Les humains responsables de l’extinction de la mégafaune en Australie

De nouvelles preuves impliquant des matières fécales provenant des grandes et étonnantes créatures qui vivaient en Australie, surnommées la mégafaune, ont disparu il y a 45 000 ans à cause des humains et non du changement climatique.


De nouvelles preuves impliquant des matières fécales provenant des grandes et étonnantes créatures qui vivaient en Australie, surnommées la mégafaune, ont disparu il y a 45 000 ans à cause des humains et non du changement climatique.
Une illustration de quelques spécimens de la mégafaune qui vivait en Australie il y a 45 000 ans - CREDIT : Peter Trusler, Monash University

Menée par l’université de Monash en et l’université de Colorado Boulder, l’équipe a utilisé l’information provenant d’une carotte de sédiment sur la cote sud-ouest de l’Australie pour reconstruire les anciens climats et écosystèmes sur le continent. La carotte contient les couches chronologiques des matières qui se sont déversées sur l’océan incluant la poussière, le pollen, la cendre et des spores provenant d’un champion appelé Sporormiella qui prospérait sur les matières fécales des mammifères herbivores selon le professeur Gifford Miller, professeur à l’université Colorado Boulder.

Miller, qui a participé à l’étude menée par Sander van der Kaars de l’université de Monach, a déclaré que la carotte de sédiment a permis de retourner dans une période remontant à 150 000 ans qui a traversé la dernière ère glaciaire de la Terre. Les spores fongiques provenant des matières fécales d’animaux herbivores étaient abondantes dans les couches sédimentaires il y a de 150 000 à 45 000 ans selon Miller. L’abondance de ces spores est une bonne preuve pour la présence de nombreux gros mammifères dans le Sud-ouest australien il y a 45 000 ans selon ce chercheur. Mais dans une période de quelques milliers d’années, toute la a subitement disparu selon le papier publié dans Nature Communications.1

Et cette mégafaune australienne était unique en son genre. On pouvait trouver des kangourous de 450 kg, des Wombats (un genre de marsupial) de 2 tonnes, des lézards de près de 7 mètres, des lions marsupiaux de 130 kg et des tortues de la taille d’une Volkswagen. Plus de 85 % des mammifères, d’oiseaux de reptiles pesant plus de 50 kg ont disparu rapidement après l’arrivée des premiers humains selon Miller.

La carotte sédimentaire a montré que le sud-ouest était l’une des rares régions sur le continent australien qui possédait des forêts denses il y a 45 000 ans selon Miller. C’est une région avec les premières traces d’humains sur le contient et grâce la densité des herbes et des forêts, c’était le dernier groupe il y a 45 000 ans. Et on n’a aucune preuve d’un changement climatique pendant l’extinction de la mégafaune.

Depuis des décennies, les scientifiques débattent de la disparition de cette mégafaune. Certains prétendent que les animaux n’ont pas survécu au changement climatique, notamment il y a 70 000 ans quand le paysage sud-ouest en Australie est passé d’un environnement riche en arbres d’eucalyptus à un désert aride. D’autres ont suggéré que les animaux ont été chassés jusqu’à leur extinction par les premiers migrants australiens qui ont colonisé une grande partie du continent il y a 50 000 ans ou que c’est une combinaison de changement de climatique et de la chasse excessive.

Miller a déclaré que l’extinction de cette mégafaune a été provoquée de « tueries imperceptibles ». Une étude de 2006 indique que même une chasse prétendument modérée, par exemple, le fait de tuer un seul mammifère jeune par décennie aurait pu provoquer l’extinction de l’espèce en quelques siècles. Les résultats de cette étude possèdent un intérêt significatif pour les communautés archéologiques et celles des sciences de la Terre. De plus, le public est toujours fasciné par les animaux géants qui composaient cette mégafaune et les causes de son extinction. Aujourd’hui, on peut suggérer que cette extinction a commencé lorsque notre propre espèce a commencé sa colonisation persistante de la Terre. En 2016, Miller avait déjà utilisé des coquilles d’oeuf brulé d’un oiseau de 180 kg, le Genyornis, pour établir la preuve que les humains avaient chassé la mégafaune.

Sources

1.
van der Kaars S, Miller GH, Turney CSM, et al. Humans rather than climate the primary cause of Pleistocene megafaunal extinction in Australia. Nature Communications. 2017;8:14142-. http://dx.doi.org/10.1038/ncomms14142.
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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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