Le Bitcoin proche du point de rupture ?

Depuis des mois, des utilisateurs du Bitcoin avertissent sur la saturation du système. Cette semaine, on l’a vu sur le terrain avec des délais de plus en plus longs pour les transactions.


Le Bitcoin arrive à saturation. Est-ce le début de la fin pour cette monnaie virtuelle ?

Depuis plus de 12 mois, les utilisateurs du prévenaient d’un problème qui pourrait provoquer l’effondrement de tout le système. On est loin de la catastrophe annoncée, mais on a des délais très longs sur les transactions. Le problème est provoqué par la conception du Bitcoin qui peut gérer au mieux 7 transactions par seconde. Cette semaine, le réseau a atteint sa capacité maximale. On a une construction de transactions complètement étranglées par la capacité du réseau. Il y a 2 théories qui circulent sur ce problème. Certains estiment que c’est une cause naturelle tandis que d’autres prétendent que des groupes tentent d’attaquer le Bitcoin.

Actuellement, il y a plus de 20 000 transactions qui sont encore en attente. Vous pouvez ajouter une commission à une transaction Bitcoin pour augmenter sa priorité de traitement. Certains logiciels du Bitcoin le proposent automatiquement pour accélérer le processus. Des transactions, qui prenaient quelques minutes auparavant, mettent désormais des heures ou des jours entiers. En ajoutant la commission, le Bitcoin perd son premier pilier fondamental qui est de créer un réseau pair à pair en supprimant totalement le concept de commissions. L’entreprise 21 Inc. estime qu’il faut seulement 7 cents par transaction pour augmenter en priorité. Mais ces mesures sont juste un sparadrap et il faudra repenser totalement le concept du Bitcoin pour qu’il puisse survivre à la saturation.

Sur Medium, Brian Armstrong, CEO de Coinbase, a écrit un article conséquent sur les causes de cette saturation. Il rejoint les conclusions de Gavin Andresen, un développeur et pionnier du Bitcoin, qui avait voulu créer un fork du Bitcoin en incitant tout le monde à quitter l’ancien navire. Personne ne l’a suivi. À l’époque, on pensait que Andresen ou Mike Hearn, un autre développeur pionnier du Bitcoin, voulaient juste lancer leur projet en dénigrant le Bitcoin d’origine, mais au final, leurs craintes se sont vérifiées. Armstrong estime que le principal obstacle concerne les développeurs Core du Bitcoin. Ce sont des gens très talentueux, mais qui manquent cruellement du sens de la communication. Ils estiment que l’augmentation du réseau du Bitcoin va nuire à la décentralisation. Ils veulent des solutions parfaites et non celles qui marchent plus ou moins bien.

Dans le cas d’un projet de l’ampleur du Bitcoin, il est important de faire des compromis. On doit parfois mettre de l’adhésif un peu partout pour que ça tienne au lieu de créer un monde idéal. Selon Armstrong, les développeurs Core préfèrent que le Bitcoin crève plutôt que de renier leurs principes. Armstrong plaide pour une mise à jour immédiate vers des blocs à 2 Mo. Cela permet de supprimer le goulot d’étranglement. Et même si tous les problèmes ne sont pas réglés, on aura un peu de marge. Dans le cas du fork proposé par Andresen et les autres, il faut convaincre les mineurs chinois de franchir le cap. Les mineurs chinois sont les plus grands opérateurs dans ce secteur et s’ils passent au nouveau Bitcoin, alors les autres vont suivre automatiquement.

On ignore l’avenir du Bitcoin sur le long terme, mais il est clair que la situation n’est plus tenable. Il vaut mieux passer par des Forks sinon c’est l’esprit même du Bitcoin qui va disparaitre. Et n’oublions pas que les banques investissent massivement sur le Blockchain. Il ne faudrait pas qu’elles s’en emparent et qu’on oublie que le Blockchain faisait partie d’un idéal monétaire qu’on connaissait sous le nom du Bitcoin et qu’on se retrouve avec le même système qu’auparavant.

 

N'oubliez pas de voter pour cet article !
1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (No Ratings Yet)
Loading...

Houssen Moshinaly

Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009 et vulgarisateur scientifique.

Je m'intéresse à tous les sujets scientifiques allant de l'Archéologie à la Zoologie. Je ne suis pas un expert, mais j'essaie d'apporter mes avis éclairés sur de nombreux sujets scientifiques.

Pour me contacter personnellement :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *