Être pauvre en Allemagne

On mesure la pauvreté par rapport au revenu. Mais c’est une approche unidimensionnelle alors que la pauvreté est un phénomène complexe. Der Spiegel propose un reportage qui raconte la pauvreté en Allemagne via l’histoire de 3 personnes. Les chercheurs proposent de nouveaux moyens de redéfinir la pauvreté, mais la question demeure : C’est quoi être pauvre au final ?


La pauvreté en Allemagne via l'histoire de 3 personnes

Traduction d’un article de Der Spiegel (Photos de Philipp Jeske, traduction depuis l’allemand Charles Hawley et Daryl Lindsey)

Qu’est-ce qu’il y a manger aujourd’hui lance Manfred Huber à la caissière. La même chose que d’habitude lui répond cette dernière. Huber est un peu confus. Comment peut-il savoir ce qu’il y a d’habitude ? Cela fait des années qu’il n’est pas venu dans le Seehaus qui est sans doute le plus beau Biergarten de Munich (un Biergarten est sorte de brasserie à ciel ouvert). Mais comment la caissière peut-elle savoir que ce retraité avec son manteau en cuir n’a pas pu s’offrir à boire au Seehaus depuis des années ?

Quelques minutes plus tard, Huber décide que c’était une question stupide en face de sa bière, d’un fromage Obatzda et d’un Bretzel. Il ne voulait rien d’autre. Il s’assoit dans la Biergarten sur la rive du lac Kleinhesseloher comme il le faisait à une époque.

Huber a froid, mais il s’en fiche. Avec sa bière et son bretzel, il sent qu’il fait de nouveau partie de la vie sociale de Munich. C’est un endroit où les gens aisés peuvent bien vivre. Huber n’a pas d’argent. Ce qui me bouleverse est que je n’ai pas ces petits plaisirs de la vie depuis maintenant 20 ans. Car, cela fait 20 ans que l’homme de 72 ans reçoit l’aide de la sécurité sociale. Avec le montant des aides, il peut aller à la brasserie quelques fois par an et acheter des vêtements au rabais. Vous êtes doublement pénalisé quand vous êtes pauvres et que vous vivez dans une ville riche comme Munich. J’étais aussi lorsque j’étais enfant, mais tout le monde l’était à cette époque.

Il regarde les semelles de ses chaussures qui sont déjà bien usées. Quand il pleut, ça fuite de partout. Huber a acheté son manteau en cuir il y a 40 ans et l’intérieur est déchiré en lambeaux. Mais il prend très bien soin de ce manteau. En dessous, il porte son seul T-Shirt qui n’est pas en loques. Le pire, pour lui, est que les autres voient sa pauvreté. Je me dis que si les choses empirent, alors je me tuerais.

Manfred Huber

Manfred Huber

Traditionnellement, les Biergarten sont des endroits où les pauvres et les riches se côtoient sans aucune différence. Un directeur d’une banque peut s’asseoir à côté d’un ouvrier. Selon la convention, les gens doivent seulement acheter leur boisson, mais ils peuvent apporter leur nourriture. Mais Huber se demande si ce plaisir vaut le coup alors qu’une bière coute plus de 4 euros. 4 euros par jour, c’est le montant reçu par Huber dans le cadre des aides de sécurité sociale sur le long terme. On connait ces aides comme Hartz IV qui sont destinées pour la nourriture et les boissons non alcoolisées.

Huber, un homme généralement très aimable, se met rapidement en colère quand il parle du Hartz IV. Le Hartz IV est les allocations pour les chômeurs qui font suite aux coupes drastiques qui ont été faites par l’ancien chancelier Gerhard Schröder. Huber montre des photos de son sofa totalement usé et de ses armoires en désordre qu’il avait achetées en 1972. Vous avez 11 euros par mois pour le mobilier et 1,23 euro pour un frigo. Comment cela peut-il suffire ? Il est furieux par le manque de confiance du gouvernement envers les bénéficiaires des aides sociales. Il considère les politiciens ayant approuvé le Hartz IV comme des criminels. Vous ne vivez pas avec de telles aides, car vous vivez simplement comme un légume. On lui dit que ces aides sont censées être suffisantes pour permettre aux bénéficiaires de participer à la vie sociale. Un rire amer sera la seule réponse. Il nous dit que l’été dernier était l’un des plus beaux en depuis des décennies et il l’avait passé entièrement sur son balcon. La piscine publique était trop chère pour lui.

Le cout de la vie à Munich reflète l’intérêt de la ville pour certains secteurs. Munich abrite les meilleures universités, des centres technologiques et 5 entreprises qui sont cotées à l’index DAX. Pendant longtemps, Huber a grandi avec la ville. Il est venu à Munich il y a 44 ans pour l’université. Il a eu un diplôme en ingénierie électrique et il est devenu un prestataire pour l’entreprise Siemens. Une carrière qui lui promettait des lendemains radieux. Il a déménagé dans une grande maison, adorait son travail, sa moto et sa Biergarten. Il avait un grand cercle social. Il avait une assurance de retraite et il avait hérité d’une maison de ses parents dans une grande propriété sur les rives du lac Chiemsee aux bords des Alpes au sud de Munich.

Mais au début des années 1990, sa vie s’est écroulée. L’un de ses principaux clients a arrêté de le payer. Il a lutté pendant des années pour être remboursé et avoir un nouveau capital pour son nouveau Business Plan. Il a combattu désespérément, mais c’était en vain. En 1997, il a capitulé. À ce point, il était incapable de travailler et il était sur les aides sociales depuis 2 ans. Il a perdu la maison de sa famille dans une saisie bancaire et on lui a saisi également sa pension de retraite. Son propriétaire l’a expulsé, Manfred Huber était ruiné.

Vous ne pouvez pas surmonter quelque chose comme ça nous dit Huber. Mais je me suis dit : Je vais avoir du temps pour ma mère. Il a amené sa mère malade à Munich en lui rendant visite tous les jours dans sa maison de retraite pendant 15 ans. Après sa mort en 2012, il s’est battu comme un acharné pour économiser afin d’acheter des chaussures pour ses funérailles. Il avait quelques amis. Aujourd’hui, quand ils lui demandent de venir prendre une bière, il est obligé d’inventer toutes sortes d’excuses. Par la suite, ils ont arrêté de demander et ils se sont éloignés de lui. Même son meilleur ami l’a quitté après un temps.

Aujourd’hui, c’est quelqu’un d’autre qui assume les frais (les journalistes lui ont donné un peu d’argent). Pour un jour, Manfred fait partie du Biergarten et de sa culture. Il a même économisé 2 euros qu’il avait gardé pour l’épicerie. Il met la pièce de 2 euros sur la table de la caissière. Elle le remercie chaleureusement. Huber sourit.

Un problème de définition

Selon les statistiques, une personne est pauvre lorsqu’elle gagne un revenu qui est 60 % inférieur à celui du revenu médian. Actuellement, cette définition inclut 15,4 % des Allemands. Pour une personne seule, le seuil de pauvreté est de 917 euros par mois. Pour une famille avec 2 enfants, le montant est de 1 926 euros par mois. Mais est-ce que ces définitions sont suffisantes pour définir la pauvreté ?

Voici un simple exercice. Imaginons que le business de Manfred Huber fait faillite, mais qu’il ait réussi à se remettre en selle et qu’il ait vendu récemment son entreprise. À 65 ans, il aurait pu recevoir sa pension de retraite, il aurait toujours la maison de sa famille et il vivrait probablement toujours dans son appartement à Munich. Et il rencontrerait ses amis au Biergarten.

Mais l’ironie est quelle que soit la réalité de Huber, il sera toujours considéré comme un pauvre, car après 20 ans à payer le système, sa pension serait toujours inférieure à la limite de 60 %. Le seul critère du revenu est insuffisant pour définir la pauvreté. Le système classe de nombreuses personnes comme étant pauvres alors qu’elles ne le sont pas. Il ne prend pas encore en compte que des revenus élevés placent les personnes au dessus du seuil de pauvreté, mais à la fin, elles se retrouvent toujours en bas de l’échelle à cause de nombreux facteurs. Vous pouvez avoir 1500 euros par mois et donc, vous n’êtes pas pauvre, point final. Mais qu’est-ce qui se passe si vous êtes malade, que l’appartement est trop petit ou en rénovation ou que la personne est dans un isolement social ?

Les chercheurs tentent des approches plus équilibrées pour déterminer le problème complexe de la pauvreté en comptant tous les aspects d’une vie sociale épanouie. On étudie un index de pauvreté multi-dimensionnel même dans un pays riche comme l’Allemagne. Mais certains peuvent arguer qu’un cas individuel comme celui de Manfred Huber ne suffit pas à relancer le débat et que les choses sont bien comme ça. C’est pourquoi on a aussi 2 autres cas à vous raconter.

Et ensuite, Benjamin est venu

La famille Ehlers a un petit jeu qu’elle fait jouer à ses invités. Qu’est-ce vous voyez dans l’image ? demande Marlène. La petite fille de 6 ans est debout sur le lit et montre un cadre blanc sur le mur. La plupart disent qu’il n’y a rien et tombent dans le piège. Ce n’est pas vrai, vous devez regarder plus attentivement nous dit Marlène en pointant le centre de l’image. Et en fait, il y a un petit point rouge. La famille Ehlers est constituée de Jakob, de Maria, Marlène et de Benjamin avec les parents Elena et Stefan. Et comme avec l’image, la première impression peut vous tromper. La famille vit dans une maison blanche à côté de la ville universitaire de Göttingen. On a les lapins qui gambadent dans le jardin, un cheval de bois est debout sur le patio et on a le bruit des abeilles de la ruche. Les parents travaillent comme des infirmiers et les 3 enfants ainés sont au jardin d’enfants, à l’école élémentaire et secondaire. Nous avons construit, une prospérité modeste nous dit Elena Ehlers.

La famille Ehlers

La famille Ehlers

Vous pourriez penser qu’une telle famille de classe moyenne ne craint pas les aléas de la vie. Mais Elena et Stephan croulent sous ces aléas. Après le premier anniversaire de Benjamin, la famille a décidé qu’Elena ne reprendrait pas immédiatement ses quarts de nuit après son année de congé de maternité. Son plus jeune fils avait besoin d’elle pendant la nuit et ce serait trop éprouvant pour la famille. Mais le salaire d’un seul infirmier n’est pas suffisant.

Les Ehlers se sont toujours bien débrouillés avec peu d’argent. Stefan Ehlers monte sur son vélo pour faire les 15 kilomètres de sa journée de travail. La majorité de leurs mobiliers sont du récup, trouvés dans des vides greniers ou les marchés aux puces. Tous leurs vêtements sont de seconde main. Stephan a quasiment fait seul la rénovation de sa maison. Pour les vacances, ils visitent des amis ou font du camping. Et ils font du jus avec les pommes qu’ils trouvent sur la route.

Désormais, la famille cherche une solution pour leur manque de revenu temporaire. Elena a appelé l’agence locale de l’emploi. Elle n’a aucun problème pour demander de l’aide. Mais je me sens mal quand je vois comment je suis traité par certaines personnes. Parfois, elle doit justifier la vie qu’elle a choisie. Mais le résultat est le même à la fin. Sa famille est inéligible pour des aides de l’Etat, car leur revenu est trop élevé et donc, au dessus du seuil de pauvreté. Nous sommes tombé dans une faille du système nous dit Elena.

Leur situation est sans issue. Les remboursements pour la maison, qu’ils avaient achetée lorsqu’ils étaient seulement 4 dans la famille signifiant peu de dépenses pour l’époque, sont trop élevés par rapport à leurs revenus actuels. Qu’est-ce qu’ils peuvent faire ? Vendre la maison pour louer un petit appartement ? C’est inutile. Et ils discutent de ces problèmes avec leurs amis les plus proches. La pauvreté est un tabou social en Allemagne explique Elena. Vous ne devez jamais être perçu comme une pauvre. Elle a finalement trouvé une aide flexible sur le court terme sur internet via l’Association of Large Families (KRFD). Elle a été mise en relation avec une fondation qui leur donnera quelques centaines d’euros par mois pendant 6 mois.

Un enfant ne doit pas être considéré comme une Mercedes

Qu’est-ce qu’on peut demander à la société et est-ce qu’on a le droit de le faire ? Le couple se pose souvent ces questions encore et encore. Ils ne veulent pas d’argent pour eux-mêmes. Mais ce serait bien si la joie de nos enfants n’est pas gênée constamment avec le stress concernant l’argent selon Elena. Ils veulent traiter tous leurs enfants de la même manière. Les 2 enfants ainés ont des comptes d’épargne et ils ont eu des vacances d’été avec leurs parents. Marlène et Benjamin n’ont pas le luxe de ces privilèges. Elena nous dit que leur revenu par tête a dégringolé avec un enfant supplémentaire. C’est pourquoi il n’y a plus de grandes familles. Un enfant ne doit pas être comme une Mercedes où vous vous demandez si vous pouvez vous l’offrir.

La plus grande inquiétude des parents est les débouchés de leurs enfants lorsqu’ils seront adultes. Il reste très peu de mobilité sociale en Allemagne. La plupart des gens restent dans la même classe sociale que celle où ils sont nés et l’éducation en Allemagne dépend fortement des revenus des parents. À l’école, Elena ne demande jamais d’aides pour l’achat des livres scolaires ou les excursions de classe même si elle en a besoin. J’aurais peur que le nom de mes enfants reste gravé dans l’esprit de l’instituteur.

Est-ce que les Ehlers se sentent pauvres ? La femme de 38 ans faits non de la tête de façon véhémente. Ce serait une insulte pour les gens qui sont vraiment pauvres. Elena pense souvent à ces pauvres. Nous sommes menacés par la pauvreté, mais nous sommes chanceux. Mais qu’est-ce qui se passe pour tous les gens qui ne sont pas aussi chanceux et aussi forts que nous ?

Non, je ne suis pas pauvre !

Quand Monika Kramer fait son café le matin, elle regarde inévitablement une feuille de papier sur le mur de la cuisine. Sur cette feuille, on peut lire que L’autonomie est une bonne chose. Le papier a jauni et les bords sont déchirés. C’était un souvenir pour les jours où Kramer a eu des doutes sur cette conviction que la richesse et la pauvreté ne se mesurent pas avec l’argent.

Depuis 3 ans, la femme de 51 ans doit se débrouiller avec les allocations de chômage du Hartz IV. À la base, elle avait plus d’argent que les aides, car elle avait pu garder une petite partie de son salaire de réceptionniste. Mais son revenu est descendu au dessous du seuil de pauvreté. Depuis janvier 2015, elle a obtenu une aide de congé de maladie et elle doit s’aligner avec le montant standard des allocations. Une personne seule en Allemagne reçoit 404 euros en plus du loyer.

Monika Kramer

Monika Kramer

Non, je ne suis pas pauvre ! nous dit Kramer. J’ai un appartement, des soins médicaux et de l’eau propre. Des millions de personnes dans le monde n’ont rien de tout ça. Comparé à ces personnes, je suis riche. Vivant dans la ville d’Aachen, elle s’aperçoit néanmoins que beaucoup de personnes peuvent s’acheter plus de choses qu’elle et que les gens jugent les autres selon les circonstances matériels. Dans une telle époque matérialiste, il faut beaucoup d’imagination pour se sentir riche. Certains jours, elle peut se passer de choses, mais d’autres jours, elle voudrait aller au cinéma plus d’une fois par an, acheter plus de produits de commerce équitable ou manger une portion de cake dans un café.

Ces 14 dernières années, Kramer a été une parente seule. Après avoir terminé sa formation, elle a eu son diplôme d’école secondaire avec les cours de nuit. Elle a commencé des études universitaires et elle a pris des boulots qui pouvaient être conciliés avec le fait d’être parent. À temps partiel au début et à temps complet par la suite. Elle a toujours pu joindre les 2 bouts, mais disons que les 2 bouts ont toujours été très difficiles à joindre.

Kramer tire le maximum de sa situation. Elle achète de beaux vêtements, mais toujours dans des magasins de récup. Elle aime rencontrer des amis dans un café. Un café coute 1 euro et elle peut se l’offrir. Elle adore aller dans des concerts ou des expositions quand c’est gratuit. Mais elle a toujours son budget à l’esprit. Elle tente même de mettre de côté pour des dépenses imprévues.

Kramer nous dit que la santé est la seule chose qui lui manque. Elle est sérieusement malade, mais ses chances de guérison sont bonnes. L’année dernière, elle avait dû mal à se déplacer, mais désormais, elle peut se balader dans les parcs d’Aachen. Ma prospérité est que je peux de nouveau aller vers la nature. Kramer ajoute qu’elle veut se remettre au travail dès que possible. Un emploi lui donne le sentiment d’être autonome. C’est mieux de donner que de prendre. Et quand on lui demande si elle ne manquera de rien une fois qu’elle sera guérie. Kramer n’hésite pas une seule seconde et répond : Rien.

La pauvreté reste un stigmate

Par définition, Kramer est considérée comme une pauvre, mais elle ne se considère pas comme telle. Même pour quelqu’un qui reçoit une aide gouvernementale pour vivre, Kramer ne sera plus considérée comme une pauvre une fois qu’elle sera guérie et se remettra au travail. Elle est bien éduquée, participe à des événements culturels, a des amis. Les amis et la famille sont là pour faire des choses telles que réparer son climatiseur ou lui donner de nouveaux meubles. La pauvreté comme la richesse a beaucoup de dimensions.

Pour sa part, Manfred Huber sera toujours considéré comme un pauvre quelle que soit la mesure utilisée. Il a accompli beaucoup de choses dans sa vie, mais il a perdu son activité et sa pension. Il souffre de maladie chronique et il doit se débrouiller avec du mobilier récupéré des poubelles. Il a perdu un cercle d’amis qui était grand à une époque. Il reçoit une aide sociale plus grande par rapport à Kramer, mais sa vie dans les prochaines années sera toujours façonnée par les difficultés.

La famille Ehlers n’est pas pauvre selon la définition officielle, mais la naissance de leur 4e enfant les a poussés au bord du gouffre de la pauvreté. Leur exemple est flamboyant sur le fait que malgré que l’Allemagne dépense 200 milliards de dollars par année pour les familles et les enfants, la flexibilité est nécessaire pour empêcher les familles de tomber dans la pauvreté. Et la pauvreté reste toujours un stigmate en Allemagne et c’est pourquoi les noms de Madame Kramer, de Monsieur Huber et de la famille Ehlers ont été changés.

 

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Estelle Dufresne

Ancienne journaliste dans plusieurs titres de la presse régionale. Mais comme la presse régionale n'existe plus, je me suis recyclé dans les rubriques internationales de plusieurs sites en ligne.

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