Manque de rigueur scientifique dans la gestion de la chasse en Amérique du Nord

Une étude suggère que la majorité des programmes pour gérer la faune, notamment la gestion de la chasse en Amérique du Nord, ne respecte pas les normes scientifiques.


Un loup gris - Crédit : Kyle A. Artelle
Un loup gris - Crédit : Kyle A. Artelle

Une étude menée par Kyle Artelle a dévoilé de nouvelles découvertes qui remettent en question l’hypothèse largement répandue selon laquelle la gestion de la faune en Amérique du Nord repose sur la science. Il a mené l’étude avec John Reynolds et Jessica Walsh, chercheurs à la SFU ainsi qu’avec des chercheurs d’autres institutions.

Non-respect des normes scientifiques pour la gestion de la chasse

Dans l’étude, publiée par la revue Science Advances, les chercheurs ont compilé et analysé tous les papiers accessibles au public décrivant 667 systèmes de gestion de la chasse.1 Ces groupes comprenaient 27 groupes d’espèces dans 62 États américains et provinces canadiennes. Ils ont également identifié 4 caractéristiques qui confèrent une rigueur à la gestion scientifique : des objectifs clairs, l’utilisation de preuves, la transparence et l’évaluation externe.

Après avoir appliqué ces caractéristiques aux systèmes de gestion de la chasse, ils ont constaté que 60 % d’entre eux présentaient moins de la moitié des critères de l’indicateur. En outre, certaines des hypothèses les plus fondamentales de la gestion scientifique étaient presque totalement absentes.

Par exemple, seulement 9 % des systèmes de gestion avaient une explication sur la manière dont les quotas étaient fixés. De même, moins de 10 % des systèmes de gestion ont fait l’objet d’un examen incluant des évaluations internes et moins de 6 % ont fait l’objet d’un examen externe. Ces résultats et d’autres de l’étude ont soulevé des doutes chez les chercheurs quant à savoir si la gestion de la faune en Amérique du Nord peut être décrite avec précision comme fondée sur la science.

La gestion et la protection de la faune sont uniquement optimales quand on sait précisément où la science commence et où elle se termine selon Artelle. Notre approche fournit un test simple pour les prétentions fondées sur la science. Ces résultats arrivent à un moment de controverse accrue dans la gestion de la faune où la politique controversée est souvent défendue par les organismes qui prétendent adhérer à des approches fondées sur la science.

Nous ne disons pas que les décisions de chasse de la faune devraient être basées uniquement sur la science, car il peut y avoir d’importantes considérations sociales et économiques selon John Reynolds, professeur de sciences biologique à SFU. Mais la mesure dans laquelle ces dimensions influencent les décisions de gestion doit être clairement articulée avec des affirmations de rigueur scientifique.

Les chercheurs notent que les revendications de gestion scientifique seraient soutenues si la gestion définissait des objectifs clairs, utilisait des preuves pour éclairer les décisions et qu’elle était transparente avec le public sur tous les facteurs contribuant aux décisions importantes.

Sources

1.
Science Advances. Science Advances. 10.1126/sciadv.aao016″ target=”_blank” rel=”noopener noreferrer”>http://dx.doi.org/10.1126/sciadv.aao016. Published March 7, 2018. Accessed March 7, 2018.
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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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