Tabagisme : Un milliard de fumeurs au niveau mondial

La prévalence du tabagisme a baissé au niveau mondial, mais il y a toujours 1 milliard de fumeurs au quotidien avec 1 homme sur 4 qui fume tandis que c’est 1 femme sur 20 qui a besoin de sa bouffée de nicotine.


Le tabagisme a baissé au niveau mondial, mais il y a toujours 1 milliard de fumeurs au quotidien avec 1 homme sur 4 qui fume tandis que c'est 1 femme sur 20 qui a besoin de sa bouffée de nicotine.

Dans une nouvelle analyse de l’étude Global Burden of Disease publiée dans la revue The Lancet, les auteurs ont découvert que la prévalence du quotidien a baissé au niveau global avec une baisse de 28 % pour les hommes et une baisse de 34 % pour les femmes de 1990 à 2015.1

Mais si la prévalence du tabagisme baisse, le nombre de fumeurs annuels continue d’augmenter à cause de l’augmentation de la population. En 2015, il y avait 933 millions de fumeurs quotidiens. Les contrôles sur le tabagisme ont permis de réduire cette habitude au niveau mondial selon la Dre Emmanuela Gakidou, professeure à l’université de Washington à Seattle. Mais l’augmentation du nombre de fumeurs montre que ce n’est pas suffisant et que cette augmentation surpasse largement la baisse de la prévalence.

L’Inde et la Chine enregistrent des records sur le nombre de fumeurs

Les 3 pays, ayant le plus de fumeurs en 2015, comptent pour la moitié de tous les fumeurs au niveau mondial. On a la Chine avec 254 millions de fumeurs, l’Inde avec 91 millions et l’Indonésie avec 50 millions. Les 3 pays avec le plus de fumeuses en 2015 comptent pour 25 % de tous les fumeuses au niveau mondial. On a les États-Unis avec 17 millions de fumeuses, la Chine avec 14 millions et l’Inde avec 13,5 millions. Ces résultats suggèrent que ce nouveau regain du tabagisme se concentre sur des zones géographiques, mais que cette concentration est moins importante pour les femmes. Ce n’est pas une bonne nouvelle, car cela indique que de plus en plus de femmes se mettent à la clope dans la plupart des pays. Le WHO Framework Convention for Tobacco Control (WHO FCTC) est un programme de l’OMS pour inciter les gouvernements à prendre des mesures pour réduire le tabagisme. Plus de 187 pays ont accepté de respecter les directives du programme.

Ainsi, l’Inde a enregistré des réductions notables sur le tabagisme. Faisant partie du WHO FCTC depuis 2005, le pays a instauré des mesures telles que l’interdiction de fumer dans les bureaux et les places publiques, l’interdiction de la publicité sur le et la nécessité de mettre des images dissuasives de l’impact sur la santé qui couvre 80 % de l’emballage des paquets de cigarettes.
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Les femmes fument de plus en plus

Avec l’instauration des mesures, l’Inde a subi des baisses considérables sur le tabagisme à hauteur de 3 % de 2005 à 2015. Mais encore une fois, les femmes sont de mauvaises élèves, car si elles ne fumaient pas dans les années 1990 avec seulement 1 %, on a une augmentation à 2 % de 2005 à 2015. De plus, ces chiffres n’incluent pas la pratique du qui est très populaire en Inde. Le Brésil est le meilleur élève sur la lutte contre le tabagisme avec une baisse de 57 % pour les hommes et 56 % pour les femmes depuis les années 1990. On a les mesures habituelles, mais également des taxes élevées sur les cigarettes.

On ne peut pas lutter contre le tabagisme sans prendre en compte les critères qui incitent au tabagisme tel que la pauvreté, la précarité et le niveau de vie. Les auteurs ont donc examiné ces critères d’incitation au tabagisme et les résultats montrent que la plus forte prévalence pour les hommes concerne les pays pauvres ou émergents. Toutefois, ce n’est pas parce qu’on est pauvre qu’on fume, car la plus forte prévalence du tabagisme chez les femmes se trouvait dans les pays les plus riches.

Concernant l’âge, on a une prévalence du tabagisme de 25 à 35 ans, mais les femmes peuvent commencer à fumer dès leur plus jeune âge, mais on a aussi des fumeuses qui commencent cette « carrière » à plus de 40 ans. Le point intéressant est que les pays les plus pauvres ont une très faible prévalence au tabagisme. Mais ce n’est pas que ces personnes sont devenues plus « sages », car le poids des couts de soin est devenu tellement énorme dans ces pays que ces personnes ne peuvent même plus accéder aux soins basiques et qu’ils sont obligés de quitter le tabagisme par la force alors qu’un financement des pays riches permettrait de créer des programmes pour aider les fumeurs.

Sans de nouvelles mesures, on aura environ 1 milliard de morts lié au tabagisme pour ce siècle selon Matthew L. Myers, président de la Campaign for Tobacco-Free Kids. Et si on ne fait rien, alors on aura près de 80 % de morts liés au tabagisme dans les pays pauvres et à moyen revenu à l’horizon 2030. Plus de 11 % des morts en 2015 étaient liés au tabagisme avec 6,4 millions de décès. La moitié de ces morts liés au tabagisme s’est produite dans 4 pays avec la Chine, l’Inde, les États-Unis et la Russie. Sans oublier que le tabagisme provoque une augmentation des couts de soin avec des maladies cardiovasculaires (41 %), les cancers (28 %) et les maladies respiratoires chroniques (21 %).

Les pays avec le plus grand nombre de morts liés au tabagisme

  1. Chine (1,8 million)
  2. Inde (743 000)
  3. USA (472 000)
  4. Russie (283 000)
  5. Indonésie (180 000)
  6. Japon (166 000)
  7. Bangladesh (153 000)
  8. Brésil (149 000)
  9. Allemagne (130 000)
  10. Pakistan (124 000)

Les pays avec la plus forte prévalence de fumeurs

  1. Kiribati (Un pays en Océanie) (48 %)
  2. Indonésie (47 %)
  3. Laos (47 %)
  4. Îles Mariannes du Nord (fait partie de l’archipel des Mariannes dans le Pacifique) (46 %)
  5. Arménie (43 %)
  6. Groenland (43 %)
  7. Belarus (42 %)
  8. Ukraine (41 %)
  9. Azerbaïdjan (40 %)
  10. Timor oriental (40 %)

Les pays avec la plus forte prévalence de fumeuses

  1. Groenland (44 %)
  2. Bulgarie (28 %)
  3. Grèce (27 %)
  4. Monténégro (26 %)
  5. Croatie (26 %)
  6. Îles Mariannes du Nord (25 %)
  7. Kiribati (25 %)
  8. Macédoine (23 %)
  9. Hongrie (23 %)
  10. Autriche (23 %)

Sources

1.
Reitsma MB, Fullman N, Ng M, et al. Smoking prevalence and attributable disease burden in 195 countries and territories, 1990–2015: a systematic analysis from the Global Burden of Disease Study 2015. The Lancet. April 2017. doi: 10.1016/s0140-6736(17)30819-x [Source]

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

1 réponse

  1. trodpez dit :

    Ca viendrait pas a l’idée a ces « génies » que la cause ce pourrait être plutôt la vraie pollution? Le mélange poussieres et vapeurs de carburant gras, habiter a coté des periphériques, des autoroutes au goudron lourd qui sont autant de gigantesques ballafres dans la nature, etc.. Non, c’est la cigarette… Pourtant les stats que vous montrez ne revelent pas cette causalité. Elle révelent que les pays les plus pollués ‘chine’ en premier son les premiers atteints de cancer. Le vrai probleme de notre politique de santé, c’est que c’est une politique de santé spectacle. Les fumeurs font chier, on veut pas de leurs mégots, alors on va leur mettre tous les cancers du monde sur le dos. C’est aussi pour ca entre nombre d’autres déviances politiques qu’il faut commencer par faire le ménage la ou il faut, chez nos politiques, si on en veut une un peu plus « vraie » de politique de santé. Cordialement.

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