Série Zoo, l’apocalypse en version écolo

La série Zoo peut faire rigoler par son scénario pathétique au début, mais on prend gout à cette apocalypse en version écologie radicale.


La série Zoo peut faire rigoler par son scénario pathétique au début, mais on prend gout à cette apocalypse en version écologie radicale.

La série est sortie depuis 2015 et on a déjà 2 saisons avec une 3e qui est en préparation. Pour être honnête, les premiers épisodes sont vraiment à jeter tellement la série est remplie de clichés et de Bullshit scientifique, mais elle va aller jusqu’au bout de son délire au fil des épisodes et la seconde saison atteint de nouveaux sommets dans ce jusqu’au-boutisme.

Un début très médiocre

La met en scène des animaux qui se retournent progressivement contre les humains. On peut penser que c’est une thématique qu’on connait 1 000 fois et c’est pourquoi les premiers épisodes ne sont pas du tout accrocheurs. On voit du prémâché avec des personnages complètement à la ramasse. Parce que c’est une chose que les animaux se retournent contre les humains, mais le pire est qu’ils semblent doués d’une intelligence. Des lions qui marchent en file indienne en mode commando pour ne pas laisser de trace jusqu’à des chauves-souris qui jouent les kamikazes contre un avion. Une personne légèrement sceptique saurait que c’est du Bullshit pour la bonne et simple raison que cela implique que la nature soit doué d’une intention et qu’elle veut exterminer les humains.

La série Zoo peut faire rigoler par son scénario pathétique au début, mais on prend gout à cette apocalypse en version écologie radicale.

Pour démêler le fond de l’affaire, on a un Club des Cinq avec une agente de la DGSE, une journaliste, un vétérinaire et 2 guides de safari. L’un de ces guides sera le personnage principal avec Jackson Oz dont le père avait déjà prévu cette rébellion animale et qui a été dénigré par les scientifiques. Et à partir de ces pincées scénaristiques, on retrouve des thématiques et des causes défendues par l’écologie radicale qui estime que tôt ou tard, la nature va se retourner contre l’humanité. Je ne me rappelle plus le titre, mais il y a eu un film de ce genre où les plantes émettaient des toxines dès qu’un groupe de personnes dépassaient un certain nombre et ces toxines poussaient les gens au suicide.

L’écologie radicale au coeur de la série Zoo

Mais ensuite, le scénario change, car les « aventuriers » découvrent qu’en fait, c’est le composant d’une multinationale qui provoque les mutations chez les animaux. Cette entreprise est présente dans les pesticides, les nourritures pour le bétail et de nombreux éléments dans la vie des animaux. Et encore, on retrouve les critiques habituelles des écologistes contre des entreprises comme Monsanto. En gros, cette entreprise a créé un machin appelé « Cellule-Mère » qui lui permet d’être plus efficace que leurs concurrents, mais les effets secondaires sont une mutation qui fait que les animaux considèrent les humains comme des ennemis.

La série Zoo peut faire rigoler par son scénario pathétique au début, mais on prend gout à cette apocalypse en version écologie radicale.

Ces animaux mutants semblent s’attaquer à la technologie des humains pour les rendre inoffensifs. Et on apprend aussi le concept du réseau trophique qui désigne la classification des espèces dans les chaines alimentaires. On apprend ainsi que contrairement à ce qu’on pense, l’être humain n’est pas du tout un prédateur, car il possède un indice de 2,2 sur ce réseau trophique alors que les superprédateurs comme le requin survolent l’indice de 5. Mais les deux composants qui permettent à l’homme de surpasser les autres espèces sont son intelligence et sa technologie. Au moins, cet aspect de la série Zoo possède une base scientifique.1

Le problème est que cela exploite des probabilités infimes pour les faire passer pour une probabilité majeure. Il est impossible que des animaux se rebellent de concert contre les humains. Mais en soi, cela peut aller dans une série de fiction, mais il aurait mieux valu pousser le délire jusqu’au bout. Pourquoi prendre des animaux en sachant que l’être humain est capable de les battre ? Il aurait mieux valu un scénario qui nous dit que des virus ont décidé de coopérer pour nous exterminer. Je peux vous dire qu’il ne leur faudrait que quelques semaines pour exterminer toute notre espèce si le virus de la grippe s’alliait avec celui de l’Ebola… Mais la série Zoo reste dans le normal dans ses premiers épisodes. L’écologie radicale transpire au fil des saisons avec un groupe de 5 personnes qui veulent sauver le monde entier alors que ce dernier veut leur peau. Chaque aspect important de la série nous ramène à la destruction de la nature par l’homme que ce soit le braconnage, les multinationales avides de pouvoir ou les gouvernements corrompus.

Un scénario qui part en couilles

Concernant les personnages, ils sont assez médiocres même si on peut dire que chacun fait sa part du boulot. On aurait aimé des personnages plus charismatiques plutôt que des robots qui répètent constamment des répliques et les dialogues sont parfois d’un tel ennui. Si au début, nos aventuriers sont ligués contre le monde entier, ils seront crus progressivement par les autorités, notamment à la fin de la première saison, car la rébellion des animaux continue de plus belle. Les héros avaient même trouvé un antidote à la mutation, mais c’est ensuite qu’on comprend que les animaux avaient de nouveau muté. Et c’est dans la seconde saison que ça part complètement en couilles.

Comme je l’ai dit, il faut regarder toutes les saisons pour apprécier un peu la série Zoo. La première saison est mal faite, car on dirait que le scénario progresse à tâtons en essayant de trouver le bon message. Elle manquait d’ambitions, mais dans la seconde saison, on peut dire que les scénaristes se sont lâchés. La rébellion des animaux est désormais mondiale et toutes les grandes villes sont touchées. On a le début d’une apocalypse, mais dont les cavaliers sont des zèbres et des lions. Cette seconde saison nous donne aussi l’occasion de voir la rébellion sur un autre niveau et en termes de justesse scientifique, les scénaristes se sont carrément assis dessus en proposant des épisodes qui sont le contraire de l’hypothèse de parcimonie qui est de toujours privilégier l’hypothèse la plus simple.

Dans un épisode, on a nos personnages qui circulent dans une forêt et tout d’un coup, il y a une pluie rouge comme du sang. Ils l’étudient et ils découvrent que c’est une pluie acide. Et ça se tient, les pluies acides peuvent être colorées et il y a même eu une pluie de sang au Kerala en 2001 qui a été provoquée par une abondance de lichen et d’algues rouges.2 Mais évidemment, vous pensez bien que la série Zoo avait une version différente. Accrochez-vous :

Des vautours ont transporté des cadavres humains dans une zone. Ces vautours picoraient le foie des cadavres pour récupérer la bile. Ensuite, les vautours s’élevaient au dessus des nuages et ensuite, ils déféquaient pour mélanger la bile dans l’eau contenue des nuages. Résultat ? Une pluie acide qui contaminait la production agricole et les points d’eau des humains ! #Cestclair

J’ai rarement vu un scénario aussi déjanté et la seconde saison semble atteindre de nouveaux sommets à chaque épisode. On a aussi les fourmis, qui peuvent produire de l’électricité, et qui veulent déclencher une réaction en chaine dans le Grand Collisionneur de Hadron ou encore des castors qui peuvent détourner toute une rivière en construisant des barrages. Et dans ce bordel délirant, on a toujours l’écologie radicale qui transpire puisque les militaires et les gouvernements veulent exterminer tous les animaux de la terre tandis que les aventuriers veulent leur donner une seconde chance.

La série Zoo peut faire rigoler par son scénario pathétique au début, mais on prend gout à cette apocalypse en version écologie radicale.

Pour être honnête, il est difficile de classer la série Zoo. Parfois, les épisodes sont déjantés et on apprécie cette audace dans la science-fiction, mais ensuite, la série devient très médiocre. Le développement parallèle des personnages est aussi intéressant avec un Background assez sombre pour chaque personnage. J’ai détesté les premiers épisodes, mais ensuite, on y prend gout si on aime les séries qui ne se prennent pas au sérieux et qui poussent le vice jusqu’à la parodie de l’écologie. Une série sympathique, mais qui ne rentrera pas dans les annales.

Note de l’auteur : (4 / 5)

Sources

1.
Un nouvel indice positionne l’Homme au même niveau que l’anchois dans la chaîne alimentaire ! – Institut de recherche pour le développement (IRD) . ird.fr. https://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/communiques-et-dossiers-de-presse/cp-2013/un-nouvel-indice-positionne-l-homme-au-meme-niveau-que-l-anchois-dans-la-chaine-alimentaire. Accessed April 14, 2017.
2.
Coloured Rain: A Report on the Phenomenon. web.archive.org/. https://web.archive.org/web/20060613135746/http://www.geocities.com/iamgoddard/Sampath2001.pdf. Accessed April 14, 2017.
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Madeleine Jussier

Dégoutée du monde, je me concentre sur l'actualité insolite et culturelle. Fan de série et de film et je n'hésite pas à critiquer l'idiotie humaine. Passée par plusieurs journaux de la presse écrite.

1 réponse

  1. 14 avril 2017

    […] Que penser de la série « Zoo » diffuser sur TF1 : Source : housseniawriting.com […]

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