer jusqu’à la mort.

Les humains ont plus de ressources. Ils coupent l’arbre parce que la ruche est toujours en hauteur. Ensuite, ils brulent des feuilles et des branches pour enfumer les abeilles. Après avoir extrait le miel, les chasseurs Yao laissent la cire d’abeille à leurs assistants aviaires. En fait, les chasseurs mettent même la cire dans des lits de feuilles pour récompenser les oiseaux.

On trouve des traces écrites d’expéditions entre des humains et des oiseaux dès le début de 1588. Mais on sait que les haches en pierre et la maitrise du feu datent de plus de 1 million d’années. Cela signifie que les humains et les oiseaux collaborent depuis cette période selon Richard Written, biologiste anthropologue de l’université d’Harvard.

Dans différentes parties de l’Afrique, les Honeyguides répondent à des appels de chasseurs selon Spottiswoode. Une équipe menée par Brian Wood, biologiste anthropologue de l’université de Yale a trouvé que les chasseurs Hadza en Tanzanie utilisent un sifflement pour attirer les Honeyguides. D’autres chasseurs utilisent des sons différents, mais le principe est le même.

L’appel aviaire

Les chasseurs mozambicains utilisent un appel distinctif résonnant comme un brrr-hm pour recruter les oiseaux pour les mener jusqu’aux ruches. Contrairement aux chasseurs Yaho, les Hadza enterrent ou brulent la cire d’abeille pour inciter les oiseaux à trouver plus de ruches. L’équipe de Wood estime que 8 à 10 % de la nourriture des Hadza provient des chasses dirigées par les Honeyguides. Cette nouvelle étude documente soigneusement la tradition culturelle entre l’interaction des gens et des Honeyguides selon Wood. On peut écouter le son « brrr-hm » dans le fichier MP3.

Le groupe de Spottiswoode a mené un travail de terrain en octobre 2013 et en septembre et octobre 2015. Les chercheurs ont pisté les mouvements de 6 Honeyguides avec des radios transmetteurs. En général, 73 des 97 oiseaux ont trouvé au moins une ruche. Pendant l’étude, trois quarts des 149 ruches trouvées par les chasseurs se basaient sur une aide des oiseaux.

Dans une autre expérience, Spottiswoode, accompagné par 2 chasseurs Yao, a effectué 72 recherches de ruche avec chaque recherche qui durait au moins 15 minutes. Pendant qu’ils marchaient, un haut-parleur portable jouait des sons toutes les 7 secondes. Le son était le brrr-hm, un mot en Yao signifiant Honeyguide ou leur propre nombre, une sonnerie ou un son strident. Les Honeyguides ont rejoint 30 recherches expérimentales. Deux tiers des recherches ont impliqué le son brrr-hm même si les oiseaux n’ont pas toujours trouvé les ruches. Un quart des chasses, impliquant les mots et les sonneries, ont aussi reçu l’aide des oiseaux.

L’équipe de Spottiswoode a calculé que le son brrr-hm triple les chances de trouver une ruche en l’espace de 15 minutes comparées aux chasses avec des sons de mot ou de sonneries. Spottiswoode envisage d’étudier les jeunes oiseaux et comment ces derniers apprennent de leurs parents à distinguer l’appel des humains.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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