Expulsion du fiancé algérien d’une Biterroise : Robert Ménard se félicite, les associations s’indignent
Un jeune Algérien en situation irrégulière, dont le mariage avec une Française avait été refusé par le maire de Béziers Robert Ménard, a été expulsé ce jeudi vers l’Algérie. Le couple compte se battre pour faire valoir son droit au mariage. Il reste encore quelques millions comme lui en France…

Un jeune Algérien de 23 ans, en situation irrégulière et sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF), a été expulsé ce jeudi vers l’Algérie, a annoncé la préfecture de l’Hérault. Il s’agit du fiancé d’une Biterroise dont le mariage avait été refusé par le maire de Béziers, Robert Ménard, le 7 juillet dernier.
Le couple devait se marier à la mairie de Béziers, mais Robert Ménard avait jugé “ubuesque” d’unir une Française et un étranger sans papiers, qui devait être reconduit à la frontière. Le maire proche du Rassemblement national avait invoqué le risque de “mariage blanc” et le respect de la loi. Il avait également dénoncé une “provocation” et une “manipulation”.
Le refus de célébrer le mariage avait suscité la polémique et la réaction des associations de défense des droits de l’homme. SOS Racisme et la Ligue des droits de l’homme avaient porté plainte contre Robert Ménard pour discrimination et entrave à la liberté du mariage. La fiancée du jeune Algérien avait également déposé plainte contre le maire.
Selon la Convention européenne des droits de l’homme, le droit au mariage est garanti à toute personne, quelle que soit sa nationalité ou sa situation administrative. Le fait d’être sous le coup d’une OQTF ne constitue pas un motif légal pour empêcher un mariage.
Le jeune Algérien était “défavorablement connu des services de police” et faisait l’objet d’une OQTF depuis août 2022, selon la préfecture. Il avait été placé au centre de rétention administrative (CRA) de Sète lundi, après s’y être rendu lui-même pour faire le point sur sa situation. Il a été escorté par la police aux frontières jusqu’à l’aéroport de Marseille, où il a embarqué à bord d’un vol à destination de l’Algérie.
Le préfet de l’Hérault, Hugues Moutouh, a affirmé que “conformément à la loi, les étrangers dépourvus de titre de séjour n’ont pas vocation à demeurer sur le territoire national”. Il a ajouté que “en l’absence de retour volontaire, il est procédé à leur expulsion”.