Réseaux sociaux : 59 % des liens ne sont jamais visités

Le 4 juin, le site satirique the Science Post a publié un article avec le titre : 70 % des utilisateurs de Facebook lisent uniquement les titres d’articles scientifiques avant de commenter directement. Le texte de l’article était un bloc de lorem ipsum. Et désormais, une étude vient de démontrer la véracité du site satirique, car quasiment 60 % des utilisateurs ne cliquent jamais sur les liens que vous partagez sur les réseaux sociaux. Bienvenue dans l’ère des Glandeurs alias Community Managers.


60 % des utilisateurs sur les réseaux sociaux ne cliquent jamais sur les liens

L’étude a été menée par des informaticiens de l’université de Columbia et de l’Institut national de France. 59 % des liens sur les ne sont jamais cliqués. Cela signifie que la plupart des gens retweetent ou partagent l’article sans jamais le lire. Et le pire est que ce partage à l’aveugle permet de propager de fausses informations et façonne même l’opinion publique sans que l’opinion publique sache qu’elle a façonné cette opinion publique qu’elle croit sur parole.

Cela montre également la paresse des utilisateurs des réseaux sociaux. Ces utilisateurs préfèrent des résumés ou le résumé des résumés pour pouvoir partager plus rapidement et prouver pathétiquement qu’ils sont dans la tendance. Pour leur étude, les chercheurs ont collecté tous les Tweets qui contenaient un lien Bit.ly provenant de 5 principaux médias pendant 1 mois. Ensuite, ils ont regardé les liens qui ont été visités en utilisant l’outil de statistique de Bit.ly. Cela leur a permis de connaitre les contenus viraux. Mais le contenu viral est partagé en masse, mais jamais lu.

De plus, très peu d’utilisateurs partagent les liens provenant directement les médias dominants. Ils vont partager les liens provenant des autres utilisateurs et parfois, ils le partagent avec plusieurs jours de retard. Ce type de comportement est un terreau favorable pour les bulles d’informations. La paresse de lire un article provoque plusieurs conséquences néfastes. Cela permet à des médias, qui utilisent la pute à clics, devenir des groupes puissants comme Buzzfeed. La paresse est également intellectuelle, car si on veut lire un article montrant l’implication de la théorie des cordes sur les triangles du Big Bang, alors cela nécessite un bagage scientifique qui n’est pas à la portée de tous. Mais étant donné qu’on veut partager au maximum sans passer pour un Has Been ou un attardé, alors on se contente de partager sans connaitre ce qu’on partage.

Cela a inspiré the Science Post pour son bloc de lorem ipsum. Mais ce site estime que la pratique de la pute à clic ne disparaitra pas de sitôt. Les lecteurs y trouvent leurs comptes, car ils ont l’impression d’avoir partagé quelque chose d’intelligent, les médias se gavent avec les vues et les annonceurs sont contents. On peut remercier les médias sociaux pour l’ère flamboyante de la médiocrité de l’information.

 

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Houssen Moshinaly

Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009 et vulgarisateur scientifique.

Je m'intéresse à tous les sujets scientifiques allant de l'Archéologie à la Zoologie. Je ne suis pas un expert, mais j'essaie d'apporter mes avis éclairés sur de nombreux sujets scientifiques.

Pour me contacter personnellement :

1 réponse

  1. Sebai dit :

    Oui, les internautes ne sont pas seulement paresseux mais parfois ils n’ont pas la curiosité d’aller voir directement les contenus des liens surtout sur Facebook si c’est vraiment le lien leur semble important à leur besoin. Et d’après ce que je résume d’une étude publié sur un article de l’Usine Digitale, les étudiants par exemple, n’hésitent pas à cliquer sur les liens qui leur intéressent comme les offres d’emploi annoncés sur les différentes pages d’entreprises sur FB (soit 35% d’entre eux cliquent et consultent l’offre et 19% cliquent quand même mais sans postuler). Mais juste pour dire, il faut que le lien soit vraiment très important à l’égard des cybernautes pour vraiment stimuler leur sens de curiosité sinon comme vous le dites les liens ne seront jamais visités. (Source de l’étude si vous voulez http://www.usine-digitale.fr/article/35-des-etudiants-ont-deja-consulte-une-offre-d-emploi-sur-facebook.N394172)

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