La chasse au piratage de films n'est plus rentable


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  • De récentes décisions de justice ont baissé la rentabilité des chasseurs du illégal de films. Oui, c’est une bonne nouvelle pour nous.

    C’était une mauvaise semaine pour les entreprises dont l’activité concerne la chasse au illégal de films. Vendredi dernier, un juge australien a refusé à Voltage Pictures d’exiger le paiement d’une amende à des personnes qui avaient téléchargé illégalement le film Dallas Buyers Club. Le juge Nye Perram a décidé que Voltage et ses avocats avaient pratiqué la facturation spéculative (Speculative Voicing). Cette dernière est une forme de chantage légal du genre : Payez-nous une grosse somme et nous ne vous trainerons pas devant un tribunal, car vous risquez une amende plus lourde, mais de montant encore inconnu.

    Ce jugement a refroidi les ardeurs des entreprises qui font la chasse au illégal de films en Australie, mais la pratique persiste dans de nombreux pays. Des personnes qui avaient téléchargé le film en question à Singapour ont reçu des lettres demandant une somme de 5000 dollars singapouriens. La lettre était très menaçante avec des sanctions considérables allant jusqu’à des peines de prison.

    Rightscorp est dans la tourmente

    Les firmes d’avocats, qui veulent profiter de cette nouvelle manne de la poche des internautes, devraient regarder l’affaire de Rightscorp aux États-Unis. Rightscorp est une entreprise qui est uniquement dédiée à la chasse de ceux qui téléchargent des films et des séries TV. La facturation spéculative est leur arme favorite et de ce fait, leur entreprise était florissante. Mais en 2014, l’entreprise a rapporté une perte de 3,4 millions de dollars et cette année, Rightscorp a enregistré une perte de 1 million de dollars rien que dans le premier trimestre.

    Rightcorp demande une petite somme (aux alentours de 20 dollars) par illégal, mais ils ont besoin d’un maximum de téléchargeurs illégaux. Et la chasse au téléchargement nécessite du doigté. Si ces hyènes demandent trop d’argent, alors les internautes détecteront leur bluff et Rightscorp serait obligé de les traiter devant un tribunal avec les frais exorbitants que cela occasionne. Cette pratique se base uniquement sur l’intimidation et la comme dans un kidnapping sauf que le téléchargement illégal a remplacé les enfants.

    Rightscorp est dans la tourmente puisqu’il a dû mal à débusquer les téléchargeurs illégaux. Cette semaine aux États-Unis, un juge a rejeté un appel qui aurait forcé le FAI Birch Communication à révéler les identités de ses clients qui ont téléchargé des films. Dans cette affaire, Rightscorp avait utilisé ce qu’on appelle une assignation par DMCA. Cette dernière permet d’avoir les identités des clients du FAI. L’utilisation du DMCA pour connaitre l’identité est inappropriée selon des jurisprudences qui ont concerné des affaires entre et la RIAA (Recording Industry Association of America) en 2002.

    Malibu Media se porte un peu mieux

    Malibu Media est une entreprise qui semble tirer son épingle du jeu. Elle utilise une pratique appelée Copyright Trolling. Malibu Media est un producteur de contenu pornographique et une analyse de ses affaires judiciaires aux USA a montré que Malibu Media, propriétaire du site x-art, a déposé 4 332 plaintes depuis 2009. 90 % des affaires ont été réglés à l’amiable, mais 66 affaires ont fini devant les tribunaux et Malibu Media a gagné des dommages équivalents à 3 millions de dollars.

    Mais Malibu Media utilise des pratiques tellement abjectes que les Patents Trolls et autres maitres chanteurs passeraient pour des Mères Thérésa. Quand Malibu Media traine un internaute devant un tribunal, l’entreprise fait en sorte d’obtenir toute la liste des films téléchargés et il affiche toutes les affiches très suggestives des films en face des jurés et du juge. Cela permet d’embarrasser totalement l’internaute et cela sert aussi d’exemple pour les autres s’ils veulent jouer la carte du tribunal. (Malibu Media serait digne de figurer à la direction d’Hadopi).

    Le futur du illégal

    Les services de Streaming tels que Netflix et Amazon supportent l’idée d’une distribution globale de films et des séries TV. Étant donné que ces services sont proposés à des prix abordables, le concept du illégal baisserait par la même occasion. De plus, le piratage propose des protections pour éviter d’être identifié quand on télécharge les films et on peut citer le réseau Torrent ou les VPN.

    On ignore si les Majors et les entreprises telles que Rightscorp continueront leurs pratiques en chassant les internautes et en les faisant chanter. Mais d’un point de vue rationnel, c’est un exercice futile. L’industrie du film et des séries TV continue à produire du contenu et elle n’a pas fait faillite malgré le piratage.

     

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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009 et vulgarisateur scientifique.

    Je m'intéresse à tous les sujets scientifiques allant de l'Archéologie à la Zoologie. Je ne suis pas un expert, mais j'essaie d'apporter mes avis éclairés sur de nombreux sujets scientifiques.

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