Dissolution des Soulèvements de la Terre : une répression qui suscite l’indignation


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  • Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé la dissolution du collectif Les Soulèvements de la Terre, qu’il accuse de violence. Le mouvement, qui s’oppose à l’accaparement des terres et aux grands projets inutiles, conteste cette décision et continue ses actions.


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    Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé la dissolution du collectif Les Soulèvements de la Terre, qu’il accuse de violence. Le mouvement, qui s’oppose à l’accaparement des terres et aux grands projets inutiles, conteste cette décision et continue ses actions.

    Le collectif Les Soulèvements de la Terre, qui lutte contre l’accaparement des terres et les projets d’aménagement nuisibles à l’environnement, a été dissous par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin le 21 juin 2023. Cette décision, qui intervient après plusieurs actions de désobéissance civile et de sabotage menées par le mouvement, a suscité de vives réactions dans le monde associatif, politique et culturel.

    Un collectif né à Notre-Dame-des-Landes

    Les Soulèvements de la Terre est un collectif fondé en janvier 2021 à Notre-Dame-des-Landes, en France, par des anciens membres de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Il se décrit comme une « coalition qui regroupe des dizaines de collectifs locaux, de fermes, de sections syndicales, d’ONGs à travers le pays ». Il rassemble une centaine d’associations ou de collectifs et plus de 110 000 personnes revendiquent leur appartenance au mouvement.

    Le collectif s’inscrit dans le mouvement climat et l’écologie politique, et remet en cause le productivisme et le capitalisme. Il est opposé à l’accaparement des terres et lutte contre certains projets d’aménagement, notamment les « méga-bassines », des autoroutes, ou encore le projet de ligne à grande vitesse Lyon-Turin. Il exprime ses revendications par le biais de manifestations et mène des actions de désobéissance civile et de sabotage d’infrastructures industrielles qu’il considère comme polluantes.

    Une dissolution contestée

    Le 21 juin 2023, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin annonce la dissolution du collectif Les Soulèvements de la Terre, qu’il qualifie de « groupement violent ». Il invoque notamment les articles L212-1 et L212-2 du code de la sécurité intérieure, qui permettent de dissoudre les associations ou groupements qui « provoquent à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes » ou qui « se livrent […] à des actes portant une atteinte grave à l’ordre public ».

    Cette décision fait suite à plusieurs actions menées par le collectif, notamment l’incendie d’un hangar agricole appartenant à la FNSEA dans la Marne le 17 juin 2023, ou encore l’occupation du siège du groupe Vinci à Nanterre le 18 juin 2023. Le ministre accuse également le collectif d’avoir participé aux violences lors des manifestations contre la loi sécurité globale en novembre 2020.

    La dissolution des Soulèvements de la Terre a été vivement critiquée par les militants écologistes, les syndicats paysans, les associations de défense des droits humains, les partis politiques de gauche et les personnalités du monde culturel. Ils dénoncent une atteinte à la liberté d’expression et d’association, une criminalisation du mouvement social et une répression disproportionnée face aux enjeux écologiques .

    Le collectif Les Soulèvements de la Terre a réagi dans un communiqué en affirmant que « le mouvement ne peut pas être dissout car il est multiple et vivant » et en appelant à « rendre caduque cette tentative d’étouffement ». Il a également reçu le soutien de nombreux autres mouvements écologistes, comme Extinction Rebellion, Youth for Climate ou Dernière Rénovation.

    Des mobilisations en cours

    Malgré la dissolution, le collectif Les Soulèvements de la Terre continue de mener des actions sur le terrain. Le 18 août 2023, il lancera un « convoi de l’eau », une méga-tracto-vélo contre les méga-bassines, qui doit parcourir 300 kilomètres entre le Marais poitevin et Bordeaux. Le 13 juin 2023, il a également lancé une campagne d’actions intitulée « 100 jours pour les sécher », qui vise à « se mouiller contre l’assèchement du monde » et à s’opposer aux projets d’irrigation intensive, de bétonisation ou de nucléaire.

    Par ailleurs, le collectif a annoncé qu’il allait contester la dissolution devant le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative française. Il espère ainsi obtenir l’annulation de la décision du ministre de l’Intérieur et faire reconnaître la légitimité de son combat écologique.

    Houssen Moshinaly

    Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009.

    Blogueur et essayiste, j'ai écrit 9 livres sur différents sujets comme la corruption en science, les singularités technologiques ou encore des fictions. Je propose aujourd'hui des analyses politiques et géopolitiques sur le nouveau monde qui arrive. J'ai une formation de rédaction web et une longue carrière de prolétaire.

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