Les fermiers utilisent les OGM depuis des millénaires

On cultive et on mange des plantes génétiquement modifiées depuis des millénaires.


La greffe des plantes est une forme de modification génétique par la Nature

C’est la conclusion d’une série d’études montrant une ancienne pratique de qui permet à des plantes distantes d’échanger leurs génomes respectifs. C’est de la par Mère nature selon Ralph Bock de l’institut Max Planck en Allemagne. La greffe implique de transplanter une partie d’une vers une autre pour qu’elles fusionnent et qu’elles continuent à se développer.

Les fermiers greffent des plantes depuis des milliers d’années. Un arbre fruitier peut échanger avec un autre arbre connu pour sa résistance de maladie dans les racines. La greffe se produit naturellement lorsque les branches des 2 arbres se pressent mutuellement. L’étude de Bock de 2009 montre que les cellules sur les 2 extrémités de la greffe pouvaient échanger des chloroplastes, des organelles qui transportent la photosynthèse et une partie de leur génome. En 2014, une autre étude a trouvé que tout le noyau d’une cellule, contenant le principal génome, pouvait être transféré via des greffes. Le noyau transféré pouvait être ajouté à des noyaux de cellule existants en fusionnant 2 génomes et en créant potentiellement une nouvelle espèce.

Un triple coup

Désormais, une équipe menée par Pal Maliga de l’université de Rutgers au New Jersey a montré que les cellules peuvent aussi échanger des mitochondries, des organelles qui génèrent de l’énergie avec un petit génome dans les greffes. Et une fois qu’une mitochondrie entière d’une plante se transfère dans les cellules d’une autre, les 2 plantes combinent leur ADN avec cette mitochondrie existante. Cela signifie que les 3 types du génome de la plante peuvent être échangés via des greffes. Il y avait des preuves grandissantes, à partir du séquençage de génome, que les plantes échangent parfois la mitochondrie, mais cette étude est la première qui le démontre. Pour le faire, l’équipe de Maliga a greffé une espèce de tabac avec une autre. L’une d’elles avait une mutation mitochondrique qui empêchait les parties mâles de la fleur de se développer correctement.

Une modification accidentelle

Ensuite, les chercheurs ont pris les coupes du mâle stérile de la greffe et ils ont fait pousser des plantes entières à partir des coupes. Grâce au transfert mitochondrique, certaines des plantes ont pu développer des parties mâles normales. L’échange de génome se produit uniquement sur le site d’une greffe, mais de nouvelles pousses émergent souvent dans cette région. Ces pousses vont donner des plantes avec des génomes combinés.

Et étant donné que la greffe est utilisée à grande échelle depuis des millénaires, il est très probable que certaines des plantes que nous consommons ont été créées par cette modification génétique accidentelle selon Maliga et Bock. Bock pointe le fait que de nombreuses graines possèdent 2 séries de chromosomes. On connait ce phénomène comme la polyploïdie et on l’attribue généralement à la duplication du génome. Mais cela pourrait être provoqué par l’échange de génomes entre des plantes greffées.

La nature floute les lignes

L’idée que nous effectuons de la modification génétique accidentelle ne sera pas bien accueillie par ceux qui prétendent que la greffe est très différente de la modification génétique. Cela va choquer les gens, car cela efface la frontière entre la modification génétique par l’homme et par la nature. La technique de la greffe peut être utilisée pour transférer des traits encodés par des gènes mitochondriques tels que la stérilité mâle à des plantes qui en manquent.

Il est plus facile et moins cher de croiser les plantes stériles mâles afin de produire des plantes hybrides plus vigoureuses qui sont prisées par les fermiers et les jardiniers. Si les plantes ne sont pas stériles sur leurs parties mâles, elles peuvent se fertiliser et seules quelques graines vont produire des hybrides. Actuellement, la seule manière de bloquer cette auto-fertilisation est de supprimer les parties mâles de la fleur ce qui demande beaucoup de travail.

La greffe est utilisée de plus en plus pour la production de légumes. On l’utilise pour booster les rendements en utilisant des variétés de plantes avec des racines plus vigoureuses. On peut également avoir des combinaisons plus inhabituelles telles que des tomates greffées sur des pommes de terre pour créer une graine qui produit à la fois des tomates et des pommes de terre.

Source : Revue PNAS

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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