FCAS : le projet français menacé par l’Allemagne qui se tourne vers le Tempest


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  • Décidément, le couple “franco-allemand” n’existe que dans l’imagination des suceurs de casques à pointe. Le FCAS, le chasseur de 6e génération, censé être produit conjointement par l’Allemagne et la France, pourrait passer à la trappe. L’Allemagne préfère aller voir du coté de l’Angleterre avec le Tempest, son propre chasseur de 6e génération.


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    Conception d'artiste du FCAS

    Le Future Combat Air System (FCAS), un programme collaboratif de haut niveau impliquant la France, l’Allemagne et l’Espagne visant à développer la prochaine génération de puissance aérienne, est estimé à plus de 100 milliards d’euros (106,38 milliards de dollars).

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    De nombreux analystes qualifient souvent ce programme de projet de défense le plus crucial et le plus important d’Europe. Cependant, selon The Times, le projet d’avion de combat Tempest dirigé par le Royaume-Uni a le potentiel d’”attirer” le chancelier allemand, Olaf Scholz, pour qu’il s’aligne sur la Grande-Bretagne dans le développement du futur avion de combat.

    Le rapport indique également qu’en prévision d’un éventuel accord, le chancelier allemand serait engagé dans des discussions visant à lever l’objection de Berlin à la livraison d’avions Eurofighter Typhoon à l’Arabie saoudite, une action que le Royaume-Uni considère comme une priorité stratégique cruciale.

    Jusqu’à présent, Berlin a été réticent à approuver la vente de l’avion de combat Eurofighter Typhoon de 4,5e génération à l’Arabie saoudite, malgré les efforts persistants et robustes du gouvernement britannique pour le convaincre.

    L’Arabie Saoudite a donc tourné son attention vers le chasseur français Rafale. Ce changement a suscité d’importantes inquiétudes, notamment la perte potentielle de 6 000 emplois dans le secteur de la défense britannique et l’arrêt de la production d’avions de combat pendant une décennie entière.

    Néanmoins, si un tel pacte devait se concrétiser entre le Royaume-Uni et l’Allemagne, cela représenterait une victoire significative pour Londres et mettrait encore davantage en évidence la divergence croissante entre la France et l’Allemagne. Ces deux pays sont de plus en plus en désaccord sur diverses questions, de l’énergie à la défense aérienne en passant par le protocole diplomatique.

    Par exemple, Paris a notamment critiqué l’initiative “Sky Shield” de Scholz, qui visait à consolider l’acquisition de systèmes de défense aérienne et antimissile entre les pays européens. Ce rejet vient de la perception de Paris selon laquelle la propension de l’Allemagne à adopter des systèmes “prêts à l’emploi” provenant de pays comme les États-Unis et Israël sape les efforts de la France en matière de recherche et de développement dans ce domaine particulier.

    En outre, le choix potentiel de l’Allemagne de s’aligner sur le programme dirigé par le Royaume-Uni est en partie motivé par la frustration croissante au sein de la chancellerie face à ce qu’elle perçoit comme une approche trop protectrice de la France à l’égard de son industrie de défense.

    Le risque que le FCAS français devienne un éléphant blanc

    Le Future Combat Air System (FCAS), un effort de collaboration entre la France et l’Allemagne visant à développer un avion de combat de pointe dont la production devrait commencer vers 2040, représente la première participation de la France à un programme multinational d’avions de combat. Madrid participe également au projet.

    Le concept de base tourne autour de l’intégration numérique d’une nouvelle génération de chasseurs furtifs avec des drones, des essaims autonomes de mini-avions de combat, des avions de combat plus anciens et même des moyens navals ou terrestres via une plateforme unifiée et de pointe.

    Le FCAS doit fonctionner avec des drones, des chasseurs classiques et même la marine.

    Berlin a engagé un investissement substantiel de 40 milliards d’euros (43,2 milliards de dollars) pour le FCAS. Néanmoins, le projet a rencontré plusieurs revers, notamment des retards et des désaccords concernant la conception et les aspects financiers.

    À un moment donné, le conflit entre l’avionneur allemand Airbus et la société française Dassault a conduit à l’arrêt complet du programme. Des différends sont survenus concernant le partage de technologie et le leadership sur des aspects essentiels du projet. Néanmoins, ces problèmes ont finalement été résolus.

    Le plan initial était de remplacer le Rafale français et les Eurofighter allemands et espagnols par des avions de combat de nouvelle génération d’ici 2040. Cependant, Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a souligné à un moment donné qu’en raison des retards, l’objectif de 2040 est déjà inaccessible. Il semble plus probable que la période s’étende jusqu’aux années 2050.

    Le nouveau rapport mentionne que la chancellerie allemande craint que le projet ne devienne une entreprise extrêmement coûteuse et ne perde du terrain face à ses concurrents, devenant potentiellement un “éléphant blanc”.

    En revanche, le projet dirigé par le Royaume-Uni, dirigé par BAE Systems et Rolls Royce, fait progresser le développement d’un chasseur furtif nommé Tempest, qui devrait être opérationnel d’ici 2035. Ce chasseur devrait servir de pierre angulaire d’un projet plus vaste avec alliance aérospatiale impliquant la Grande-Bretagne, l’Italie et le Japon.

    Le Tempest britannique

    Un haut responsable allemand, cité dans le rapport, a indiqué que Scholz considérait la concurrence entre FCAS et Tempest comme futile. Au lieu de cela, il préférait soit fusionner les deux programmes, soit, si cela n’était pas réalisable, abandonner le FCAS pour rejoindre le projet Tempest.

    Le chancelier serait frustré par le traitement préférentiel que la France a accordé à ses entreprises aérospatiales lors des premières phases de l’initiative FCAS.

    L’Allemagne considère le Royaume-Uni comme un partenaire plus coopératif sur cette question que la France. Cependant, il existe également une légère frustration liée à l’absence d’un engagement significatif de haut niveau de la part de Londres. Il convient particulièrement de noter l’absence de visite de Rishi Sunak à Berlin.

    Par Ashish Dangwal sur Eurasiantimes

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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009.

    Blogueur et essayiste, j'ai écrit 9 livres sur différents sujets comme la corruption en science, les singularités technologiques ou encore des fictions. Je propose aujourd'hui des analyses politiques et géopolitiques sur le nouveau monde qui arrive. J'ai une formation de rédaction web et une longue carrière de prolétaire.

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