jeudi , 17 août 2017

Découverte des premiers mammifères ailés du Jurassique

Les chercheurs rapportent la découverte de Maiopatagium furculiferum et Vilevolodon diplomylos qui sont les premiers mammifères ailés du Jurassique. Ce sont également les premiers planeurs parmi les mammifères.


Découverte des premiers mammifères ailés du Jurassique
Crédit : April I. Neander/UChicago
Deux fossiles de mammifères de 160 millions d’années découverts en Chine montrent que les précurseurs des mammifères de la période jurassique ont évolué pour planer et vivre dans les arbres. Avec des membres et des doigts longs de la main et du pied ainsi que des membranes en forme d’aile pour faire du vol plané d’arbre en arbre, Maiopatagium furculiferum et Vilevolodon diplomylos sont les plus anciens planeurs connus dans la longue histoire des premiers mammifères.

Les nouvelles découvertes suggèrent que le vol a évolué chez les ancêtres de mammifères 100 millions d’années plus tôt que les premiers mammifères modernes volants. Les fossiles sont décrits dans 2 papiers publiés dans Nature par une équipe internationale de scientifiques de l’Université de Chicago et du Musée d’histoire naturelle de Pékin.

Ces mammifères jurassiques sont vraiment les premiers planeurs selon Zhe-Xi Luo, professeur de biologie et d’anatomie à l’Université de Chicago et auteur sur les deux papiers. D’une certaine manière, ils ont obtenu les premières ailes parmi tous les mammifères. Avec tous les nouveaux fossiles de mammifères de l’époque des dinosaures, nous continuons d’être surpris par la diversité des précurseurs de mammifères dans l’alimentation et les adaptations locomotrices. Les fondations pour la diversification réussie des mammifères modernes existent depuis très longtemps selon ce chercheur.

Des adaptations en anatomie, dans le mode de vie et l’alimentation

Le vol plané est l’une des nombreuses adaptations remarquables chez les mammifères. La plupart des mammifères vivent sur terre, mais les mammifères volants incluant les écureuils volants et les chauves-souris ont fait une transition importante entre les habitats terrestres et aériens. La possibilité de planer entre les arbres a permis aux anciens animaux de trouver des aliments inaccessibles à d’autres animaux terrestres. Même aujourd’hui, on peut encore observer cet avantage évolutif chez les mammifères comme les écureuils volants en Amérique du Nord et en Asie, les Anomalures aptères d’Afrique, les Phalangers volant d’Australie et les Dermoptères de l’Asie du Sud-Est.

Le fossile de Maiopatagium furculiferum - Crédit : Zhe-Xi Luo/UChicago

Le fossile de Maiopatagium furculiferum – Crédit : Zhe-Xi Luo/UChicago

Le Maiopatagium et le Vilevolodon du jurassique sont des Mammaliaformes. On peut les considérer comme des proches des mammifères modernes. Plus précisément, ce sont des Haramiyidiens qui sont une branche disparue sur l’arbre évolutif des mammifères, mais ils sont considérés comme les précurseurs des mammifères modernes. Les 2 fossiles montrent des membranes de peau et des ailes très fossilisées entre leurs membres avant et arrière. Ils montrent également de nombreuses caractéristiques squelettiques dans leurs articulations de l’épaule et les membres antérieurs qui ont offert l’agilité nécessaire aux animaux anciens pour être des planeurs. De manière évolutive, les 2 fossiles, découverts dans la formation de Tiaojishan au nord-est de Pékin en Chine, représentent les premiers exemples de comportement de vol plané chez les ancêtres disparus de mammifères.

Ces deux nouveaux animaux partagent également une écologie similaire avec des planeurs modernes, mais il y a quand même des différences importantes. Actuellement, la caractéristique de la plupart des mammifères planeurs est leur régime herbivore qui se compose généralement de graines, de fruits et d’autres parties molles de plantes à fleurs.

Mais Maiopatagium et Vilevolodon vivaient dans le Jurassique où la vie végétale était dominée par des fougères et des plantes de gymnosperme comme les cycades, les gingko et les conifères. C’était longtemps avant que les plantes à fleurs ne dominent dans la période du Crétacé et le mode de vie de ces anciens planeurs était également associé à l’alimentation sur ces plantes entièrement différentes. Ce mode de vie a évolué quelque 100 millions d’années plus tard chez les mammifères modernes dans des exemples d’évolution convergente et d’écologie.

Il est étonnant que les adaptations aériennes aient eu lieu au début de l’histoire des mammifères selon David Grossnickle, co-auteur de l’étude, étudiant diplômé à l’Université de Chicago. Non seulement ces fossiles montrent une fossilisation importante des membranes pour le vol plané, de leurs membres, mais ils suggèrent également une nouvelle locomotion et un comportement de vol plané.

Une concurrence florissante avec les dinosaures

Les chercheurs rapportent la découverte de Maiopatagium furculiferum et Vilevolodon diplomylos qui sont les premiers mammifères ailés du Jurassique. Ce sont également les premiers planeurs parmi les mammifères

Crédit : April I. Neander/UChicago

On a pensé que les premiers mammifères avaient des différences d’anatomie les uns par rapport aux autres et cela a augmenté leur difficulté pour habiter dans différents environnements. Ces nouveaux fossiles de planeur de la période jurassique dominée par les dinosaures, ainsi que de nombreux autres fossiles décrits par Luo et ses collègues au cours des 10 dernières années, fournissent de fortes preuves que les mammifères ancestraux se sont adaptés à leur vaste environnement malgré la concurrence des dinosaures.

Les mammifères sont plus diversifiés dans leurs modes de vie que les autres vertébrés terrestres modernes, mais nous voulions déterminer si les précurseurs des mammifères se sont diversifiés de la même manière selon Luo. Ces nouveaux planeurs sont les premiers mammifères ailés et ils démontrent que les premiers mammifères ont en effet une large diversité écologique ce qui signifie que la domination des dinosaures dans le paysage mésozoïque n’était pas aussi écrasante que prévu.

Source : Nature (http://dx.doi.org/10.1038/nature23476)

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A propos de Jacqueline Charpentier

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Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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