L’Aïd al-Adha 2023 sous le signe de l’importation de moutons


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  • Les moutons étrangers ont la cote en Afrique du Nord pour l’Aïd al-Adha 2023. Ils sont moins chers, plus gros et plus gras que les moutons locaux. Mais ce choix n’est pas sans risques pour les éleveurs locaux et pour la qualité sanitaire de la viande.


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    Les moutons étrangers ont la cote en Afrique du Nord pour l’Aïd al-Adha 2023. Ils sont moins chers, plus gros et plus gras que les moutons locaux. Mais ce choix n’est pas sans risques pour les éleveurs locaux et pour la qualité sanitaire de la viande.

    L’Aïd al-Adha ou fête du sacrifice est l’une des grandes fêtes musulmanes qui se tiendra le mercredi 28 juin 2023, selon le calendrier lunaire. À cette occasion, les fidèles sacrifient un animal, généralement un mouton, en souvenir de la soumission d’Abraham à Dieu. Mais face à la hausse des prix des moutons locaux et à la pénurie de l’offre, de nombreux consommateurs se tournent vers les moutons importés, notamment d’Espagne et de Roumanie.

    Les moutons espagnols séduisent les Marocains

    Au Maroc, le prix du mouton a augmenté de 20 à 40 % par rapport à l’année dernière, selon le ministère de l’Agriculture3. Une flambée des prix qui suscite des inquiétudes chez les ménages, d’autant plus que la pandémie de Covid-19 a affecté leur pouvoir d’achat. Face à cette situation, les moutons importés d’Espagne ont la cote. Selon le site Le360.ma, ces moutons sont vendus entre 1800 et 2500 dirhams (entre 162 et 225 euros), soit moins cher que les moutons locaux qui peuvent atteindre 4000 dirhams (360 euros)4.

    Les moutons espagnols sont élevés selon les normes sanitaires européennes et respectent les conditions d’abattage rituel. Ils sont également plus gros et plus gras que les moutons marocains, ce qui attire les consommateurs. Selon le site Le360.ma, environ 200 000 moutons espagnols ont été importés cette année pour répondre à la demande.

    Les moutons roumains font leur entrée en Algérie

    En Algérie, le prix du mouton a également connu une hausse vertigineuse. Selon le site Algerie360.com, le kilo de viande ovine se vend entre 1400 et 1600 dinars (entre 8,5 et 9,7 euros), soit une augmentation de 30 % par rapport à l’année dernière. Pour faire face à cette situation, le ministère de l’Agriculture a autorisé l’importation de 100 000 moutons vivants de Roumanie.

    Ces moutons sont arrivés par bateau au port d’Alger et ont été répartis dans différentes wilayas du pays. Ils sont vendus entre 35 000 et 45 000 dinars (entre 212 et 273 euros), soit moins cher que les moutons locaux qui peuvent dépasser les 60 000 dinars (364 euros). Les moutons roumains sont également élevés selon les normes sanitaires européennes et respectent les conditions d’abattage rituel.

    Un choix économique mais pas sans risques

    L’importation de moutons étrangers est une solution économique pour les consommateurs qui veulent célébrer l’Aïd al-Adha sans se ruiner. Mais ce choix n’est pas sans risques pour la filière ovine locale, qui souffre déjà de la concurrence déloyale et du manque de soutien des autorités. Les éleveurs locaux craignent de ne pas écouler leurs stocks et de subir des pertes financières.

    Par ailleurs, l’importation de moutons étrangers pose des questions sanitaires et environnementales. Certains consommateurs s’inquiètent de la qualité et de la traçabilité de ces animaux, qui peuvent être porteurs de maladies ou de parasites. D’autres s’interrogent sur l’impact écologique du transport de ces animaux par voie maritime ou aérienne.

    L’Aïd al-Adha est une fête religieuse qui symbolise la foi et la générosité. Mais c’est aussi une occasion de consommer de la viande ovine, qui représente une source de protéines et de revenus pour de nombreux ménages. Face à la hausse des prix et à la pénurie de l’offre, les moutons importés sont une alternative séduisante, mais qui n’est pas sans conséquences pour la filière ovine locale et pour l’environnement.

    Houssen Moshinaly

    Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009.

    Blogueur et essayiste, j'ai écrit 9 livres sur différents sujets comme la corruption en science, les singularités technologiques ou encore des fictions. Je propose aujourd'hui des analyses politiques et géopolitiques sur le nouveau monde qui arrive. J'ai une formation de rédaction web et une longue carrière de prolétaire.

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