Du CO2 transformé en roche, une solution à la pollution de carbone

Les scientifiques ont trouvé un moyen de stocker le CO2. Ils le transforment en utilisant une roche volcanique appelée basalte et ils ont réussi ainsi à minéraliser 92 % de 220 tonnes de CO2 en l’espace de 2 ans. Mais la technique est trop chère pour le moment et les gouvernements refusent de la financer.


Les scientifiques ont réussi à transformer le CO2 en roches pour le stocker de manière permanente sans aucun risque.

Les chercheurs en Islande ont trouvé un moyen de stocker le dioxyde de carbone, responsable de l’effet de serre et du , en le transformant en roche. La technique consiste à injecter le dans des roches volcaniques et la réaction crée d’autres minerais carbonatés. Cette technique, appelée Carbfix, permet de stocker le CO2 provenant des centrales à charbon et d’autres infrastructures polluantes. Cette initiative fait partie du mouvement Carbon Capture et Storage (CCS) qui possède de nombreux projets pilotes dans le monde entier. Dans ce mouvement, les scientifiques tentent de capturer et de stocker le CO2 qui provient des centrales.

Transformer le CO2 en roche

La capture du CO2 est une chose, mais son stockage en est une autre. Les chercheurs proposent de le stocker dans des roches comme le grès ou en le mettant dans les puits de pétrole abandonnés. On pourra recourir à l’industrie pétrolière pour son expertise dans les puits. Mais il y a des risques de fuites dans les couches rocheuses qui pourraient de nouveau propulser le CO2 dans l’atmosphère.

C’est pourquoi en 2006, des scientifiques islandais, français et américains ont proposé une approche différente. L’injection du CO2 dans des couches souterraines de basalte, une roche noire ignée qu’on trouve au fond des océans et dans certaines parties des continents. Contrairement au grès, le basalte possède des métaux qui réagissent au contact du CO2 qui transforme ce dernier en d’autres minerais carbonatés tels que la calcite et c’est un processus qu’on connait comme la carbonatation. Mais les chercheurs pensaient que cette minéralisation prenait des décennies.

L’expérience en Islande donne des résultats remarquables

Pour le découvrir, ils ont lancé l’expérience Carbfix à 25 km à l’est de Reykjavik pour exploiter les gisements riches en basalte de l’Islande. En 2012, les scientifiques ont injecté 220 tonnes de CO2, combiné avec du carbone lourd pour les mesures, dans des couches de basalte à une profondeur de 400 et 800 mètres. Ils ont ajouté de l’eau qui a créé une réaction avec le CO2 afin de faciliter les réactions minérales. Ensuite, ils ont mesuré régulièrement les niveaux de pH ainsi que d’autres caractéristiques géochimiques.

Ce qui s’est passé ensuite a totalement surpris les scientifiques. Ils avaient mis une pompe dans le puits pour faire les mesures. Un an et demi après l’injection du CO2, la pompe s’était bloquée. Ils ont extrait la pompe et ils ont découvert qu’elle était recouverte avec des teintes vertes et blanches et les tests ont révélé que c’était de la calcite et donc, la carbonatation s’était produite à une vitesse foudroyante. Les scientifiques ont modéré leur optimisme et ils ont continué leurs mesures. Mais la modération n’était pas nécessaire, car 92 % du CO2, qui avait été injecté, a été transformé en roches. Les scientifiques pensaient qu’il fallait au moins une décennie pour ce type de minéralisation. L’étude est encore cours, mais un autre projet similaire, mené à la rivière Columbia aux États-Unis, arrive à des conclusions similaires. Et ces conclusions sont que la technique de CarbFix est un excellent moyen pour stocker le CO2 de manière permanente sans qu’il y ait des fuites.

Un manque de volonté politique flagrant

D’un point de vue scientifique sur le réchauffement climatique, c’est une bonne nouvelle, mais sur le plan politique, c’est l’abyme. Ce processus d’une grande efficacité coute très cher. En général, il faut débourser de 50 à 100 dollars pour stocker une tonne de carbone et le transformer en roche, mais dans le marché du carbone, les entreprises vendent la tonne à moins de 10 dollars. Comme de nombreux projets très prometteurs dans l’initiative du CCS, Carbfix pourrait être jeté aux oubliettes parce que cela coute beaucoup moins cher de continuer à polluer la planète.

Source : revue Science (Papier complet via Sci-Hub)

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

2 réponses

  1. yves dit :

    Et refaire le chemin en sens inverse du CO2 vers le charbon, impossible ?

  2. et ne pas polluer c’est possible ?

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