Une augmentation des bulles de méthane à cause du réchauffement climatique

Une étude suggère que les bulles de méthane provenant des lacs et des étangs sont en augmentation à cause du réchauffement climatique. Et c’est un cercle vicieux, car une augmentation du méthane dans l’atmosphère exacerbe le réchauffement climatique qui produit de plus en plus de bulles de méthane. Mais l’étude est limitée, car les mesures sont faites à base de simulations en laboratoire.


Du méthane qui s'échappe d'un lac en Arctique - Crédit : K. W. Anthony
Du méthane qui s'échappe d'un lac en Arctique - Crédit : K. W. Anthony

Une étude suggère une relation très forte entre la température et les émissions de bulles de sur une échelle continentale selon le biologiste Sarian Kosten de l’Université Radboud. L’étude s’est concentrée sur les lacs peu profonds, les étangs, les rivières et les zones humides. Ces environnements aquatiques sont pertinents dans le contexte du changement climatique, car ils sont responsables d’une grande partie des émissions mondiales de . Une partie importante de ces émissions est causée par des bulles remplies de méthane qui se forment dans les sédiments au fond de ces plans d’eau. Quand les bulles atteignent la surface, alors le gaz pénètre dans l’atmosphère.1

Des émissions de méthane plus élevées

Pour cette recherche, une équipe internationale de scientifiques a étudié la littérature existante et elle a mené une vaste expérience en étroite collaboration avec l’Institut néerlandais d’écologie (NIOO-KNAW). En premier lieu, les recherches existantes sur les bulles de méthane ont été recueillies à divers endroits allant d’un étang de pêche à Malden (une ville près de Nimègue) à des lacs postglaciaires dans le nord de la Suède et à des étangs forestiers au Canada. Ensuite, nous avons simulé la production de bulles de méthane dans des mini-lacs de 1000 litres au NIOO où nous pouvions contrôler avec précision la température et d’autres conditions selon Ralf Aben, biologiste à l’Université Radboud. De cette façon, nous avons exclu toutes les causes à part celle de l’augmentation de la température.

Dans les réservoirs ouverts remplis d’eau et de sédiments, les chercheurs ont pu imiter un cycle annuel. 4 réservoirs avaient un climat hollandais normal et dans 4 autres, la température moyenne a été augmentée de 4 degrés Celsius. Cela a provoqué une émission 50 % plus élevée de bulles de méthane. Les biologistes prédisent qu’une élévation de température de 1 degré Celsius entraînera une émission de bulles de méthane de 6 à 20 % plus élevée ce qui entraînera des gaz à effet de serre supplémentaires dans l’atmosphère et une augmentation supplémentaire de la température en créant un cercle vicieux.

Quelle est la prochaine étape ?

Les sédiments riches en nutriments produisent plus de méthane que les sédiments pauvres en nutriments. Une possibilité de réduire la production de méthane est donc de s’assurer que les sédiments ont moins de nutriments ce qui signifie une réduction de l’utilisation de l’ dans certaines régions parmi d’autres mesures.

L’augmentation globale de la température sera difficile à inverser, mais pas impossible. Chaque tonne de gaz à effet de serre que nous émettons entraîne des émissions supplémentaires provenant de sources naturelles telles que des bulles de méthane selon M. Kosten. Heureusement, le contraire est également vrai. Si nous émettons moins de gaz à effet de serre et que la température baisse, alors nous obtenons un bonus sous la forme d’une production moindre de méthane ce qui devrait nous inciter à réduire davantage les émissions de gaz à effet de serre.

Sources

1.
Nature Communications. Nature Communications. http://dx.doi.org/10.1038/s41467-017-01535-y.

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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