samedi , 18 novembre 2017

Les mammouths mâles tombaient plus fréquemment dans les pièges naturels

Une étude suggère que les mammouths mâles tombaient plus fréquemment dans des pièges naturels à cause de leur inexpérience. On découvre beaucoup plus de fossiles appartenant à des mâles qu’à des femelles. Toutefois, ce type d’étude est très limité, car elle implique de faire de la sociologie à partir du registre fossile et toutes les interprétations sont possibles.


Les mammouths mâles tombaient plus fréquemment dans les pièges naturels
Une défense de mammouths sur l'île de Wrangel - Crédit : Patrícia Pečnerová
Les chercheurs, qui ont sexué 98 spécimens de mammouth laineux collectés dans diverses parties de la Sibérie, ont découvert que les restes fossilisés provenaient plus souvent des mâles de l’espèce que des femelles. Ils spéculent que cette différence asymétrique de sexe, avec 7 sur 10 spécimens examinés appartenant à des mâles, existe dans le registre fossile, car les mammouths mâles inexpérimentés voyageaient plus souvent seuls et ils mourraient plus fréquemment en tombant dans des pièges naturels qui permettaient de préserver leurs restes. Les résultats sont publiés dans Current Biology.1

La plupart des os, des défenses et des dents de mammouths et d’autres animaux de l’âge de glace n’ont pas survécu selon Love Dalen du Musée suédois d’histoire naturelle. Il est très probable que les restes découverts en Sibérie ont été préservés parce qu’ils ont été enterrés et donc protégés contre les intempéries. Les nouvelles découvertes impliquent que les mammouths mâles meurent plus souvent d’une manière qui protège leurs restes, par exemple, en étant piégée dans la glace d’un lac en hiver ou en étant coincée dans les marécages.

Nous étions très surpris, car il n’y avait aucune raison de s’attendre à un biais sexuel dans le registre fossile selon Patricia Pecnerova du Musée suédois d’histoire naturelle et première auteure de l’étude. Étant donné le ratio des femelles et mâles était probablement équilibré à la naissance, alors nous avons dû considérer des explications qui impliquaient une meilleure conservation des restes masculins.

Les chercheurs ont fait cette découverte au milieu d’un effort à plus long terme pour examiner les génomes des populations de mammouths laineux. Pour certaines des analyses, ils devaient connaître le sexe des spécimens. Ils ont d’abord entrepris de déterminer le sexe d’un petit nombre de mammouths. Il est devenu évident que nous trouvions un excès d’échantillons mâles selon Dalen.

Ils ont décidé de faire d’autres prélèvements sexuels et d’examiner le ratio du sexe des spécimens collectés sur le continent sibérien et sur l’île de Wrangel au large des côtes. Dans l’ensemble, ils ont constaté que les mâles étaient systématiquement plus nombreux que les femelles parmi leurs échantillons. Les chercheurs affirment que les résultats suggèrent que les mammouths laineux vivaient de la même manière que les éléphants modernes avec des troupeaux de femelles et de jeunes éléphants conduits par une femelle adulte expérimentée. En revanche, ils soupçonnent que les mammouths mâles, comme les éléphants, vivent plus souvent dans des groupes de célibataires ou sont seuls ce qui les conduit à des comportements plus risqués.

Sans l’avantage de vivre dans un troupeau dirigé par une femelle expérimentée, les mammouths mâles pouvaient avoir un risque plus élevé de mourir dans des pièges naturels comme les marécages, les crevasses et les lacs selon Dalen. Les résultats soulignent l’utilité des restes fossiles pour faire des inférences sur la socio-écologie et le comportement des animaux disparus selon les chercheurs. Dans le même temps, ces résultats impliquent aussi que les fossiles ne représentent pas nécessairement un échantillon aléatoire d’une population. Les chercheurs ont déclaré qu’ils continueront à étudier les génomes de mammouth laineux et ceux de plusieurs autres mammifères disparus de l’âge de glace. Ils veulent déterminer s’ils observent le même ratio de sexe asymétrique chez les autres espèces.

Toutefois, ce type d’étude reste limité. Car d’une part, c’est de l’interprétation que de faire de la sociologie à partir des fossiles et on ne parle même pas de l’analyse du comportement basé sur le sexe sur des ossements. De plus, les fossiles des mammouths ne sont pas répartis uniformément sur Terre et on a plus de fossiles en Sibérie, car c’est une région plus froide et enneigée que les autres ce qui augmente logiquement la quantité de fossiles qu’on découvre.

Sources

1.
Genome-Based Sexing Provides Clues about Behavior and Social Structure in the Woolly Mammoth. Current Biology. http://dx.doi.org/10.1016/j.cub.2017.09.064.
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A propos de Jacqueline Charpentier

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Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d’emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l’actualité scientifique et celle de la santé.

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