Madagascar : le kidnapping à Tamatave montre simplement les réalités du pays

L’affaire du kidnapping de Tamatave reflète parfaitement la corruption qui a gangrené toutes les institutions de Madagascar.


Le kidnapping d'Arnaud et Annie à Tamatave montre simplement la corruption généralisée de Madagascar

Un magistrat, deux policiers et un condamné à perpétuité sont concerné par l’affaire de kidnapping d’Arnaud et Annie à Tamatave. Mais ces personnes n’enquêtent pas sur le kidnapping, car elles sont impliqué dedans. Dans un autre pays, cela soulèverait la stupéfaction, mais c’est une banalité affligeante à . Comment un prisonnier, condamné à perpétuité dans la prison de Tsiafahy, a-t-il pu se retrouver en liberté et kidnapper tranquillement 2 enfants. Annie, âgée de 14 ans, a été torturée à mort tandis qu’Arnaud est encore entre les mains des ravisseurs. Mais les craintes sur sa vie sont croissantes puisque les kidnappeurs ont réduit leur rançon à 300 millions Ar (environ 100 000 euros) comparé au 1,5 millions d’euros dans la précédente demande. On espère que l’enfant est encore en vie, mais on a des raisons de s’inquiéter après une telle baisse de la somme.

Cette affaire de Kidnapping a fait la une des médias, mais tous les kidnappings à Madagascar sont similaires. Dans la mesure où il n’est pas étonnant que des éléments des forces de l’ordre ou de la justice soient impliqué dedans. La justice et la police sont totalement corrompus, mais c’est une corruption qui bénéficie énormément aux entreprises et aux trafics en tout genre. Mais ce kidnapping révèle une autre chose qu’on omet souvent de dire. Que la région SAVA est devenue une zone complète de non droit.

Le kidnapping s’est produit à Tamatave, mais le père des enfants est un opérateur de bois précieux. La filière de bois a été complètement infecté par le trafic de bois de rose qui a détruit la plupart des forêts dans cette partie du pays. La complicité du gouvernement dans ce trafic, pendant la période de la Transition, a crée une zone totalement illégale où ce sont les trafiquants qui font la loi. Au fil du temps, ils ont acquis suffisamment de puissance et d’influence pour défier le pouvoir en place que ce soit la police ou l’armée. On a permis à ce trafic de devenir un véritable cancer métastasé pour toute la région de la SAVA. Ensuite, on s’étonne que ces groupes mafieux se comportent comme des mafieux. Dans un environnement criminel, la cruauté et l’impunité font office de votes pour légitimer son pouvoir et pour envoyer des messages à ceux qui tenteraient de se mettre sur leur chemin.

Le kidnapping en lui-même titille la fibre émotionnelle des gens, mais ce n’est qu’un meurtre. Mais des meurtres se produisent chaque jour dans le pays. Antananarivo est considéré comme l’une des villes les plus dangereuses au monde derrière Mexico ou Mogadiscio, mais personne ne parle de ces meurtres commis chaque semaine. Le meurtre d’un enfant permet de rameuter la foule, mais si on ne résoud pas le problème à la base, à savoir, cette culture d’impunité qui perdure dans le pays depuis des décennies avec de nombreux opérateurs et entreprises impliqués, alors ce type d’affaire ne va pas seulement se reproduire, mais devenir aussi banale que la corruption. Il est également intéressant de voir de nombreux opérateurs, toutes catégories confondues, s’en prendre à toute la population. Sur les réseaux sociaux, on voit de nombreux messages xénophobes et haineux considérant les malgaches comme des animaux avides de sang. Etant donné que 2 personnes impliquées dans ce kidnapping sont d’origine étrangère, ces opérateurs devraient la ramener moins et balayer devant leur porte.

 

N'oubliez pas de voter pour cet article !
1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (No Ratings Yet)
Loading...
mm

Boubakar Nguema

Journaliste et réalisateur. Couvre principalement l'actualité africaine et panafricaine.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *