Cameroun : Des passagers au bord de la crise de nerf tentent d’incendier les locaux de Camair Co à Yaoundé



Il est intéressant de voir que de nombreuses compagnies aériennes en Afrique et dans l’Océan Indien font face aux mêmes problèmes. Une gestion catastrophique, une flottille insuffisante et les passagers qui payent systématiquement les pots cassés.

(Agence Ecofin) – Excédés par les annulations répétées des vols, aussi domestiques qu’internationaux, les passagers de la Cameroon Airlines Corporation (Camair Co), la compagnie aérienne publique camerounaise, ont tenté d’incendier les locaux de l’agence de la compagnie dans la ville de Yaoundé (photo), dans la matinée du 7 septembre 2015. Heureusement, la police est rapidement intervenue pour éteindre le feu allumé (au moyen de roues de véhicules usagers) par les passagers en colère.

En effet, depuis deux semaines, de nombreux passagers sont régulièrement cloués au sol à Yaoundé, Douala et Maroua, à cause des annulations de vols, dont les motifs, indiquent-ils, ne leur sont pas toujours communiqués. Mais, sous cape, des sources internes à la compagnie mettent les difficultés d’exploitation actuelles sur le compte d’une panne du Boeing 747 baptisé «Le Dja», qui est généralement le seul à desservir les lignes internationales.

Au sujet des vols domestiques, des sources crédibles soutiennent que l’un des deux aéronefs dédiés à ces dessertes est désormais utilisé pour les vols internationaux, afin de pallier la panne du 747 «Le Dja», réduisant ainsi davantage une flotte déjà insuffisance, à laquelle tardent à se greffer les deux MA 60 chinois réceptionnés en avril dernier. Selon nos sources, jusqu’ici, ces deux aéronefs dont la fiabilité fait encore débat dans le pays, ’ont pas encore reçu toutes les autorisations requises pour voler.

Comme si cela ne suffisait pas, révèle Webnjoh Abel Bobuin Bisiya, chef de la division de l’aviation civile au ministère des Transports, l’Autorité aéronautique a récemment suspendu trois pilotes de Camair Co pour divers manquements, réduisant ainsi l’effectif des pilotes de cette compagnie aérienne, qui cumule une dette officielle d’environ 30 milliards de francs Cfa depuis le lancement de ses activités le 28 mars 2011.

Depuis lors, la compagnie aérienne publique camerounaise a déjà vu défiler quatre directeurs généraux (Cinq au depuis la création, mais le tout premier n’avait pas pu lancer la compagnie pour avoir démissionné un peu après sa nomination), devenant ainsi l’ publique locale au siège de DG le plus éjectable. Cette instabilité des dirigeants est également observable au poste de directeur commercial et marketing, privant ainsi la compagnie d’une politique commerciale cohérente sur la durée.

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Boubakar Nguema

Journaliste et réalisateur. Couvre principalement l'actualité africaine et panafricaine.

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