Les traits de personnalité associés aux structures du cerveau

Notre personnalité pourrait être façonnée par le fonctionnement de notre cerveau, mais en fait, la forme même de notre cerveau fournit des indices intéressants sur notre comportement. Cela donne des pistes sur le risque de développer des troubles mentaux.


Notre personnalité pourrait être façonnée par le fonctionnement de notre cerveau, mais en fait, la forme même de notre cerveau fournit des indices intéressants sur notre comportement. Cela donne des pistes sur le risque de développer des troubles mentaux.
Des niveaux élevés de névrosisme sont associé avec une augmentation de l'épaisseur et une plasticité réduite dans certaines régions du cerveau. L'ouverture d'esprit est associé avec une épaisseur réduite et une augmentation de la plasticité - Crédit : Luca Passamonti

Selon les psychologues, la diversité extraordinaire de la humaine peut être divisée en 5 principaux traits de personnalités. On peut citer le névrosisme (le niveau de l’humeur changeante), l’extraversion (le niveau d’enthousiasme), l’ouverture (le niveau d’ouverture d’esprit), l’amabilité (le niveau d’altruisme) et la conscience (le niveau de self-contrôle).

Dans une étude publiée dans Social Cognitive and Affective Neuroscience, une équipe de chercheurs italiens, britanniques et américains ont analysé les données de l’imagerie cérébrale de 500 individus dans le Human Connectome Project. Les chercheurs ont analysé les différences dans l’anatomie du cortical (la structure de la partie externe du cerveau) selon 3 mesures, l’épaisseur, la zone et la quantité de plasticité dans le cortex et comment ces mesures étaient associés aux 5 principaux traits de personnalité.

L’évolution a façonné l’anatomie de notre cerveau dans une manière qui maximise sa zone et sa plasticité au détriment d’une épaisseur réduite dans le cortex selon le Dr Luca Passamonti de l’université de Cambridge. C’est comme si on étirait et pliait une feuille de caoutchouc. Cela augmente la zone de surface, mais la feuille s’amincit dans le même temps. On connait ce phénomène comme l’hypothèse de la plasticité corticale (Cortical Stretching Hypothesis).

La plasticité corticale est un mécanisme évolutionnaire crucial qui a permis aux cerveaux humains de se développer rapidement tout en étant limité par nos crânes selon le professeur Antonio Terracciano de l’université de Floride. Et il est intéressant que le même processus se produit quand nous nous développons dans l’utérus, pendant l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte. L’épaisseur du cortex tend à diminuer tandis que la zone et la plasticité augmentent.

De plus, quand nous vieillissons, le névrosisme baisse et nous gérons mieux nos émotions. Dans le même temps, l’amabilité et la conscience s’ouvrent et nous devenons de plus en plus responsables et moins antagonistiques. Les chercheurs ont découvert que des niveaux élevés de névrosisme, qui pourrait prédisposer les gens à des troubles neuropsychiatriques, étaient associés à une augmentation de l’épaisseur ainsi qu’une zone et une plasticité réduite dans certaines régions du cortex telle que les cortex préfrontal et temporal à l’avant du cerveau.

En revanche, l’ouverture, qui est le trait de personnalité associé à la curiosité, la créativité et une prédilection pour la diversité et la nouveauté, était associée avec le pattern opposé. Une épaisseur réduite et une augmentation de la zone et de la plasticité dans les cortex préfrontaux. Nos travaux soutiennent l’hypothèse que la personnalité est dans une certaine mesure, associé avec la maturation du cerveau qui est un processus développemental qui est fortement influencé par des facteurs génétiques selon la Dre Roberta Riccelli.

Bien entendu, nous sommes constamment influencés par nos expériences et notre environnement, mais le fait est que nous voyons des différences nettes dans la structure du cerveau qui sont associés avec des différents dans les traits de personnalité et cela suggère qu’il y une contribution génétique selon le professeur Nicola Toschi de l’université Tor Vergata à Rome. Et cela rejoint la notion qu’on peut détecter les différences dans les traits de personnalité chez les enfants.

Les volontaires, dont les cerveaux ont été analysés dans le cadre de l’Human Connectome Project, étaient des individus en bonne santé âgés de 22 à 36 ans sans aucun historique de trouble neuropsychiatrique ou d’autres problèmes de santé. Cependant, la relation entre la structure du cerveau et les traits de personnalité chez ces personnes suggère que ces différences seraient plus importantes chez des personnes qui souffrent de maladie neuropsychiatriques.

C’est une étape cruciale que d’associer les principaux traits de personnalité à la structure du cerveau afin d’améliorer notre compréhension sur les liens entre la morphologie du cerveau et une humeur, un ou une maladie précise selon le Dr Passamonti. Nous devons également mieux comprendre la relation entre la structure cérébrale et son fonctionnement chez les personnes en bonne santé pour remarquer plus rapidement ces différences chez les personnes souffrant de troubles neuropsychiatriques. Ce n’est pas la première étude qui montre cette association entre la structure cérébrale et le comportement. Le même groupe de chercheurs avait publié une étude l’année dernière montrant des différences significatives dans le cerveau des adolescents ayant des comportements antisociaux comparé aux adolescents normaux.

Source : Social Cognitive and Affective Neuroscience (http://dx.doi.org/10.1093/scan/nsw175)

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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