Telma, Orange Money et Airtel : Les rois du transfert d’argent à Madagascar


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  • En quelques années, les principaux opérateurs de Telco se sont accaparé le marché juteux des transferts d’argent à Madagascar. Les institutions classiques comme les banques se sont fait court-circuiter par leur manque de souplesse.


    En quelques années, les principaux opérateurs de Telco se sont accaparé le marché juteux des transferts d'argent à Madagascar. Les institutions classiques comme les banques se sont fait court-circuiter par leur manque de souplesse.

    Western Union, Xoom, Remitly, MoneyGram, Paysend, SendWave et Tap Tap Send, autant de noms et d’entreprises que les malgaches à l’étranger peuvent utiliser pour envoyer de l’argent à Madagascar. Le marché du transfert d’argent international est l’un des plus prospères et les plus juteux qui existent. Au niveau mondial, c’est un pactole de plus de 540 milliards de dollars. Pour Madagascar, cela reste une somme conséquente, car chaque année, les migrants envoient 261 millions de dollars (2017) avec les principaux pays expéditeurs qui sont la France (87 % des montants), la Chine et l’Inde.

    En sachant que les malgaches ne sont pas fans de l’immigration. Sur 28 millions de personnes, on a que 184 000 personnes à l’étranger dont l’écrasante majorité se trouve en France. Généralement, ils font partie de la bourgeoisie malgache ou ceux qui ont magouillés, car c’est une vieille habitude de s’enfuir pour Reny Malala quand on a vidé les caisses d’une entreprise ou de l’Etat.

    De nombreuses familles à Madagascar vivent grâce à ces transferts d’argent, mais cela permet aussi à des Freelances de gagner leur vie à distance. Il y a 10 ans, se faire payer était un cauchemar. Les virements bancaires étaient exorbitants, les délais de traitement incroyablement longs et comme d’habitude, ce sont les pauvres qui se faisaient le plus arnaquer. Et de plus, pendant plusieurs décennies, Western Union avait le monopole du transfert d’argent. Mais à mesure que l’Occident se vide et qu’il a besoin d’une main d’oeuvre pas chère et conciliante, il est évident que d’autres entreprises se sont lancés dans ce secteur.

    Les opérateurs de Telecom à Madagascar, que ce soit Telma, Orange ou Airtel, ont révolutionné le secteur financier. Vous pouvez retirer de l’argent dans n’importe quel des milliers de points cash qui se trouvent dans chaque coin du pays et le processus est instantané. Mvola peut recevoir de l’argent par Western Union tandis qu’Orange a choisi Xoom, mais aussi d’autres nouveaux services de la Fintech. Airtel est également très performant puisqu’il est compatible avec Xoom, Tap Tap Send, Remitly et Moneygram. Telma est allé plus loin, car il a lancé son propre service, permettant d’approvisionner un compte Mvola avec une carte de crédit.

    Ce qui est intéressant est que les transferts d’argent internationaux à Madagascar ont été divisé par deux depuis 2015. On était à 427 millions de dollars en 2015 et on a baissé à 250 millions en 2016. Soit les migrants malgaches se sont retrouvé fauchés d’un coup, soit il y a eu une coupure nette quelque part.

    Mais au delà des transferts internationaux, c’est les transferts locaux qui sont une véritable révolution avec le mobile money. Si autrefois, on n’avait que quelques agences bancaires dans les principales villes, aujourd’hui, les points cash se trouvent dans chaque village aussi miteux que soit-il. En fait, de nombreuses entreprises malgaches envoie des millions d’ariary par ces services, permettant de créer un maillage dense entre les différentes régions du pays.

    On peut aussi en tirer une pensée politique. Même s’il y a une chute brutale en 2015, on a une remontée des transferts internationaux. Cela implique que de plus en plus de personnes quittent le pays (même si c’est moins de 0,65 % de la population) et cela signifie que les débouchés sur place ne suffisent pas. Une économie basée entièrement sur les migrants est malade et il faut investir dans l’éducation, la formation et l’industrie pour que les jeunes ne partent pas.

    C’est d’autant plus important quand on voit ce qui se passe actuellement en Europe. Dans les 10 prochaines années, la majorité des pays européens vont se tier-mondiser avec une chute nette des transferts migratoires. Dans un futur pas si hypothétique, peut-être que ce sont les nationaux qui devront subvenir aux besoins de leurs proches en France.

     

    Madagascar : Entre crises perpétuelles et espoirs sans lendemain

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    Houssen Moshinaly

    Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009.

    Blogueur et essayiste, j'ai écrit 9 livres sur différents sujets comme la corruption en science, les singularités technologiques ou encore des fictions. Je propose aujourd'hui des analyses politiques et géopolitiques sur le nouveau monde qui arrive. J'ai une formation de rédaction web et une longue carrière de prolétaire.

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