Une cause neurologique pour la schizophrénie



schizophrenie

De nouvelles preuves significatives pour démontrer une cause neurologique de la schizophrénie.


 

Une équipe de scientifiques prétend avoir compris le fonctionnement de la schizophrénie. Leurs découvertes pointent vers des maladies provoquant des mutations qui perturbent des gènes qui sont responsables de gérer un équilibre chimique dans le fonctionnement et le développement du cerveau. Les mutations perturbent les gènes qui régulent les neurotransmissions de l’excitation et de l’inhibition et ces neurotransmissions doivent être parfaitement équilibrées pour que le cerveau puisse fonctionner normalement.

Une perturbation dans l’équilibre chimique du cerveau

Selon le Dr. Andrew Pocklington de l’université de Cardiff : Notre étude marque une étape significative pour comprendre la biologie derrière la schizophrénie. Cette dernière est un trouble incroyablement complexe et les scientifiques n’ont jamais pu expliquer ses origines jusqu’à aujourd’hui. Mais maintenant, nous avons une grande pièce du puzzle qui nous aidera à développer un modèle cohérent de la maladie tout en écartant d’autres théories qu’on avançait pour expliquer la schizophrénie. Et on a un besoin urgent de trouver de nouveaux traitements pour cette maladie puisqu’on utilise les mêmes traitements depuis les années 1970.

Les experts savent que la schizophrénie est un trouble extrêmement héréditaire. Cette maladie touche 1 % de la population, mais le risque est de 10 % pour ceux qui ont un proche de premier degré qui souffre de schizophrénie. Et dans le cas de vrais jumeaux, les risques vont de 40 à 65 %. Un fonctionnement optimal du cerveau dépend d’un équilibre entre les signaux chimiques qui régule l’activité des cellules nerveuses. Dans le passé, les experts des troubles mentaux avaient suggéré qu’un problème dans cet équilibre pouvait contribuer au développement de la schizophrénie.

En 2011, les auteurs, qui travaillent au MRC Centre for Neuropsychiatric Genetics and Genomics de l’université de Cardiff, avaient déjà trouvé une preuve que les mutations de la schizophrénie interfèrent avec des signaux chimiques liés à l’excitation. Leur nouvelle étude qui a été publiée dans Neuron confirme ces premières découvertes, mais montre aussi une nouvelle preuve que les signaux de l’inhibition contribuent aussi à la schizophrénie.

Les mutations peuvent provoquer d’autres troubles tels que l’autisme

Pour l’étude, l’équipe a comparé les données génétiques de 11 355 personnes qui ont été diagnostiquées avec la schizophrénie avec d’autres données appartenant à 16 416 personnes qui n’avaient pas ce trouble. Ces données ont été obtenues par 3 études séparées, à savoir, l’International Schizophrenia Consortium, le Molecular Genetics of Schizophrenia et une étude anglaise de personnes schizophrènes qui prenaient un médicament contre cette maladie.

Les chercheurs ont examiné les données génétiques en cherchant précisément des mutations qu’on connait comme le Copy Number Variants (CNVs). Ce sont des mutations où de grandes parties d’ADN sont manquantes ou se sont multipliées. Le CNVs chez les participants souffrant de schizophrénie avait perturbé les gènes qui étaient impliqués dans les neurotransmissions cérébrales comparées au CNVs chez les personnes saines. Les travaux indiquent que cette perturbation est une cause directe de la maladie. On estime que ces mutations sont aussi des causes pour d’autres troubles tels que l’autisme ou le trouble du déficit de l’attention.

Selon le professeur Hugh Perry, chair du Medical Research Council Neuroscience en Angleterre : Ces travaux sont une première étape dans la compréhension génétique de la schizophrénie en révélant comment une combinaison d’erreurs génétiques peut perturber l’équilibre chimique du cerveau. Dans le futur, ces travaux vont nous mener à de nouvelles manières de prédire les risques de chaque personne qui pourrait développer la schizophrénie et ces travaux formeront aussi la base de nouveaux traitements ciblés qui exploiteront les marqueurs génétiques de chaque personne.

 

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Houssen Moshinaly

Rédacteur en chef d'Actualité Houssenia Writing. Rédacteur web depuis 2009 et vulgarisateur scientifique.

Je m'intéresse à tous les sujets scientifiques allant de l'Archéologie à la Zoologie. Je ne suis pas un expert, mais j'essaie d'apporter mes avis éclairés sur de nombreux sujets scientifiques.

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