mercredi , 25 avril 2018

Un déclin continu du sperme chez les Occidentaux

Une méta-analyse suggère que la concentration de sperme chez les hommes en Amérique du Nord, en Europe, en Australie a subi une baisse de 50 % en l’espace de 40 ans.


Un déclin continu du sperme chez les Occidentaux
Dans la première revue systématique et méta-analyse des tendances du nombre de spermatozoïdes, les chercheurs de l’Université hébraïque Hadassah Braun et de la Faculté de médecine d’Icahn rapportent un déclin significatif de la concentration de sperme et du nombre total de spermatozoïdes parmi les hommes des pays occidentaux. L’étude est publiée dans Human Update Reproduction.

En examinant 7 500 études et en effectuant une analyse de méta-régression sur 185 études entre 1973 et 2011, les chercheurs ont constaté une baisse de 52,4 % de la concentration de sperme et une baisse de 59,3 % du nombre total de spermatozoïdes chez les hommes d’Amérique du Nord, d’Europe, d’Australie et de Nouvelle-Zélande qui n’ont pas été sélectionnés en fonction de leur statut de fécondité. En revanche, aucun déclin significatif n’a été observé en Amérique du Sud, en Asie et en Afrique, mais il y a eu moins d’études de ce genre dans ces pays.

L’étude indique également que le taux de déclin chez les hommes occidentaux continue d’augmenter. Et cette augmentation est soutenue et significative même lorsque les chercheurs ont limité leur analyse aux études avec des échantillons entre 1996 et 2011.

Même si on sait qu’il y a une diminution du nombre de spermatozoïdes depuis 1992, la question reste controversée en raison des limites des études précédentes. Cependant, l’étude actuelle utilise une portée plus large et des méthodes rigoureuses de méta-régression en abordant prudemment la fiabilité des estimations de l’étude et des contrôles pour des facteurs qui pourraient aider à expliquer le déclin, comme l’âge, le temps d’abstinence et le choix de la population étudiée. Parmi les controverses, on avait le fait que l’échantillon de certaines études concernait des hommes qui provenaient de cliniques de traitement contre l’infertilité. Étant donné que seuls les hommes ayant un problème de stérilité vont consulter dans ces cliniques, alors il était normal de voir une baisse de la concentration du sperme. Mais cette méta-analyse permet de réduire le biais d’échantillon grâce à son nombre conséquent d’études.

Compte tenu de l’importance du nombre de spermatozoïdes pour la fertilité masculine et la santé humaine, cette étude est un appel urgent pour les chercheurs et les autorités sanitaires du monde entier pour enquêter sur les causes de la forte baisse continue du nombre de spermatozoïdes selon le Dr Hagai Levine, l’auteur principal du papier.

Les découvertes ont d’importantes implications pour la santé publique. En premier lieu, ces données démontrent que la proportion d’hommes, dont le nombre de spermatozoïdes est inférieur au seuil de sousfertilité ou de stérilité, continue d’augmenter. De plus, compte tenu des résultats des études récentes, la réduction du nombre de spermatozoïdes est liée à une augmentation de la morbidité et de la mortalité et le déclin en cours souligne de graves risques pour la fertilité et la santé masculines.



La diminution du nombre de spermatozoïdes a été très préoccupante depuis sa publication il y a vingt-cinq ans. Cette étude montre, pour la première fois, que cette baisse est forte et continue. Le fait que le déclin est observé dans les pays occidentaux suggère fortement que les produits chimiques dans le commerce jouent un rôle causal dans cette tendance selon le Dr Shanna H Swan, professeur au Département de médecine de l’environnement et de santé publique de l’École de médecine Icahn du mont Sinaï à New York.

Même si l’étude actuelle n’a pas examiné les causes des déclins observés, le nombre de spermatozoïdes a déjà été plausiblement associé à des influences environnementales et de style de vie incluant l’exposition chimique prénatale, l’exposition aux pesticides à l’âge adulte, le tabagisme, le stress et l’obésité. Par conséquent, le nombre de spermatozoïdes peut refléter sensiblement l’impact de l’environnement moderne sur la santé masculine tout au long de la vie et servir de signal d’alarme sur des risques plus larges pour la santé masculine.

Source : Human Reproduction Update (http://dx.doi.org/10.1093/humupd/dmx022)

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A propos de Jacqueline Charpentier

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Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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