Un fossile montre la dispersion des ancêtres des mammifères sur les principaux continents

Un petit fossile suggère la preuve que l’ancien supercontinent, la Pangée, a existé bien plus longtemps que prévu. Ce fossile montre aussi une nouvelle évolution sur les parents proches des mammifères modernes.


Illustration d'artiste de Cifelliodon wahkarmoosuch - Crédit : Keck School of Medicine of USC/Jorge A. Gonzalez
Illustration d'artiste de Cifelliodon wahkarmoosuch - Crédit : Keck School of Medicine of USC/Jorge A. Gonzalez

Un crâne fossilisé de près de 130 millions d’années découvert dans l’Utah soulève des questions importantes sur de proches parents des mammifères et leur propagation sur les continents. Le petit fossile est la preuve que la scission super-continentale s’est probablement produite plus récemment que les scientifiques pensaient auparavant et qu’un groupe de mammifères ressemblant à des reptiles, qui sont une transition entre les reptiles et les mammifères, a connu une explosion insoupçonnée sur plusieurs continents.

Un nouvel éclairage sur la dispersion et l’évolution des mammifères

Basés sur la découverte improbable de ce crâne fossile quasi complet, nous reconnaissons maintenant un nouveau groupe cosmopolite de parents des premiers mammifères selon Adam Huttenlocker, auteur principal de l’étude et professeur adjoint de sciences cliniques anatomiques intégratives à l’USC.

L’étude, publiée dans la revue Nature, met à jour la compréhension de la façon dont les mammifères ont évolué et se sont dispersés à travers les principaux continents à l’ère des dinosaures. Il suggère que la division de l’ancienne masse continentale Pangée a continué pendant environ 15 millions d’années de plus que prévu et que la migration des mammifères et celle de leurs proches parents ont continué pendant le Crétacé précoce (145 à 101 millions d’années).

Pendant longtemps, nous avons pensé que les premiers mammifères du Crétacé (de 145 millions à 66 millions d’années) étaient anatomiquement similaires et pas écologiquement diversifiés selon Huttenlocker. Cette constatation de notre équipe et d’autres confirme que, même avant l’avènement des mammifères modernes, d’anciens parents de mammifères exploraient des niches de spécialité avec les insectivores, les herbivores, les carnivores, les nageurs, les planeurs, etc. Ils occupaient déjà une variété de niches que nous voyons aujourd’hui.

L’étude révèle que les premiers précurseurs de mammifères ont migré d’Asie en Europe, en Amérique du Nord et plus loin sur les principaux continents du Sud selon Zhe-Xi Luo, auteur principal de l’étude et paléontologue à l’Université de Chicago.

Cifelliodon wahkarmoosuch, une nouvelle espèce

Huttenlocker et ses collaborateurs de l’Utah Geological Survey et de l’Université de Chicago ont nommé la nouvelle espèce Cifelliodon wahkarmoosuch. Découvert dans les lits du Crétacé dans l’est de l’Utah, le fossile est nommé en l’honneur du célèbre paléontologue Richard Cifelli. Le nom de l’espèce, wahkarmoosuch signifie chat jaune dans la langue de la tribu Ute pour la zone où on l’a trouvé.

Un petit fossile suggère la preuve que l'ancien supercontinent, la Pangée, a existé bien plus longtemps que prévu. Ce fossile montre aussi une évolution sur les parents proches des mammifères modernes.

Crédit : Keck School of Medicine of USC/Jorge A. Gonzalez

Les scientifiques ont utilisé des scanners à haute résolution pour analyser le crâne. Le crâne de Cifelliodon est une découverte extrêmement rare dans une vaste région fossilifère de l’ouest où plus de 150 espèces de mammifères et de précurseurs de mammifères et de reptiles sont représentées principalement par des dents et des mâchoires isolées selon James Kirkland, co-auteur de l’étude.

Avec un poids corporel estimé à 1,1 kg, Cifelliodon semblerait beaucoup plus petit que la plupart des mammifères actuels, mais c’était un géant parmi ses contemporains crétacés. Un Cifelliodon adulte avait probablement la taille d’un petit lièvre ou pika (petit mammifère aux oreilles arrondies, aux membres courts et à la queue très petite). Il avait des dents semblables aux chauves-souris frugivores et pouvait pincer, cisailler et écraser. Il aurait pu incorporer des plantes dans son régime alimentaire.

Les espèces nouvellement nommées avaient un cerveau relativement petit et des bulbes olfactifs géants pour traiter le sens de l’odorat. Le crâne avait des orbites minuscules, donc l’animal n’avait probablement pas une bonne vision ou une bonne vision des couleurs. Il était probablement nocturne et dépendait de l’odorat pour trouver la nourriture selon Huttenlocker.

Le supercontinent a existé plus longtemps que prévu

Huttenlocker et ses collègues ont placé Cifelliodon au sein d’un groupe appelé Haramiyida, une branche éteinte d’ancêtres de mammifères apparentés à de vrais mammifères. Le fossile était le premier de son sous-groupe particulier, les Hahnodontidae, découvert en Amérique du Nord.

La découverte de fossiles souligne que les haramiyidiens et quelques autres groupes de vertébrés ont existé globalement pendant la transition Jurassique-Crétacé signifiant que les couloirs de migration par les terres continentales de Pangean sont restés intacts dans le Crétacé inférieur. La plupart des fossiles d’haramiyidiens du Jurassique et du Crétacé proviennent du Trias et du Jurassique d’Europe, du Groenland et d’Asie. Hahnodontidae était auparavant connu seulement du Crétacé d’Afrique du Nord. Cifelliodon appartient à ce groupe selon Huttenlocker en apportant la preuve de voies de migration entre les continents qui sont maintenant séparés dans les hémisphères nord et sud.

Mais ce n’est pas seulement ce groupe d’haramiyidiens selon Huttenlocker. La connexion que nous voyons dans cette étude reflète d’autres découvertes récentes qui sont basées sur des fossiles similaires de dinosaures crétacés trouvés en Afrique et en Europe.

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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