Chômage déguisé à Madagascar : 85 % de la population est concernée


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    Si on regarde les statistiques du B.I.T (Bureau International du travail), on lit que Madagascar possède un taux de chômage de 1,3 %, soit l’un des plus bas au monde. Mais n’importe quel crétin remarquerait sur le terrain que ces chiffres sont juste de la merde. En réalité, Madagascar possède l’un des taux de chomage les plus élevés au monde sauf que c’est du chomage déguisé.

    La définition du chômage déguisé

    Le chômage déguisé est une inactivité qui n’est pas comptabilisé dans les statistiques officielles de l’emploi. Le chômage déguisé est également le résultat de la prédominance du secteur informel où la plupart travaillent sans aucune garantie de revenu ou de contrat stable. Le taux catastrophique d’alphabétisation provoque également une hausse du chômage déguisé puisque ces personnes ne sont jamais comptés dans les statistiques.

    Mais le pire visage du chômage déguisé à Madagascar est que les employés sont exploités ou occupent des postes minables par rapport à leurs qualifications. Ainsi, il n’est pas rare de voir des juristes qui occupent des postes de secrétaires ou des ingénieurs en mécanique qui arrondissent leur fin de mois dans des garages de fortune au bord de la route.

    85 % des malgaches sont touchés par le chomage déguisé

    Si on additionne tous ces secteurs qui provoquent le chômage déguisé, alors on arrive à près de 85 % de la population malgache toutes catégories confondus. Les personnes les plus touchés sont les femmes (près de 58 % de la population) et les jeunes (15 %), notamment ceux qui sont âgés entre 19 et 24 ans. En théorie, le chômage doit baisser en fonction du niveau d’instruction. Ainsi, une personne avec des études universitaires devrait trouver un travail plus rapidement que l’inculte de base.

    Mais comme dans tout ce foutu pays, c’est l’inverse qui se produit. Les personnes entre 25 et 30 ans avec des études supérieures ont beaucoup de mal à trouver un emploi (2,1 % de la population) comparé aux personnes qui n’ont aucune étude universitaire (0,3 %).

    L’explication réside sur la tolérance des emplois de misère. Une personne n’ayant aucune étude universitaire acceptera tous les postes qui se présenteront à lui et il sera happé par le secteur informel dès son plus jeune âge. En revanche, les hommes et les femmes de 30 ans qui sortent de l’université et qui ont de l’ambition n’arriveront jamais à trouver le travail qui correspond à leur diplôme. Madagascar est le seul pays où on a dû inventer l’adage :

    Etudier ou travailler, il faut choisir !

     

    Madagascar : Entre crises perpétuelles et espoirs sans lendemain

    Si dans les cartes postales, Madagascar possède une image idyllique, faisant baver les occidentaux qui respirent de la brique à longueur de journée, la réalité est toute autre. Pauvreté, misère, famine, corruption, népotisme, autant de mots qui sont coupables des maux malgaches.

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    mm

    Boubakar Nguema

    Journaliste et réalisateur. Couvre principalement l'actualité africaine et panafricaine.

    No Responses

    1. Thémistocle dit :

      Moi ce qui m’intrigue c’est : Où trouve t-on ces statistiques ? Qui les font ?

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