mardi , 24 octobre 2017

Série Outcast, Démon es tu là ?

La série Outcast vous prend littéralement par les tripes dès les premiers épisodes. Un scénario très intéressant, des personnages extrêmement riches et une mise en scène sublime. Outcast est l’une des meilleures surprises de 2016 et franchement, on en avait besoin comparé à la fange qu’on s’est tapée ces derniers temps.


Série Outcast, Démon es tu là ?
Un enfant regarde un cafard sur un mur. Il se balance doucement et tout d’un coup, il se tape la tête contre le mur pour écraser le cafard et ensuite, il lèche le sang du cafard et l’engloutit goulûment avec des bruits croustillants. C’est la première scène de la série Outcast et on peut dire que c’est une accroche qui va inciter le téléspectateur à regarder jusqu’au bout. Il est évident que vous risquez de vomir si vous mangiez des Pringles en même temps, car cette scène vous percute de plein fouet alors que vous vous demandiez sur quoi vous alliez tomber en regardant Outcast. Et comme je ne m’informe jamais sur une série préalable, la mise en scène est une véritable claque si on ignore ce qu’on va trouver.

La possession démoniaque en introduction

La série Outcast parle de possession démoniaque, de traumatisme de l’enfance et des saloperies qu’on trouve dans la nature humaine. Crée par Robert Kirkman, auteur de The Walking Dead, on pouvait s’attendre à des effets percutants et une horreur absolue et on n’est pas déçus. Outcast est inspiré du Comics écrit par Kirkman et comme il est également l’un des producteurs de la série, alors on peut s’attendre à une certaine fidélité par rapport au Comics. La série Outcast est diffusé depuis juin 2016.

La série Outcast vous prend littéralement par les tripes dès les premiers épisodes. Un scénario très intéressant, des personnages extrêmement riches et une mise en scène sublime.

Le garçon mangeant des cafards écrasés sur un mur est une scène particulièrement forte et elle met en place le décor en avertissant le téléspectateur qu’Outcast ne sera pas une série comme une autre. Il est très rare qu’une série propose une accroche émotionnelle aussi intense dès les premières secondes et certaines séries devraient s’en inspirer. Mais le personnage de la série Outcast est Kyle Barnes dont la mère a été possédée par un démon alors qu’il était enfant.

Kyle Barnes revient dans son ancienne ville où il est considéré comme un paria (d’où le nom de la série). Mais son expérience démoniaque dans l’enfance va l’inciter à accompagner le révérend John Anderson dans ses missions pour exorciser des gens prétendument atteints de possession démoniaque. Notre Barnes débarque donc chez l’enfant cafardovore et il l’exorcise en lui faisant avaler son propre sang en suggérant que Kyle Barns possède un pouvoir contre les démons. Et tout ça se passe dès le premier épisode qui est légèrement plus long que les suivants. On adore une telle richesse dans les épisodes et chaque épisode de la série Outcast pourrait devenir autonome, car on a un développement parallèle des personnages qui frôle la perfection. Dans les principaux personnages d’Outcast, on a Kyle Barns, le révérend John Anderson, Megan Holter (la soeur de Kyle Barnes), l’officier Mark Holter (le mari de Megan) et quelques personnages secondaires. Chaque personnage va bénéficier d’une narration mitonnée aux petits oignons même s’il y a quelques couacs de temps en temps. Le scénario reste assez classique. On a une ville dont certains habitants sont touchés par la possession démoniaque avec les problèmes de chaque personne. Mais c’est la mise en scène qui est juste hallucinante.

Une mise en scène exceptionnelle

Si on possède un peu d’expérience cinématographique, alors on reconnait rapidement la boite à outils utilisée par le réalisateur et les producteurs pour créer de la tension. Mais malgré le fait qu’on déchiffre les scènes, ces dernières explosent dans tous les sens dans la série Outcast. Les 2 premiers épisodes vont se concentrer sur Kyle Barns pour raconter son enfance traumatisante, Outcast nous propose des Flashbacks. Mais ce ne sont pas des Flashbacks, car ce sont des FLASHBANGS, avec le Flash qui vous explose en pleine gueule en devenant un Screamer qui ne dit pas son nom. La scène du garçon mangeant les cafards est une mise en tension très forte dès les premières minutes et pour continuer cette mise sous tension, Outcast nous propose des Flashbacks découpés à la hache d’un seul coup. Il n’y a aucune transition et c’est tellement brutal qu’on sursaute sur son siège. Le premier Flashback sur l’enfance de Kyle Barnes est un modèle du genre.

La série Outcast vous prend littéralement par les tripes dès les premiers épisodes. Un scénario très intéressant, des personnages extrêmement riches et une mise en scène sublime.

On a sa mère, possédée par un démon, dont le visage est caché par les cheveux, qui s’approche doucement tandis qu’un Kyle Barnes-enfant la regarde. Les premières secondes du Flashback sont des ralentis de la caméra et ensuite, BOUM, la mère le tire brutalement par les cheveux, le rosse de coups et l’enferme dans le placard. C’est une scène aussi forte que la première avec le garçon et elle montre à la fois la puissance du démon, mais également le traumatisme subi par Kyle Barnes pendant des mois et des mois. Et la série Outcast va utiliser ces Flashbacks découpés au couteau tout au long de l’épisode pour raconter cette enfance maudite.

Parmi les mécanismes typiques de la série Outcast, on a le gros plan, notamment sur les yeux. Cela permet de mettre une ambiance à la Walking Dead ou Invincible (Ce dernier a été également créé par Kirkman), mais ces gros plans rajoutent une impression de malaise. C’est vraiment fait exprès et parfois, les deux effets sont combinés. Vous avez un gros plan et ensuite, le Flashback est immédiat sans que vous repreniez votre souffle. Ces 2 mécanismes sont très utilisés dans les 2 épisodes et dans le second, qui nous permet de comprendre l’enfance de Kyle Barns et sa mère possédée, ces Flashbacks sont utilisés comme un marteau narratif. On sent le forcing pour imposer la tension, mais on continue d’adorer, car ces scènes ne sont pas montrées pour de la violence gratuite, car je pense qu’Outcast propose une double lecture qui est vraiment délicieuse.

La série Outcast vous prend littéralement par les tripes dès les premiers épisodes. Un scénario très intéressant, des personnages extrêmement riches et une mise en scène sublime.

Les environnements et la patte graphiques bénéficient d’une touche particulière. Kirkman est connu pour ses environnements désaturés et on les retrouve de manière éclatante dans Outcast. Les Flashbacks sont quasiment en noir et blanc pour renforcer la cassure et la brutalité de la scène. Je n’aime pas trop Walking Dead, mais on retrouve certains de ses aspects dans Outcast, mais les environnements et le générique se rapprochent plus d’un True Detective.

Le dualisme démonico-humain

La série Outcast va énormément utiliser la possession démoniaque dans les premiers épisodes, mais cela retombe par la suite. Étant donné que j’ai seulement pu accéder aux 5 épisodes sur les 10 de cette première saison, j’ignore l’importance scénaristique des démons. Mais le 3e épisode est assez exceptionnel pour créer le doute et nous proposer une lecture vraiment ambiguë de la série Outcast.

La série Outcast vous prend littéralement par les tripes dès les premiers épisodes. Un scénario très intéressant, des personnages extrêmement riches et une mise en scène sublime.

Les 2 premiers épisodes concernent l’exorcisme de l’enfant et les souvenirs d’enfance de Kyle Barnes, mais le 3e épisode est une cassure complète, mais qui recèle quelques pièges. Et c’est également une caractéristique de la série Outcast qui propose des épisodes semi-autonomes qui possèdent leurs propres identités. Dans ce 3e épisode, on a 2 inspecteurs qui sont les meilleurs amis du monde. Pendant une partie de Bowling, on a un gros plan sur les yeux de l’inspecteur suggérant un changement de comportement démoniaque. Ce personnage se retrouve avec la femme de son meilleur ami. Et il va démembrer littéralement cette femme et il s’assoit tranquillement dans la cuisine avec les morceaux de la femme qui gisent par terre. La scène est moins violente en apparence parce qu’on voit seulement la femme pendant quelques secondes, mais ces secondes sont suffisantes pour marquer la scène dans votre esprit à la manière de la première scène de la série. Et c’est aussi un excellent point pour Outcast qui montre la violence sans aucune concession ou censure. On a tellement de séries TV totalement lisses qu’Outcast se démarque clairement du lot dans ce domaine.

Mais ce qui est génial avec ce 3e épisode est qu’on ne saura jamais si ce personnage était possédé par un démon ou qu’il est juste un enculé qui a pété les plombs. Le révérend et Kyle Barnes vont le voir en prison. La discussion est passionnée à souhait, mais l’ambiguïté demeure jusqu’aux dialogues. À un moment, on a l’impression que c’est le démon qui parle, mais à un autre, on peut avoir une interprétation d’un esprit simplement dérangé. Oui parce que Kyle Barnes semble être poursuivi par les démons depuis son enfance avec sa mère, mais également sa femme et sa fille. Donc, il essaie de comprendre ce qui cloche. Mais les réponses du meurtrier restent vagues. On tente de l’exorciser, mais même avec le pouvoir de Barnes, cela ne fonctionne pas. C’est juste génial parce que le téléspectateur reste sur sa faim jusqu’au bout. Comme je n’ai pas vu toute la saison, je ne sais pas si ces personnages vont réapparaitre par la suite, car le 4e épisode part dans une nouvelle direction. Quand Barnes et le révérend sortent de la prison, Barnes nous sort une phrase magnifique : Cette chose est en lui pour toujours. C’est totalement à l’opposé de la possession démoniaque, car on peut expulser le démon comme il l’avait fait avec l’enfant.

La série Outcast vous prend littéralement par les tripes dès les premiers épisodes. Un scénario très intéressant, des personnages extrêmement riches et une mise en scène sublime.

Ici, la série Outcast suggère que la nature humaine et ses abominations sont bien pires que tous les démons réunis. C’est une approche géniale et le reste de la série semble aller dans ce sens. Le personnage du prêtre est également superbement travaillé. Toujours dans ce 3e épisode, le prêtre se trouve dans le doute lorsque le meurtrier lui assène qu’un impie comme Barnes possède un pouvoir de Dieu alors que lui, le prêtre, qui a dédié sa vie à Dieu, ne possède qu’une croix et de l’eau bénite. Dans un autre épisode (peut-être le 4e), la narration tourne autour d’une vieille femme. On a l’apparition de cette vieille femme au début et on la prend pour une bonne paroissienne. Ensuite, on comprend que c’est une ancienne possédée que le prêtre a réussi à guérir.

La série Outcast vous prend littéralement par les tripes dès les premiers épisodes. Un scénario très intéressant, des personnages extrêmement riches et une mise en scène sublime.

Mais quand Barnes et le révérend lui rendent visite, la vieille femme assène ces 4 vérités à Barnes sur son statut de paria. Et dès que le prêtre entre dans la pièce, la femme change totalement de comportement. Est-ce que le démon est bien parti ou c’est simplement une vieille peau qui n’a pas été baisée depuis des lustres ? Encore une fois, on fait le parallèle entre l’efficacité du prêtre et Barnes. Dans l’exorcisme de l’enfant, on voit le démon qui sort du corps. Mais le prêtre affirme que cela ne se passe pas ainsi à chaque fois. Est-ce une excuse pour éviter d’admettre que le démon dans cette vieille femme est encore là ? Cela permet aussi de rebondir sur l’aspect religieux de la série Outcast. Contrairement à d’autres séries pleutres, Outcast assume totalement son aspect prosélyte. Le premier sermon du prêtre est un bel exemple et on a constamment des références entre le bien et le mal.

Le découpage unique des épisodes

La série Outcast est bien plus complexe qu’un énième remake de l’exorcisme. Car les épisodes s’étalent sur des thèmes indépendants, mais qui montrent toujours le pire côté de la nature humaine. Dans les 2 premiers épisodes, on a le thème de la maltraitance sur les enfants. Et encore une fois, on a une violence qui est montrée sans aucune concession. Pendant l’exorcisme dans le premier épisode, Kyle Barnes tabasse cet enfant de 5 ou 6 ans avec une force inouïe et on avale chaque coup de la scène. Et le parallèle avec la maltraitance de Barnes est magnifique. D’un côté, on a une mère-démon qui cogne son fils et de l’autre, nous avons la religion qui cogne l’enfant pour “le guérir du mal”. Encore une ambiguïté que la série Outcast assène avec la plus grande tranquillité.

Le second thème est celui du meurtre dans le 3e épisode. Si vous enlevez la possession démoniaque, le coup de génie est que ce meurtre aurait bien eu lieu. La série nous dit qu’on utilise souvent la possession démoniaque pour expliquer des comportements tout à fait rationnels de notre société.

La série Outcast vous prend littéralement par les tripes dès les premiers épisodes. Un scénario très intéressant, des personnages extrêmement riches et une mise en scène sublime.

Le 3e thème est celui du viol de Megan qui est la soeur de Barnes. Là, on abandonne totalement l’aspect surnaturel et on se concentre sur la confrontation entre Megan et son ancien violeur qui est revenu dans la ville. C’est-à-dire que la série Outcast part de la possession démoniaque et elle dévie progressivement pour explorer les problèmes les plus intimes que chacun peut rencontrer dans sa vie. La maltraitance, le viol pendant la jeunesse, le crime barbare, etc.

Mélangez tous ces éléments et vous avez une série qui est aussi complexe qu’étrange. On a dû mal à comprendre cette dualité démonico-humaine et quand on y réfléchit un peu, on peut dire que le démon est l’élément positif de cette nature humaine, car elle nous permet de nous dédouaner de beaucoup de choses. J’ignore l’avenir de la série Outcast, car le puritanisme et la censure américaine ont tendance à décapiter toutes les bonnes idées qui permettent à une série d’accéder au statut de chef-d’oeuvre. Je n’ai vu que 5 épisodes, mais la narration et la mise en scène sont tellement riches. On peut l’analyser de différentes façons sans jamais être satisfait. Personnellement, je considère qu’Outcast est la meilleure surprise de 2016. Et franchement, si vous aimez le genre, vous ne serez pas absolument pas déçu. Rien que pour la scène du cafard, elle surpasse la totalité des saisons des séries insipides et minables qu’on s’est tapé ces derniers mois.

Note de l’auteur : 5 Stars (5 / 5)

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A propos de Madeleine Jussier

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Dégoutée du monde, je me concentre sur l'actualité insolite et culturelle. Fan de série et de film et je n'hésite pas à critiquer l'idiotie humaine. Passée par plusieurs journaux de la presse écrite.

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