Des moustiques génétiquement modifiés pour combattre le paludisme

Des moustiques ont été génétiquement modifiés pour résister au parasite du paludisme. Cela permettra d’éradiquer le paludisme dans certaines régions une bonne fois pour toutes.


Des moustiques génétiquement modifiés pour combattre le paludisme

Les humains contractent le via des moustiques qui sont infectés par des parasites de type Plasmodium. De précédents travaux avaient démontré qu’on pouvait modifier génétiquement des moustiques pour qu’ils rejettent le parasite P. falciparum. Mais les chercheurs ne pouvaient pas garantir que les gènes résistants allaient se propager dans toute la population. Dans des travaux publiés dans Proceedings of the National Academy of Sciences, des chercheurs ont utilisé une méthode controversée appelée Gene Drive pour s’assurer que les moustiques OGM passent bien leurs gènes résistants à leurs portées. Le résultat ? Un gène qui pourrait se propager dans la population sauvage de manière foudroyante.

Des moustiques OGM qui combattent le parasite du paludisme

Ces travaux suggèrent que nous sommes très proches de créer des candidats de Gene Drive qu’on pourra utiliser dans notre vie quotidienne selon Kevin Esvelt, un ingénieur évolutionnaire à l’université d’Harvard qui étudie le Gene Drive dans la levure et les nématodes. Pour Anthony James, un biologiste moléculaire de l’université de Californie et l’un des auteurs du papier, ce progrès pourrait signifier la fin d’une quête de 30 ans pour éradiquer totalement le paludisme.

James et son laboratoire ont minutieusement construit des outils moléculaires pour atteindre cet objectif. Ils ont développé des techniques pour créer des moustiques transgéniques, qui est déjà un exploit et ils ont isolé les gènes qui confèrent une résistance au P. falciparum. Mais James avait un problème pour propager les gènes à grande échelle.

La création d’un Gene Drive existe depuis une décennie, mais le processus est d’une lenteur monumentale. Mais en janvier 2015, les biologistes du développement Ethan Bier et Valentino Gantz de l’université de Californie ont contacté James avec une découverte stupéfiante. Ils avaient créé un Gene Drive dans des mouches à fruits et ils se demandaient si le même système pourrait fonctionner dans les moustiques. James s’est jeté sur cette opportunité.

Le CRISPR-Cas9 monte en puissance

Bier et Gantz ont utilisé un système de modification de gène appelé CRISPR-Cas9 pour créer un Gene drive. Ils ont inséré des composants, permettant d’encoder les gènes, qui étaient conçus pour provoquer une mutation spécifique dans les mouches à fruits. Le système CRISPR-Cas9 a copié cette mutation d’un chromosome à l’autre. James a utilisé ce système dans les moustiques pour introduire 2 gènes qui étaient résistants au paludisme.

Les moustiques génétiquement modifiés ont passé les gènes résistants à 99 % de leur portée. Ils n’ont pas encore démontré que tous les insectes étaient résistants au parasite de la , mais ils ont démontré que la portée avait bien les gènes modifiés. C’est un développement significatif selon Kenneth Oye, un scientifique politique qui analyse les études émergentes au MIT. Les choses évoluent à toute vitesse dans ce secteur.

Le Gene Drive, une modification génétique très controversé

D’autres équipes développent des Gene Drives qui pourraient contrôler le paludisme. Une équipe de l’Imperial College London a développé un Gene Drive basé sur le CRISPR pour l’A. gambiae. Ce dernier est une espèce de moustique qui transmet le paludisme en Afrique subsaharienne. Le Gene Drive du groupe désactive les gènes qui sont impliqués dans la production d’oeufs chez les moustiques femelles. Et cette technique permet de réduire la population des moustiques. Mais Oye note que ces avancées technologiques surpassent déjà les législations en vigueur pour utiliser le Gene Drive afin de modifier des populations entières. Et les Genes Drives sont controversés parce qu’ils peuvent modifier tout un écosystème à la vitesse de l’éclair.

Avant de se précipiter sur le Gene Drive dans ce domaine, Oye espère que les chercheurs vont étudier les impacts sur le long terme tel que leur stabilité et le risque que les gènes se transmettent à d’autres espèces sans oublier les méthodes de contrôle. Pour leurs travaux de moustique génétiquement modifié, les chercheurs ont utilisé une espèce de moustique provenant du sous-continent indien. De cette manière, si le moustique OGM s’échappait du laboratoire, alors les dégâts seraient très réduits puisqu’il ne pourrait jamais se reproduire avec les espèces natives du continent américain selon Esvelt. James prédit qu’il leur faudra un an pour préparer les moustiques pour des tests sur le terrain, mais il n’y a aucune urgence pour le moment. Il ajoute : On ne va rien faire tant qu’on ne pourra pas gérer et contrôler entièrement le processus. On ne va rien faire d’insensé.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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