Les chercheurs ont développé des ovules à partir de cellules de la peau

Pour la première fois, les chercheurs ont pu cultiver des ovules à partir des cellules de la peau. Une avancée majeure pour comprendre la formation des gamètes qui sont les ovules et le sperme.


Pour la première fois, les chercheurs ont pu cultiver des ovules à partir des cellules de la peau. Une avancée majeure pour comprendre la formation des gamètes qui sont les ovules et le sperme.

Des fibroblastes, qui sont des cellules de la peau, ont été reprogrammés pour devenir des ovules. Ces cellules ont été extraites d’une queue de souris selon les travaux des chercheurs publiés dans la revue Nature. On a fécondé ces ovules et on a pu avoir 6 souris en bonne santé. Cette réussite permettra de mieux étudier la formation des gamètes qui sont les ovules et le sperme. Si on peut reproduire l’expérience chez les humains, alors on pourra créer plus facilement des ovules afin de les utiliser dans la recherche et dans les traitements de l’infertilité.

Pour Diana Laird, biologiste à l’université de Californie, c’est un travail important et robuste, mais les personnes souffrant d’infertilité ne doivent pas s’exciter. Pour une application possible sur les humains, il faudra attendre des années ou même plus.

On a déjà utilisé des cellules souches pour créer des cellules d’adulte, mais la production d’ovules est un processus délicat. Les ovules sont les briques élémentaires de la vie. De plus, les cellules d’ovules sont très polyvalentes, car elles peuvent créer toutes les parties qui contiennent les instructions génétiques brutes. En fait, les cellules d’ovules sont bien plus puissantes que les cellules souches qu’on a utilisées pour les créer.

Il est difficile de créer des ovules en laboratoire, car il faut des cellules ovaires qui supportent le développement de l’. L’équipe avait déjà réussi à utiliser des cellules souches pour produire des cellules germinales primordiales qui donnent les ovules. Mais il fallait mettre ces cellules germinales dans des souris pour terminer la production de l’ovule.

Pour le moment, on ignore encore comment les cellules de soutien dans les ovaires déclenchent le développement de l’ovule, mais des pistes suggèrent un contact physique pour terminer la maturité de l’ovule. Les chercheurs n’ont pas pu reproduire les cellules de support et cela peut être un problème pour reproduire l’expérience chez les humains.

Les chercheurs ont créé des ovaires artificiels pour incuber les ovules développés en laboratoire en extrayant les cellules de support ovariennes qui provenaient de souris albinos. Ensuite, les chercheurs ont mélangé les cellules germinales primordiales avec des cellules de la peau provenant d’une souris ayant une pigmentation normale. Après 11 jours dans le laboratoire, les ovules sont devenus matures et ils étaient prêts pour la fécondation. La durée est la même que la maturation d’un ovule dans un ovaire de souris. Cela signifie qu’on ne peut pas raccourcir la durée normale et que pour les humains, il faudra attendre 9 à 12 mois.

Les chercheurs ont fécondé les ovules et ils ont transplanté les embryons dans les utérus de souris femelles. Cela a produit 6 petits avec des yeux sombres. Cela indique que la portée provenait des souris normales et non des albinos. Ces souris sont en parfaite santé et ils ont pu procréer à leur tour. Mais ce type d’expérience est de type quitte ou double. Dans une autre expérience impliquant des cellules souches embryonnaires, les chercheurs ont noté que certains gènes ne se sont pas activés. Et dans l’expérience actuelle, seuls 11 des 316 embryons ont pu donner une portée. Ce taux de réussite faible indique que seul 1 sur 20 ovule développé en laboratoire est viable. C’est encore trop bas pour une application clinique et il faudra beaucoup de recherches pour augmenter le taux de réussite et éviter que des enfants, si on utilise cette technique chez les humains, développent des maladies rares.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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