Aide au suicide : Un Non ferme de l’American College of Physicians

L’American College of Physicians (ACP) maintient son opposition ferme à l’aide au suicide qui consiste à la légalisation du suicide assisté par un médecin. L’ACP estime que les arguments pour le contre sont beaucoup plus convaincants et qu’il faut améliorer l’accès aux soins palliatifs. L’aide au suicide est différent de l’euthanasie.


L'American College of Physicians (ACP) maintient son opposition ferme à l'aide au suicide qui consiste à la légalisation du suicide assisté par un médecin. L'ACP estime que les arguments pour le contre sont beaucoup plus convaincants et qu'il faut améliorer l'accès aux soins palliatifs. L'aide au suicide est différent de l'euthanasie.

L’American College of Physicians (ACP) réaffirme son opposition à la légalisation du suicide assisté par un médecin () et à l’affirmation d’une responsabilité professionnelle pour améliorer les soins aux patients mourants. L’ACP cite les arguments éthiques et les préoccupations cliniques, politiques et juridiques pour ses positions. Le papier publié dans Annals of Internal Medicine et il est accompagné par 2 éditoriaux et une analyse connexe. 1

Malgré les arguments des partisans, l’ACP considère que les arguments contre l’aide au suicide par les médecins sont plus convaincants incluant celui qui estime que le suicide assisté modifie le rôle du médecin en tant que soignant et le rôle de la profession médicale dans la société. L’aide au suicide affecte également la confiance dans la relation entre le médecin et le patient. L’ACP affirme que l’accent mis sur la fin de la vie devrait être sur les efforts visant à prévenir ou à atténuer les souffrances et les besoins des patients et des familles. Une étude récente a révélé que 90 % des adultes américains ignoraient les détails sur les . Et quand on les a informés sur ces soins, alors plus de 90 % ont estimé qu’ils préféraient le soin palliatif pour eux ou pour les membres de leur famille s’ils étaient gravement malades. L’ACP souligne la nécessité d’améliorer les soins palliatifs incluant sur la sensibilisation et l’accès. Il est important de ne pas confondre l’aide au suicide et l’. Dans l’euthanasie, c’est le médecin qui déclenche la mort du patient tandis que dans l’aide au suicide, c’est le patient qui met volontairement à ses jours avec l’aide d’un médicament fourni par un médecin.

Comme indiqué dans le papier, l’éthique médicale et la loi soutiennent fortement le droit du patient à refuser le traitement incluant un traitement de survie. L’intention est d’éviter ou de retirer le traitement jugé par le patient comme excessivement lourd et incompatible avec ses objectifs et ses préférences en matière de santé. La mort suit naturellement après le refus de la maladie sous-jacente. La gestion de la douleur et des symptômes tels que la nausée à la fin de la vie est éthique même s’il y a un risque de réduction de l’espérance de vie, car l’intention est de soulager les symptômes.

L’ACP conseille aux médecins de discuter en profondeur des préoccupations et des raisons des patients pour les demandes d’aides au suicide. Le papier comporte une liste de 12 étapes que les médecins devraient suivre avec tous les patients qui approchent de la fin de leur vie. Il est peu probable que les demandes de suicide assisté par un médecin persistent si les patients bénéficient des soins de soutien appropriés et compatissants selon l’organisation.

Explorer les deux côtés du problème

Le papier est publié avec deux éditoriaux qui analysent les deux côtés de ce problème. Dans le premier éditorial, l’auteur principal Timothy E Quill du Centre médical de l’Université de Rochester soutient les étapes décrites dans le papier de l’ACP, mais le chercheur souligne la position rigide de l’ACP. 2 Cette opposition rigide au suicide assisté par un médecin pourrait être une occasion manquée d’éduquer les cliniciens et de connaître les meilleures pratiques pour les malades en phase terminale. Quill et ses co-auteurs estiment que si les demandes persistaient et que les souffrances inacceptables continuent, alors on devrait explorer toutes les options de dernier recours sur le plan juridique.

Dans le deuxième éditorial, William G. Kussmaul III soutient l’ACP dans sa démarche et salue sa clarté et son courage à l’égard du suicide assisté par un médecin. 3 Le Dr Kussmaul prend une position forte contre la pratique en estimant que l’aide au suicide est une “pente glissante” qui pourrait conduire à des abus comme on l’a vu aux Pays-Bas.

Le Death with Dignity Act en Oregon

Dans une analyse connexe, l’auteur principal Katrina Hedberg de la Division de la santé publique de l’Oregon traite de la Death with Dignity Act de l’Oregon qui a été la première loi à autoriser les médecins à prescrire des médicaments pour être auto-administrés par des patients en phase terminale pour accélérer leur décès. 4 L’analyse résume les types et le nombre de patients qui ont participé au suicide assisté par un médecin dans les 20 ans qui ont suivi la publication de la Loi. Les auteurs ont constaté que la participation est faible par rapport à tous les décès dans l’Oregon et que la plupart des participants avaient au moins une formation collégiale ce qui devrait atténuer les inquiétudes concernant les patients n’ayant pas d’éducation ou qui sont pauvres. Les auteurs ont également trouvé plusieurs processus en place pour protéger les patients contre les abus.

Sources

1.
Ethics and the Legalization of Physician-Assisted Suicide. Annals of Internal Medicine. http://annals.org/aim/article/doi/10.7326/M17-0938. Accessed September 18, 2017.
2.
Physician-assisted Suicide: Finding a Path Forward in a Changing Legal Environment. Annals of Internal Medicine. http://annals.org/aim/article/doi/10.7326/M17-2160. Accessed September 18, 2017.
3.
The Slippery Slope of Legalization of Physician-Assisted Suicide. Annals of Internal Medicine. http://annals.org/aim/article/doi/10.7326/M17-2072. Accessed September 18, 2017.
4.
Annals of Internal Medicine. Annals of Internal Medicine. http://annals.org/aim/article/doi/10.7326/M17-2300. Accessed September 18, 2017.
N'oubliez pas de voter pour cet article !
1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (1 votes, moyenne : 3,00 sur 5)
Loading...
mm

Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *