Pas de patient zéro pour le VIH aux États-Unis

Le nom de Gaëtan Dugas a été finalement blanchi. Jusqu’à présent, on considérait que cet homme était celui qui avait amené le VIH aux États-Unis. Une étude génétique révèle que des souches du virus circulaient depuis longtemps aux Amériques.



Une étude génétique des virus du datant des années 1970 va finalement blanchir le nom de qui a été identifié comme la source de l’épidémie du VIH aux États-Unis. Le VIH est apparu à New York City de 1963 à 1973 et c’était des années avant que le en la personne de Dugas soit identifié. En utilisant des techniques pour déchiffrer de l’ADN endommagé provenant de fossiles, les chercheurs ont reconstruit les instructions génétiques de 8 virus du VIH provenant d’échantillons sanguins collectés de 1978 à 1979 à New York City et San Francisco. L’ADN viral était tellement varié sur le plan génétique que les virus ont dû circuler dans ces villes depuis des années.

Les chercheurs estiment que le virus a débarqué aux États-Unis en 1970 ou 1971. Et donc, le VIH s’est propagé une décennie avant que le soit reconnu en 1981 et qu’on comprenne qu’il est provoqué par un rétrovirus en 1983. En examinant les relations, entre les virus de VIH de New York et San Francisco a permis aux chercheurs de retracer le chemin du virus. Les 8 échantillons américains proviennent de la même branche que celle qui a sévi aux Caraibes. Cela suggère que le VIH s’est propagé de l’Afrique vers les Caraibes avant de venir aux États-Unis. Les échantillons de New York étaient plus variés et cela suggère que cette ville était un centre précoce du VIH avant d’aller vers San Francisco.

Le nom Gaëtan Dugas a été finalement blanchi. Jusqu'à présent, on considérait que cet homme était celui qui avait amené le VIH aux États-Unis. Une étude génétique révèle que des souches du virus circulaient depuis longtemps aux Amériques.

La carte de la propagation du VIH aux Amériques – Crédit : M. WOROBEY ET AL/NATURE 2016

Les chercheurs ont également examiné l’ADN du VIH du patient zéro. Connu également comme le cas 57, celui-ci faisait partie d’une étude d’hommes gays contaminés par le SIDA à Los Angeles. Cette étude concernait un cancer rare connu comme le Sarcome de Kaposi et de la Pneumocystis carinii qui sont les 2 complications de la maladie. Les chercheurs du CDC avaient établi que de nombreux de ces hommes avaient des relations sexuelles ce qui avait permis de déterminer que le VIH était sexuellement transmissible.

Les origines de Gaëtan Dugas comme le patient zéro

Une étude de 1984 avait considéré que ce cas 57 était l’épicentre d’un ensemble des cas du SIDA. Dans cet ensemble, les hommes avaient eu des contacts sexuels les uns avec les autres. En désignant Dugas comme un épicentre, cela a permis de propager la croyance qu’il était celui qui avait amené le VIH/SIDA aux États-Unis. Cependant, les auteurs de l’étude de 1984 avaient nié à plusieurs reprises que Dugas était le responsable, mais cette croyance a beaucoup persisté dans l’esprit du public.

Le nom Gaëtan Dugas a été finalement blanchi. Jusqu'à présent, on considérait que cet homme était celui qui avait amené le VIH aux États-Unis. Une étude génétique révèle que des souches du virus circulaient depuis longtemps aux Amériques.

Gaëtan Dugas

L’étude de 1984 n’avait pas donné le nom de Gaëtan Dugas. Mais dans un livre intitulé And the Band Played On écrit par Randy Shilts, l’auteur a nommé le patient Zéro comme étant Gaëtan Dugas qui était un Steward de la compagnie Air Canada. Dugas est devenu un steward en 1974 et il a commencé à voyager vers les États-Unis. Dugas avait estimé qu’il avait eu 250 partenaires sexuels mal à chaque année de 1979 et 1981. Shilts avait enfoncé le clou dans son livre en suggérant que Dugas transmettait intentionnellement le virus aux autres même si Dugas souffrait d’un sarcome de Kaposi et qu’à cette époque, on ne connaissait pas encore le SIDA ou même que cette maladie était provoquée par un virus. Le nom de Gaëtan Dugas reflète les accusations contre la communauté gay dans une époque où le virus avait provoqué la panique dans le monde. Mais ces nouvelles conclusions doivent être un message d’avertissement sur le fait qu’on ne doit jamais imputer la propagation d’une maladie à une seule personne.

Source : Revue Nature

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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