jeudi , 26 avril 2018

Augmentation des inondations à cause du changement climatique

Une étude suggère une augmentation des inondations à cause du réchauffement climatique. C’est un risque bien connu, mais l’analyse montre que même les pays riches devront faire beaucoup d’efforts pour s’adapter.


Augmentation des inondations à cause du changement climatique
Les changements pluviométriques causés par le réchauffement de la planète augmenteront les risques d’inondation dans le monde entier. Les inondations fluviales sont parmi les catastrophes naturelles les plus communes et les plus dévastatrices. Les scientifiques ont désormais calculé l’augmentation nécessaire de la protection contre les inondations jusqu’en 2040 dans le monde entier en la décomposant en régions et villes. Ils constatent que le besoin d’adaptation est le plus important aux États-Unis, dans certaines parties de l’Inde et de l’Afrique, en Indonésie et en Europe centrale incluant en Allemagne. L’inaction exposerait des millions de personnes à de graves inondations.

Plus de la moitié des États-Unis doivent au moins doubler leur niveau de protection dans les deux prochaines décennies s’ils veulent éviter une augmentation dramatique des risques d’inondation selon Sven Willner, auteur principal de l’Institut Potsdam pour la recherche sur le climat. Sans des mesures supplémentaires telles que l’amélioration des digues, de la gestion des rivières, des normes de construction ou le relogement des communes, le nombre de personnes touchées par les inondations augmentera de 10 % dans de nombreux endroits. En Amérique du Nord, cela représente un facteur par 10. En Allemagne, il pourrait être multiplié par 7 en passant de 100 000 à 700 000.

Les impacts sont encore plus importants dans d’autres parties du monde. En Amérique du Sud, le nombre de personnes touchées par les risques d’inondation passera probablement de 6 à 12 millions, en Afrique de 25 à 34 millions et en Asie de 70 à 156 millions. Les chiffres réels pourraient être encore plus élevés à l’avenir, car la croissance démographique et la poursuite de l’urbanisation ne sont pas prises en compte.

Les pays développés devront également s’adapter

L’étude est basée sur des simulations informatiques complètes utilisant les données existantes sur les rivières provenant d’un grand nombre de sources. Même si ces données ne sont pas parfaites pour chaque rivière dans les coins les plus reculés de notre planète, elles sont certainement suffisantes pour les endroits surpeuplés selon Willner. Les données sur les changements dans les précipitations, l’évaporation et autres sont tirées du plus grand projet mondial d’intercomparaison de modélisation des impacts climatiques (ISIMIP), coordonné par Katja Frieler à PIK. Les détails spatiaux de la nouvelle étude sont environ dix fois plus précis que dans les simulations informatiques climatiques actuellement utilisées.

Nous avons été surpris de constater que même dans les pays développés avec une bonne infrastructure, le besoin d’adaptation reste nécessaire selon Anders Levermann, coauteur, responsable de la recherche mondiale sur l’adaptation au PIK et chercheur à l’Observatoire de la Terre Lamont-Doherty à New York. Notre objectif est que si les gens veulent préserver leur confort de vie actuel, ils doivent s’y préparer dès aujourd’hui.

Les risques d’inondation peuvent dépasser nos capacités d’adaptation

Une augmentation des risques d’inondation au cours des deux ou trois prochaines décennies dépendra de la quantité de gaz à effet de serre déjà émis dans l’atmosphère et ne dépend donc pas de la limitation du réchauffement climatique. Cependant, il est clair que sans limiter le réchauffement causé par l’homme à moins de 2 degrés Celsius, les risques d’inondations dans notre siècle augmenteront dans de nombreuses régions à un niveau auquel nous ne pourrons pas nous adapter selon Levermann. Pour protéger les populations, il faut considérer très sérieusement les risques induits par les changements climatiques et investir énormément pour la préparation. Si nous agissons maintenant, nous pouvons nous protéger contre les risques des deux prochaines décennies.

Source : Science Advances (http://dx.doi.org/10.1126/sciadv.aao1914)

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A propos de Jacqueline Charpentier

mm
Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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