La guerre en Ukraine a aggravé la propagation du VIH

Une nouvelle analyse suggère que la guerre en Ukraine et le déplacement de millions de personnes ont provoqué une aggravation de l’épidémie du VIH. C’est une nouvelle étude qui vient confirmer la preuve que les événements géopolitiques sont souvent associés à de nouvelles épidémies du VIH.


Une nouvelle analyse suggère que la guerre en Ukraine et le déplacement de millions de personnes ont provoqué une aggravation de l'épidémie du VIH. C'est une nouvelle étude qui vient confirmer la preuve que les événements géopolitiques sont souvent associés à de nouvelles épidémies du VIH.

Les conflits en ont augmenté le risque d’épidémies de VIH dans tout le pays, car les personnes déplacées, qui étaient infectées par le , quittent les régions touchées par la guerre pour se diriger vers des zones à plus haut risque de transmission selon une nouvelle analyse. L’Ukraine, qui possède la plus forte prévalence du VIH en Europe, est en guerre depuis 2014 à la suite des troubles politiques dans le pays.

Le déplacement de millions de personnes est la principale cause

Une équipe internationale de scientifiques dirigée par l’Oxford University et le Public Health England (PHE) a analysé des séquences génétiques pour reconstruire les modèles de migration virale et ils ont découvert que le déplacement lié à la guerre de 1,7 million de personnes était associé à la propagation du VIH en Ukraine. Une prévalence élevée de comportements sexuels à risque a été les principaux récipients du virus.

La recherche est publiée dans la revue PNAS. L’auteure principale, Tetyana Vasylyeva, candidate au doctorat au département de zoologie de l’université d’Oxford, a déclaré : Dans un pays de 45 millions de personnes, on estime que 220 000 personnes sont infectées par le VIH qui est la prévalence la plus élevée en Europe. L’épidémie a commencé dans les années 1990 avec une augmentation explosive du nombre de nouvelles infections chez les consommateurs de drogues injectables, mais aujourd’hui, 70 à 80 % des nouvelles infections concernent des personnes hétérosexuelles qui ne s’injectent pas de drogues. C’est une épidémie silencieuse, car environ 50 % des personnes infectées par le VIH ne sont pas conscientes de leur statut infectieux et environ 40 % des personnes nouvellement diagnostiquées sont dans les derniers stades de la maladie.

La propagation du VIH associé à des événements géopolitiques

Dans cette étude, nous avons constaté que la migration du virus a augmenté rapidement et il suit un modèle vers l’ouest. Donetsk et Lugansk, 2 grandes villes de l’est de l’Ukraine, qui ne sont pas contrôlées par le gouvernement ukrainien depuis 2014, sont les principaux exportateurs du virus. Nous découvrons des preuves d’une redistribution spatiale des infections préexistantes plutôt que de nouvelles transmissions. En effet, le mouvement observé du virus dans des régions données était en corrélation avec le nombre de personnes déplacées infectées par le VIH qui se déplaçaient vers cette région.

Les résultats de l’étude, basés sur les données collectées entre 2012 et 2015, sont pertinents avec les travaux antérieurs sur la propagation du VIH dans le monde occidental. Ces travaux montraient qu’il y avait une corrélation forte avec des événements géopolitiques.

Le Dr Gkikas Magiorkinis de l’Université nationale et capodistrienne d’Athènes, a déclaré : Cette étude fournit des preuves que le déplacement des Ukrainiens pendant la guerre a été suivi par un risque accru de transmission du VIH. Notre analyse suggère que les services de réduction des risques devraient être renforcés afin d’empêcher une nouvelle transmission du VIH dans le pays et qu’un soutien international devrait être fourni pour prévenir une nouvelle tragédie potentielle de santé publique.

Un virus de plus en plus résistant aux médicaments de prévention

Nous avons également observé qu’en 2015, la prévalence de la résistance du virus aux médicaments pouvant être utilisés pour la prophylaxie pré-exposition (PreP) était de 34 % ce qui semble beaucoup plus élevé que dans d’autres pays européens. Le PreP est un traitement médicamenteux qui peut prévenir l’infection par le VIH chez les personnes qui sont exposées à un risque important et qui est une stratégie de santé publique importante pour contrôler la propagation du VIH. Nos résultats suggèrent qu’en Ukraine, cette méthode pourrait être compromise dans un proche avenir. Des travaux supplémentaires sont nécessaires pour confirmer cette inquiétante observation préliminaire.

Le Dr Jonathan Pearce, responsable des maladies infectieuses et immunitaires au MRC, a déclaré : Les études, qui mettent en lumière la propagation d’une maladie, sont importantes pour permettre le développement de stratégies de prévention efficaces. Dans cet exemple, nous voyons comment le déplacement de personnes à la suite d’une catastrophe provoquée par la guerre contribue à la propagation accrue du VIH en Ukraine. Cette compréhension aidera les responsables à façonner les pratiques de santé publique pour mieux gérer et prévenir l’infection par le VIH.

Tetyana Vasylyeva a ajouté : La guerre et la migration interne en Ukraine ont créé une situation épidémiologique inquiétante. Les nouvelles souches du VIH pourraient se déplacer plus rapidement vers les régions où les conditions de transmission sont les plus appropriées. Il est crucial d’améliorer le travail pour permettre le bon fonctionnement des services de traitement et de prévention dans les régions occupées. Les personnes récemment relocalisées devraient être reliées aux services de prise en charge et de réduction des risques et les ONG et les établissements médicaux doivent bénéficier d’un soutien supplémentaire pour surveiller et prévenir les épidémies locales dans les régions du centre et du sud de l’Ukraine.

N'oubliez pas de voter pour cet article !
1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (1 votes, average: 5,00 out of 5)
Loading...

Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *