Des pistes pour détecter la violence conjugale grâce à la radiologie

Une étude suggère que les blessures liées à la violence conjugale et l’agression sexuelle ont des caractéristiques particulières. Et qu’on peut détecter ces caractéristiques dans des images de radiologie. Cela implique que les radiologues peuvent avoir des pistes sur une possible violence conjugale qui a pu passer entre les mailles du filet du diagnostic du médecin traitant.


Des images de radiologie d'une femme de 21 ans qui présentait une fracture de l'os nasal et un gonflement sur les tissus mous sur le coté gauche du visage. Une analyse des registres médicaux a révélé que 9 mois auparavant, le patient avait souffert d'une fracture du doigt, d'une fracture de la paroi interne de l'orbite gauche et des gonflements similaires sur le coté gauche du visage. Ces observations suggèrent une violence conjugale récurrente - Crédit : Elizabeth George, Brigham and Women's Hospital
Des images de radiologie d'une femme de 21 ans qui présentait une fracture de l'os nasal et un gonflement sur les tissus mous sur le coté gauche du visage. Une analyse des registres médicaux a révélé que 9 mois auparavant, le patient avait souffert d'une fracture du doigt, d'une fracture de la paroi interne de l'orbite gauche et des gonflements similaires sur le coté gauche du visage. Ces observations suggèrent une violence conjugale récurrente - Crédit : Elizabeth George, Brigham and Women's Hospital

Selon une étude présentée lors de la réunion annuelle de la Radiological Society of North America (RSNA), les signes radiologiques de blessures pourraient aider à identifier les victimes de la . Les radiologues doivent être conscients que la violence conjugale est un problème de santé publique commun selon Elizabeth George de l’hôpital Brigham and Women à Boston. Cela touche 1 femme sur 4 aux États-Unis.

La violence conjugale est un problème de santé publique

Les images médicales offrent parfois des indices précoces d’abus. En fait, le cas qui a inspiré le chercheur principal de l’étude, Bharti Khurana a impliqué une jeune femme arrivée aux urgences avec une grave du nez qui était superposé sur une guérie. En passant par des images médicales précédentes du patient sur le système d’archivage (PACS), le Dr Khurana a identifié une fracture récente du poignet. Ce type de blessure récurrente l’a amenée à exprimer sa suspicion de violence conjugale et c’est une conclusion que le médecin traitant n’avait initialement pas soupçonnée.

Cela nous a également permis de communiquer avec certains médecins et collègues de notre service des urgences qui travaillaient déjà sur les aspects cliniques et sociaux de ce problème selon le Dr Khurana. Nous avons continué à concevoir cette étude de recherche pour évaluer objectivement les résultats cliniques et radiologiques dans cette population.

Des images de radiologie d'une femme de 21 ans qui présentait une fracture de l'os nasal et un gonflement sur les tissus mous sur le coté gauche du visage. Une analyse des registres médicaux a révélé que 9 mois auparavant, le patient avait souffert d'une fracture du doigt, d'une fracture de la paroi interne de l'orbite gauche et des gonflements similaires sur le coté gauche du visage. Ces observations suggèrent une violence conjugale récurrente - Crédit : Elizabeth George, Brigham and Women's Hospital

Des images de radiologie d’une femme de 21 ans qui présentait une fracture de l’os nasal et un gonflement sur les tissus mous sur le coté gauche du visage. Une analyse des registres médicaux a révélé que 9 mois auparavant, le patient avait souffert d’une fracture du doigt, d’une fracture de la paroi interne de l’orbite gauche et des gonflements similaires sur le coté gauche du visage. Ces observations suggèrent une violence conjugale récurrente – Crédit : Elizabeth George, Brigham and Women’s Hospital

L’étude, qui a examiné les dossiers médicaux électroniques de patients référés aux programmes de violence conjugale et d’ de janvier à octobre 2016 a révélé des blessures caractéristiques chez les patients. Sur le plan radiologique, nous avons identifié des modèles courants de blessures telles que les blessures des tissus mous et les fractures des membres qui impliquaient souvent les extrémités supérieures distales en suggérant des blessures dues à des tentatives de défense selon le Dr George. Les fractures faciales, qui représentent une zone facilement accessible pour infliger des traumatismes, sont également des blessures fréquemment observées qui pourraient alerter les radiologistes sur la possibilité d’actes de violence commis par un partenaire intime.

La majorité des victimes sont des femmes et Afro-Américaines

La majorité des 87 victimes de violence conjugale étaient des femmes (95 %) et des Afro-Américaines (40 %) avec un âge moyen de 34,7 ans. Un total de 665 examens de radiologie ont été effectués dans cette population sur 5 ans. L’examen le plus couramment pratiqué était la radiographie pulmonaire suivie de l’échographie obstétricale et de la radiographie musculo-squelettique.

Des radiographies d'une femme de 76 ans qui présentait une perte de la vision droite après avoir été frappé par son mari. La patiente avait une fracture du plancher orbital droit et de la paroi de la maxillaire postéro-latérale ainsi qu'un hématome dans l'orbite droit - Crédit : Elizabeth George, Brigham and Women's Hospital

Des radiographies d’une femme de 76 ans qui présentait une perte de la vision droite après avoir été frappé par son mari. La patiente avait une fracture du plancher orbital droit et de la paroi de la maxillaire postéro-latérale ainsi qu’un hématome dans l’orbite droit – Crédit : Elizabeth George, Brigham and Women’s Hospital

Les 35 victimes d’agression sexuelle étaient plus jeunes (âge moyen de 27,3 ans), majoritairement des femmes (91 %) et Afro-Américaines (46 %). Un total de 109 examens de radiologie ont été effectués dans cette population sur 5 ans. L’examen le plus couramment pratiqué était la radiographie thoracique, suivie de la tomodensitométrie de la tête, de l’échographie pelvienne et de la radiographie musculo-squelettique. Il y avait moins de blessures traumatiques dans cette population.

Abus de drogue et SDF

Les victimes de violence conjugale étaient plus susceptibles d’être sans abri tandis que les victimes d’agression sexuelle étaient plus susceptibles de souffrir d’abus de drogues illicites. Nos résultats pointent vers la nature complexe de ces situations sociales et la nécessité d’un programme d’intervention ciblé non seulement pour identifier, mais aussi intervenir dans les différents aspects de soins de ces patients selon le Dr Khurana.

En plus de fournir de l’information sur la présentation des blessures, les radiologistes ont accès à une mine de renseignements grâce aux PACS qui peuvent montrer des fractures antérieures liées à la violence. D’après le Dr Khurana, les fractures anciennes et cicatrisées semblent distinctes des fractures aiguës et elles peuvent être évidentes sous la forme d’un remodelage osseux, d’une déformation ou d’un épaississement osseux focal.

En salle d’urgence, la priorité est d’identifier les pathologies aiguës. En conséquence, les anciennes fractures ou les déformations liées aux fractures peuvent ne pas avoir une importance suffisante, mais la présence de fractures anciennes et aiguës peut être cruciale pour faire le diagnostic de la violence conjugale.

Les résultats suggérant un abus devraient déclencher une conversation entre le radiologue et le médecin traitant selon les chercheurs. Des communications supplémentaires avec le patient impliqueraient une équipe multidisciplinaire avec l’expérience et les ressources pour résoudre le problème.

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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