Tentez d’écraser un moustique et il évitera votre odeur

Les chercheurs rapportent que les moustiques sont dotés de facultés d’apprentissage. Ils sont capables d’associer une odeur à un choc mécanique comme lorsqu’on tente de les écraser avec nos mains. En ayant appris cette odeur, les moustiques éviteront ceux ou celles qui tentent de les ratatiner.


Les chercheurs rapportent que les moustiques sont dotés de facultés d'apprentissage. Ils sont capables d'associer une odeur à un choc mécanique comme lorsqu'on tente de les écraser avec nos mains. En ayant appris cette odeur, les moustiques éviteront ceux ou celles qui tentent de les ratatiner.
Crédit : Kiley Riffell

On pourrait penser que l’apprentissage ’est pas le point fort des moustiques. Mais des chercheurs, qui publient un papier dans Current Biology, montrent désormais que les moustiques peuvent apprendre à associer une odeur particulière à un choc mécanique désagréable apparenté à un écrasement. En conséquence, ils vont éviter cette odeur la prochaine fois.

L’association d’une odeur à une tentative d’écrasement

Une fois que les moustiques ont appris les odeurs d’une manière aversive, ces odeurs ont provoqué des réponses aversives du même ordre que les réponses au DEET qui est l’un des répulsifs les plus efficaces contre les moustiques. De plus, les moustiques se souviennent des odeurs apprises pendant des jours.

Les chercheurs rapportent que les moustiques sont dotés de facultés d'apprentissage. Ils sont capables d'associer une odeur à un choc mécanique comme lorsqu'on tente de les écraser avec nos mains. En ayant appris cette odeur, les moustiques éviteront ceux ou celles qui tentent de les ratatiner.

Crédit : Kiley Riffell

On sait que les moustiques ne piquent pas par hasard. Ils montrent des préférences évidentes pour certaines personnes par rapport aux autres. Ils sont également connus pour alterner les hôtes de façon saisonnière en se nourrissant d’oiseaux en été et de mammifères et d’oiseaux pendant d’autres parties de l’année. Riffell et ses collègues voulaient en savoir plus sur la façon dont l’apprentissage pourrait influencer les préférences de piqûre des moustiques.

Dans un premier temps, les chercheurs ont entraîné les moustiques en associant l’odeur d’une personne ou d’une espèce animale particulière (un rat et un poulet) à un choc mécanique. Pour le choc mécanique, ils ont utilisé une machine à vortex pour simuler les vibrations et les accélérations qu’un moustique peut ressentir lorsqu’une personne essaie de les écraser. Les moustiques ont rapidement appris l’association entre l’odeur de l’hôte et le choc mécanique et ils ont utilisé cette information pour décider de la direction à prendre. (Fait intéressant, ils ne pouvaient pas apprendre à éviter l’odeur d’un poulet.)

La dopamine liée à l’apprentissage chez de nombreux animaux

L’apprentissage chez de nombreux animaux, des abeilles aux humains, dépend de la dopamine dans le cerveau. Une étude supplémentaire a montré que la dopamine est également essentielle dans l’apprentissage des moustiques. Les moustiques, génétiquement modifiés qui manquent de récepteurs dopaminergiques, ont perdu la capacité d’apprendre.

L'endroit où on a testé les moustiques avec les odeurs - Crédit : Kiley Riffell

L’endroit où on a testé les moustiques avec les odeurs – Crédit : Kiley Riffell

Les chercheurs ont également collé des moustiques sur un support personnalisé imprimé en 3D qui leur a permis de voler sur place pendant qu’on enregistrait l’activité des neurones dans le centre olfactif de leur cerveau. Ces expériences ont montré que sans dopamine, ces neurones étaient moins susceptibles de s’activer. En conséquence, les moustiques sont devenus moins capables de traiter et d’apprendre des informations sur les odeurs.

Les résultats peuvent avoir des implications importantes pour le contrôle des moustiques et la transmission des maladies transmises par les moustiques selon les chercheurs. En comprenant comment les moustiques prennent des décisions sur leur cible et comment l’apprentissage influence ces comportements, nous pouvons mieux comprendre les gènes et les bases neuronales des comportements selon Riffell. Cela pourrait conduire à des outils plus efficaces pour le contrôle des moustiques.

Source : Current Biology (http://dx.doi.org/10.1016/j.cub.2017.12.015)

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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