Madagascar : 10 noms dans les Panama Papers

Le groupe The International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ) vient de publier une base de données partielle sur les Panama Papers. Cette fois, on a 10 noms pour des personnes domiciliées ou qui l’étaient à Madagascar.


Les 10 noms dans Panama Papers pour Madagascar

L’ICIJ (The International Consortium of Investigative Journalists) vient de publier la base de données sur . La base n’est pas complète. a déjà été cité dans cette évasion fiscale massive, mais les médias locaux s’étaient concentrés sur Offshore Leaks qui date de 2002. Mais la base de Panama Papers contient bien 10 noms pour des personnes domiciliés ou qui l’étaient à une époque à Madagascar. Notons qu’il ne faut pas considérer ces noms comme des preuves d’une culpabilité quelconque, mais bien d’informer que ces personnes a utilisé des sociétés offshores à une époque. La plupart des sociétés offshore ont expiré, mais la navigation dans la base montre une toile de société-écran qui est assez impressionnante.

Les 10 noms dans les Panama Papers pour Madagascar

  • Ravatomanga Maminiaina
  • Mrs. Anne-Marie Rouge
  • Mr. Mohamedhoussen Goulamaly FAKRA
  • Mrs. Véronique ORTIZ ép. HOAREAU
  • M. Philippe HOAREAU
  • Gianfranco Toni
  • Amyne Hassam Ismail
  • Aziz Hassam Ismail
  • Raza-aly Hiridjee
  • Mr. Aziz Hassam Ismail

Il y a des noms qu’on peut écarter immédiatement. Anne-Marie Rouge est une actionnaire de Tamarin Investment Group. Cette dernière est enregistrée aux îles Vierges britanniques et elle possède des actionnaires à Chypre et au Chili. Cette dame ne semble avoir aucun lien avec Madagascar, mais il se pourrait qu’elle ait résidé dans le pays à une époque et qu’elle a créé des sociétés pour des activités tout à fait légitimes. Cependant, les entités sur Panama Papers sont évidemment des sociétés-écrans.

On peut dire la même chose pour Véronique ORTIZ et Philippe HOAREAU. Les 2 sont mariés et ils ont créé une société appelée A4DECO MARKETING qui n’a aucune trace connue dans le pays. Je ne pense pas que ces personnes soient coupables de quoi que ce soit sauf qu’ils ont pratiqué une évasion fiscale à une époque, mais on cherche toujours le lien avec Madagascar.

Mais le plat de résistance de cette liste est Ravatomanga Maminiaina qui est un homme d’affaires bien connu à Madagascar. Il est actionnaire d’une société-écran appelée ESSENTIAL TIME GROUP LIMITED qui est liée à la Villa Ramy Mandrosoa ivato – Ambohidratrimo. En sachant que Mr Ravatomanga possède bien une résidence dans ce quartier. La question se pose : Pourquoi utiliser une société incluse dans Panama Papers pour une simple résidence ? On a également un lien avec M. Wong, Chi Tak Brence qui a créé la société Essential Time et quand on voit le parcours de ce monsieur, on voit qu’il est à l’origine de près de 12 sociétés-écrans qui font des affaires en Asie. Ensuite, on a Amyne Hassam Ismail, Aziz Hassam Ismail, Razaly Hiridjee, Mr. Aziz Hassam Ismail. Ils possèdent aussi des sociétés et des montages financiers, mais la plupart se sont étalés de 2000 à 2005. Que ce soit Amyne Hassam Ismail pour une société appelée Ergia Limited ou Raz-aly Hiridjee pour une entité appelée Bisara International, la plupart des entreprises ne sont plus en activité.

Si on regarde l’époque 2000 à 2005, on se rend compte qu’elle a lieu pendant le régime Ravalomanana où la pression fiscale était très forte sur les entreprises. On peut penser que ces personnes aient voulu recourir à une société offshore pour éviter de payer les taxes. Mais on voit également un enchevêtrement de sociétés qui prouve des montages financiers extrêmement opaques et où les différentes entités économiques se connaissent et s’entraide parfaitement entre eux.

Le cas de Galana Madagascar et des autres sociétés

Toutefois, ces sociétés-écrans ne sont pas liées à des entreprises locales, mais elles servent surtout à éviter les formalités administratives. Est-ce qu’il y a eu des pertes pour les caisses de l’Etat ? Difficile à dire sans une analyse approfondie et des déclarations des intéressés pour éclaircir les zones d’ombre. Mais le cas de Galana Madagascar est une autre histoire. C’est l’un des opérateurs pétroliers qui est présent dans le pas et il est toujours en activité. Notons que Galana Madagascar n’est pas cité dans Panama Papers, mais dans Offshore Leaks. Comment une entreprise qui réalise des bénéfices monstrueux à Madagascar peut-elle créer tranquillement une société offshore si ce n’est pour pratiquer de l’évasion fiscale ? Galana Madagascar a eu le malheur d’être attrapé dans cette fuite, mais c’est le cas de nombreuses multinationales.

Et pendant ce temps, l’Etat s’acharne fiscalement sur les petites entreprises et les marchands d’Anosibe plutôt que de chercher l’argent dans les caisses des grosses entreprises internationales. Ces entreprises rivalisent d’imagination pour échapper aux impôts. Madagascar est confronté à de nombreux problèmes, mais tant qu’on ne réglera pas celui de l’impunité des multinationales, le pays sera toujours vulnérable aux crises cycliques.

Note : Nous encourageons les personnes citées à nous expliquer pourquoi des personnes résidant à Madagascar auraient besoin d’une société dans les Îles Vierges Britanniques et nous publierons leur droit de réponse dans les commentaires ou en l’ajoutant dans l’article.

 

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Boubakar Nguema

Journaliste et réalisateur. Couvre principalement l'actualité africaine et panafricaine.

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