OkCupid : Des scientifiques publient les données de 70 000 profils sans le consentement des utilisateurs


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  • La recherche de l’amour en ligne est une chimère, mais cela n’empêche pas les gens d’essayer encore et encore. Mais dans ce chemin pour chercher leur Roméo ou Juliette, les utilisateurs publient de nombreuses données sensibles sur les sites de rencontre. Des scientifiques ont utilisé les informations personnelles de 70 000 profils sur le site OKCupid sans le consentement des utilisateurs.


    Des scientifiques ont utilisé les informations personnelles de 70 000 profils sur le site OKCupid sans le consentement des utilisateurs.

    Selon le site Vox, les chercheurs Emil Kirkegaard, Oliver Nordbjerg et Julius Daugbjerg Bjerrekær ont utilisé un outil d’extraction de données pour collecter les informations incluant le nom d’utilisateur, l’age, le genre, la religion, les traits personnels ainsi que les réponses aux questions personnelles pour trouver l’âme soeur. Les données n’incluaient pas le nom, mais vu la quantité des autres informations personnelles, il est facile de les identifier. Les 70 000 profils d’OkCupid représentent des utilisateurs provenant de douzaines de pays dans le monde.

    Les données ont été publiées sur l’Open Science Framework, un forum public dédié au partage des données brutes sur les sciences sociales. Mais la communauté scientifique estime que les chercheurs ont violé la règle d’or de leur discipline qui est l’obtention formelle du consentement des utilisateurs.

    Ce qui est public appartient au public ?

    OkCupid ou les utilisateurs n’ont pas été avertis que les données seraient publiées. Et le site a déclaré que les chercheurs ont violé les conditions d’utilisations d’OKCupid sous la loi Computer Fraud and Abuse Act. Mais Kirkegaard, le principal auteur, estime qu’il n’a pas violé le règlement puisque les données étaient déjà publiques. Les chercheurs anticipaient la controverse sur les données et ils ont pris les devants en écrivant dans leur papier que toutes les données étaient publiques. Les chercheurs ont simplement structuré ces données pour leur donner une signification utile pour les sciences sociales.

    Le problème est l’éthique qui a été foulée au pied. Cela soulève aussi la question du concept de public dans notre ère numérique. Si vous frappez quelqu’un dans la rue et que quelqu’un vous filme, alors vous n’avez pas le droit de l’interdire, car votre attaque est dans un endroit public et ce qui est public appartient au public. Mais des utilisateurs de sites de rencontre ne sont pas dans un domaine totalement public puisque leur environnement est limité par le site de rencontre. Le site de rencontre agit comme une frontière où les utilisateurs espèrent pêcher quelque chose en échange de la publication de leurs données personnelles. Ils ne s’attendent pas à ce que leurs préférences sexuelles soient exploitées par les sciences sociales. Et les chercheurs ont commis une erreur, car l’éthique de la science stipule qu’on doit toujours demander le consentement des utilisateurs avant n’importe quel type de recherche.

    Le consentement est sacrifié au profit de la recherche scientifique

    Dans le cas d’OkCupid, il est facile de pointer sur les abus. Mais l’Union européenne a validé un consentement à large spectre qui concerne les données médicales et biologiques. Du moment que vous donnez votre consentement pour vos données à une étude, la directive autorise d’autres chercheurs à l’étendre à d’autres études sans vous redemander un consentement en sachant que ce consentement élargi n’a pas été précisé dans la première demande. Une occasion de relire notre article sur le consentement éclairé via la pièce de théâtre Informed Consent.

     

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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009.

    Blogueur et essayiste, j'ai écrit 9 livres sur différents sujets comme la corruption en science, les singularités technologiques ou encore des fictions. Je propose aujourd'hui des analyses politiques et géopolitiques sur le nouveau monde qui arrive. J'ai une formation de rédaction web et une longue carrière de prolétaire.

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