Le Colibri demi-deuil produit un son inaudible par les autres oiseaux

Des chercheurs ont rapporté dans la revue Current Biology qu’une espèce tropicale de colibris, appelée Colibri demi-deuil, produit des sons vocaux avec une hauteur anormalement élevée, comme ceux d’un criquet, qui est au-delà de la portée auditive normale des oiseaux. On ignore si ces colibris peuvent s’entendre entre eux selon les chercheurs.


Le Colibri demi-deuil - Crédit : Ana Lucia Mello
Le Colibri demi-deuil - Crédit : Ana Lucia Mello

Ces vocalisations sont rapides et aiguës et elles ne ressemblent pas du tout comme à un son d’oiseau typique selon Claudio Mello de l’Oregon Health and Science University. Ces sons ressemblent plus à un insecte comme un criquet ou une rainette. Mello et ses collègues ont fait cette découverte tout à fait par hasard en étudiant de nombreuses espèces de colibris dans les montagnes boisées de l’est du Brésil.1

Des sons inaudibles par les autres oiseaux

Nous avons entendu des sons aigus proéminents qui ressemblaient peut-être à un criquet ou à une rainette selon Mello. Mais ensuite, nous avons remarqué que les sons provenaient de ces colibris demi-deuil. Les chercheurs ont pensé que les vocalisations devaient être inhabituellement hautes, mais ils n’avaient pas l’équipement nécessaire pour les mesurer. Ainsi, lors d’un voyage ultérieur, ils ont pris des détecteurs qui sont normalement utilisés pour capter les sons aigus des chauves-souris. Ils ont confirmé que ces sons inhabituels provenaient bien de ces colibris.

Un colibri demi-deuil dans une mangeoire - Crédit : Ana Lucia Mello

Un colibri demi-deuil dans une mangeoire – Crédit : Ana Lucia Mello

Plus récemment, ils ont fait des enregistrements des sons en utilisant un équipement d’enregistrement spécial conçu pour étudier les appels de chauves-souris. Les enregistrements ont montré que les sons étaient tout à fait remarquables, qu’ils présentaient un haut degré de complexité et qu’ils étaient produits à haute fréquence incluant des composants dans la gamme des ultrasons que les humains ne peuvent pas entendre.

Des sons utilisés comme un canal de communication privé

La découverte suggère que les Colibris demi-deuil entendent des sons que les autres oiseaux ne peuvent pas entendre ou que les oiseaux produisent des sons qu’ils ne peuvent même pas entendre. Les chercheurs spéculent que les oiseaux pourraient utiliser ces sons inhabituels comme un canal de communication privé. Cela pourrait être particulièrement utile étant donné que les Colibris demi-deuil vivent parmi un groupe diversifié d’espèces d’oiseaux incluant 40 autres espèces de colibris.

Il semble plus raisonnable de supposer qu’ils entendent les sons qu’ils émettent, mais nous n’avons pas encore vérifié si c’est vrai selon Mello. L’audition des oiseaux doit généralement être testée dans un laboratoire, soit en enregistrant à partir du cerveau d’oiseaux anesthésiés ou en regardant comment les oiseaux réagissent aux sons. Ces études ne sont pas susceptibles d’étudier les colibris dans la nature.

Les résultats suggèrent que les colibris doivent avoir un organe vocal inhabituel, la syrinx, pour produire ces sons. Ils auraient besoin de vibrer très rapidement et ils ont probablement une composition spéciale qui peut être différente des autres oiseaux. Mello estime qu’il serait intéressant d’étudier les oreilles internes des Colibris demi-deuil pour voir comment ou si elles diffèrent des autres oiseaux. Et s’il s’avère que ces oiseaux ne peuvent pas s’entendre ? Eh bien, cela soulèverait une foule d’autres questions intrigantes.

Sources

1.
Black Jacobin hummingbirds vocalize above the known hearing range of birds. Current Biology. 10.1016/j.cub.2018.01.041″ target=”_blank” rel=”noopener noreferrer”>http://dx.doi.org/10.1016/j.cub.2018.01.041. Published March 5, 2018. Accessed March 5, 2018.
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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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