Le DTT est associé à un risque élevé du cancer du sein


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    Dans les années 1960, le pesticide DTT était utilisé dans le monde entier. Et même si ce produit est désormais interdit aux États-Unis et dans d’autres pays, une nouvelle étude prouve que les femmes qui ont été exposées à des niveaux élevés de DTT pendant le développement prénatal courent un risque qui est 4 fois supérieur d’avoir un cancer du sein.

    L’utilisation du DTT

    Le DTT était un pesticide fréquent dans les années 1960, mais son utilisation a été bannie en 1972 à cause des problèmes sur la santé. La co-auteure de l’étude, Barbara A. Cohn du Public Health Institute à Berkley et ses collègues ont publiés leurs travaux dans la revue Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism. Il y a 50 ans, on utilisait le DTT (dichlorodiphényltrichloroéthane) pour supprimer les insectes nuisibles dans l’agriculture ou ceux qui propageaient des maladies telles que la malaria ou le typhus. De nos jours, des régions comme l’Afrique ou l’Asie continuent d’utiliser le DTT pour réduire la propagation de la Malaria, mais en Europe et aux États-Unis, ce produit est strictement interdit depuis 1972.

    On a interdit le DTT parce que ce produit chimique est un perturbateur endocrinien qui interfère avec le fonctionnement de l’hormone d’oestrogène. Les recherches précédentes ont également associé l’exposition au pesticide avec des problèmes de développement pendant l’enfance, des risques élevés de malformations congénitales, le risque de stérilité et l’augmentation du risque de la pression sanguine élevée chez les femmes. Selon Cohn, on soupçonnait déjà que l’exposition aux produits chimiques environnementaux était liée à un risque élevé sur le cancer du sein. Mais il y avait peu d’études qui prouvaient cette théorie. De ce fait, Cohn et ses collègues ont mesuré ce risque du cancer de sein chez 9 300 femmes qui sont nées aux États-Unis de 1959 à 1967. Cette période est importante puisque le DTT était utilisé à grande échelle dans tous les États américains. Les femmes dans l’étude étaient nés de mères qui faisaient partie de l’initiative Child Health and Development Studies (CHDS) et on a étudié ces femmes sur une période de 54 ans depuis qu’elles sont venues au monde. Pour identifier les niveaux de DTT parmi ces filles pendant la période prénatale, les chercheurs ont collecté des échantillons sanguins chez leurs mères pendant la grossesse et quelques jours après la naissance. En utilisant des données gouvernementales et des questionnaires de santé qui ont été remplis par les filles pendant la période de 54 ans, l’équipe a pu identifier le nombre de filles qui ont été diagnostiquées avec un cancer du sein.

    Un lien direct entre l’exposition au DTT pendant la période prénatale et le cancer du sein

    On a diagnostiqué un cancer du sein chez 118 filles pendant l’étude. Les échantillons sanguins de leurs mères ont été mesurés avec des niveaux de DTT et ils ont été comparés avec des échantillons provenant de mères de 354 filles qui n’avaient pas développé de cancer du sein. L’équipe a trouvé que les filles et leurs mères qui avaient un niveau élevé d’o,p’-DDT dans leur sang avaient 3,7 fois plus de risques de développer un cancer du sein. L’o,p’-DDT est un DTT commercial qui est connu pour être l’un des plus dangereux des perturbateurs endocriniens. Et ce risque élevé n’a pas changé même lorsqu’on a pris en compte les mères qui avaient eu un cancer du sein.

    L’équipe a également noté que 83 % des cancers du sein qui ont été identifiés étaient positifs sur les récepteurs d’oestrogène. Cela signifie que les cellules cancéreuses contenaient des récepteurs d’oestrogène qui pouvaient recevoir des signaux de cette hormone ce qui augmentait la croissance du cancer. De plus, l’étude a révélé que l’exposition élevée à l’o,p’-DDT dans la période prénatale était associé avec un risque élevé de développer une variante avancée du cancer du sein. Les chercheurs ont également trouvé que les femmes qui étaient exposées à des niveaux élevés d’o,p’-DDT avaient des risques de développer un cancer du sein positif au HER2. Dans ce type de cancer, les cellules cancéreuses contiennent une mutation qui crée un excès de croissance de la protéine HERS 2 (Human Epidermal Growth Factor Receptor 2). Le résultat est une augmentation de 20 à 30 % de la croissance du cancer. De précédentes études ont déjà prouvé que le DTT peut activer le HERS2.

    Pour conclure, les chercheurs ont déclaré : Cette étude qui s’est portée sur 54 ans montre des preuves directes que l’exposition chimique sur les femmes enceintes a des conséquences sur le risque que leurs filles vont développer un cancer du sein. Cette étude est également une incitation à trouver et contrôler les facteurs environnementaux qui provoquent une augmentation du cancer du sein pendant la grossesse. Les chercheurs ajoutent que ces travaux doivent mener à d’autres études pour prévenir et détecter les cancers du sein chez les femmes qui ont été exposées au DTT. De plus, les chercheurs ont déclaré qu’ils allaient utiliser ces données pour trouver d’autres produits chimiques qui auraient un impact sur le cancer du sein.

     

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