L’agilité du vol du colibri, du muscle et du talent

Selon une nouvelle étude, les différences de puissance musculaire et de taille des ailes, associées à une touche d’habileté, déterminent l’agilité en vol des colibris.


Selon une nouvelle étude, les différences de puissance musculaire et de taille des ailes, associées à une touche d'habileté, déterminent l'agilité en vol des colibris.
Crédit : Paolo Segre, University of British Columbia

Les résultats obtenus par les biologistes de l’Université de la Colombie-Britannique montrent que les plus grandes espèces de colibris, malgré leur masse accrue, sont capables de s’adapter aux espèces plus petites.1 Les études sur les chauves-souris, les oiseaux et d’autres animaux montrent que l’augmentation de la masse corporelle peut avoir un effet néfaste sur de nombreux aspects du vol selon Roslyn Dakin, co-auteure principale de l’étude.

Les muscles et les ailes pour compenser la grande masse corporelle des colibris

Mais avec les colibris, l’évolution corrélée de l’augmentation de la taille des ailes et de la masse musculaire aide les plus grosses espèces à compenser leur plus grande masse corporelle. Dakin et ses collègues ont utilisé la capture vidéo et un nouveau cadre géométrique pour déterminer comment la maniabilité est liée aux différences de physiologie qui sont normalement des relations difficiles à quantifier.

Ils ont constaté que l’accélération est principalement due à la capacité musculaire d’un oiseau, alors que les manoeuvres impliquant des rotations sont principalement déterminées par la taille de l’aile. Mais la compétence joue également un rôle. Les colibris ont tendance à jouer sur leurs forces, en particulier avec des mouvements complexes selon Altshuler, l’un des co-auteurs. Par exemple, les espèces qui ont la capacité d’effectuer des virages ont tendance à utiliser plus de trajectoires d’arc et elles hésitent à effectuer des virages dans lesquels elles ralentissent pour virer en un clin d’oeil.

Les chercheurs ont capturé plus de 200 colibris individuels de 25 espèces d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud. La technologie de vision par ordinateur développée par le co-auteur Andrew Straw à l’Université de Fribourg en Allemagne a permis aux chercheurs d’enregistrer les manoeuvres en vol avec précision. Nous avons enregistré plus de 330 000 manoeuvres incluant de nombreuses manoeuvres répétées pour chaque oiseau selon Segre, l’un des auteurs de la recherche.

La capture d’une telle quantité de données représentait un défi. Notre premier site se trouvait dans une réserve biologique au fond de l’Amazonie péruvienne, une zone peuplée de nombreuses espèces de colibris, mais uniquement accessibles par bateau. Les colibris varient grandement en termes de masse corporelle et de forme des ailes et de nombreuses espèces ont évolué pour se produire à haute altitude où la densité de l’air est faible. Cette variété offre aux chercheurs une excellente occasion d’étudier la relation entre les traits et l’agilité en vol selon M. Dakin.

Il y a de nombreuses questions que nous pouvons examiner. Comment ces différences affectent-elles leur capacité à survivre et à trouver des partenaires ? Si la maniabilité est un avantage pour certaines espèces, alors comment les autres peuvent-ils vivre avec moins d’agilité ?

Sources

1.
Science. Science. 10.1126/science.aao7104″ target=”_blank” rel=”noopener noreferrer”>http://dx.doi.org/10.1126/science.aao7104. Published February 8, 2018. Accessed February 8, 2018.
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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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