Le handicap et la mythologie surnaturelle en Afrique


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  • La confrontation directe avec un handicap pourrait mettre fin à la mythologie surnaturelle en Afrique. Mais les vieux mythes ont la vie dure.


    La confrontation directe avec un handicap pourrait mettre fin à la mythologie surnaturelle en Afrique. Mais les vieux mythes ont la vie dure.

    De nombreuses personnes dans les communautés rurales africaines croient toujours que le handicap est provoqué par des forces surnaturelles, des malédictions et des châtiments divins pour des actes répréhensibles selon une recherche de l’Université d’East Anglia. La qui en résulte provoque de la négligence et des abus envers les personnes handicapées. On signale ainsi des abus sexuels chez 90 % des personnes ayant des difficultés d’apprentissage.

    De nombreux enfants handicapés sont gardés enfermés à la maison pour leur propre sécurité. Mais plus les communautés sont en contact avec le handicap et plus les mythes disparaissent pour être remplacés par la compréhension et la sensibilisation. Dans le même temps, les explications médicales pour le handicap commencent à émerger avec un nombre croissant de familles à la recherche de conseils médicaux pour les enfants handicapés plutôt que de consulter un sorcier.

    Le projet Pre-Call (un projet qui utilise des histoires personnelles pour changer les visions superstitieuses envers les handicapés) a été mis en place au Kenya pour promouvoir la sensibilisation aux personnes handicapées dans les petites communautés d’une région rurale du Kenya en encourageant un processus de réflexion et d’éducation. L’équipe de recherche de l’Institut de recherche médicale du Kenya (KEMRI) a mené des groupes de discussion pour savoir comment les croyances et les connaissances culturelles permettent aux gens de comprendre le handicap.

    Les discussions portaient sur 21 groupes communautaires situés dans les 5 circonscriptions du comté de Kilifi allant de la côte de l’océan Indien et s’étendant dans l’intérieur rural. Au total, 263 participants ont été impliqués qui croyaient au christianisme (70 %), dans les pratiques religieuses traditionnelles (20 %) et l’islam (10 %). La chercheuse principale, le Dr Karen Bunning de l’ des sciences de la santé de l’UEA, a déclaré : L’information sur les causes médicales du handicap chez les enfants n’est pas largement disponible dans les communautés dans les pays à faible revenu et la compréhension est généralement médiocre.

    Par exemple en Namibie, l’albinisme est expliqué par le fait que la mère a eu des rapports sexuels avec un homme blanc ou un fantôme. Et en Guinée-Bissau, l’épilepsie est généralement considérée comme étant provoquée par des esprits maléfiques ou parfois comme un châtiment divin pour des actes répréhensibles. Nous avons constaté que le handicap est souvent expliqué par des choses comme des affaires conjugales invoquant une malédiction, la sorcellerie, des forces surnaturelles telles que des démons ou des fantômes affectant l’enfant et la volonté de Dieu.

    La courbure de la colonne vertébrale ou des membres représentaient les effets d’une malédiction et la production abondante de salive était associée aux démons ou un revenu illégal. Les différentes explications représentent un véritable mélange de croyances traditionnelles, religieuses et biomédicales selon la chercheuse. Et même si les facteurs biomédicaux tels que les maladies héréditaires ou les soins prénatals sont de plus en plus présents, ces explications ne suffisent pas pour exclure d’autres explications basées sur la culture.

    Les résultats révèlent que sous toutes ces explications, il y a un désir de donner un sens au handicap, notamment pour les personnes soignantes afin d’améliorer la situation. Une explication par un acte répréhensible ou la présence d’une force maléfique pourrait entraîner une visite chez un sorcier local, mais si on donne une vraie explication médicale, alors les populations sont plus enclines à aller dans un centre médical.

    Le projet a également examiné les défis auxquels sont confrontés les personnes handicapées et leurs soignants. Selon le Dr Bunning : On observe que ces types de croyances culturelles affectent la façon dont les personnes handicapées se voient et comment ils sont perçus par les autres. L’explication de l’état de l’enfant par une force maléfique, par les démons, par les esprits malins et par la sorcellerie contribue à considérer le handicap à la fois comme étant indésirable et inacceptable.

    Les personnes handicapées en Afrique ont un faible accès aux soins de santé, à une faible fréquentation scolaire, à des emplois limités et à des salaires de misère. Des conséquences extrêmes incluent la négligence et les abus. On a observé des abus sexuels à un moment donné dans la vie de 90 % de la population ayant des difficultés d’apprentissage. Les personnes ayant des difficultés de communication présentent un risque élevé parce qu’elles peuvent difficilement signaler un abus.

    Nous avons constaté que les enfants handicapés sont souvent séparés de la communauté locale dans des environnements restreints ce qui contribue à augmenter la distance sociale. Même si dans de nombreux cas, cet isolement sert à les protéger contre les abus et à les garder en sécurité. Le fardeau de la prise en charge pour la famille, qui possède des membres handicapés, provoque également une par association selon la chercheuse. Et la associée aux personnes handicapées est si grande qu’elle s’étend à toute personne qui essaie d’aider. L’implication étant que toute personne qui offre de l’aide pourrait donner à un enfant handicapé.

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    Jacqueline Charpentier

    Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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