La grippe Yarraman menace la France

La grippe Yarraman vient de débarquer la France. L’épidémie risque de faire des ravages. Il est important que chacun aille se faire vacciner dans les plus brefs délais.


La grippe Yarraman vient de débarquer la France. L'épidémie risque de faire des ravages. Il est important que chacun aille se faire vacciner dans les plus brefs délais.

La Yarraman est un virus qui commence à faire des ravages en France. Plusieurs grandes villes sont déjà touchées. Il est crucial que les gens se fassent vacciner le plus rapidement pour arrêter cette nouvelle épidémie de . Dans la plupart des cas, ces quelques phrases inquiètent les lecteurs et ils sont plus enclins à se faire vacciner. Mais si on remplace la par la grippe du cheval, alors la réaction des gens à se faire vacciner est beaucoup plus faible. C’est les résultats d’une étude qui montre l’importance de bien communiquer sur les sujets sensibles. Oui parce que la grippe Yarraman ou la grippe du cheval n’existe pas. Les chercheurs ont créé des articles avec ces noms pour tester la réaction des gens.

Les chercheurs ont utilisé les mêmes couleurs, les mêmes images et le même texte en changeant simplement le nom du virus, mais la réaction chez les gens était très différente. De plus, l’utilisation de graphiques avec des points rouges déclenchait une réaction plus forte que les graphiques en barres.

Sur la base de 16 510 participants dans 11 pays, les résultats montrent l’importance de la communication sur les campagnes de sensibilisation. Une collaboration de recherche entre les scientifiques de la Health University of Michigan, de l’Université de l’Iowa et l’Université Radboud aux Pays-Bas a été publiée dans 2 études dans la revue Vaccine et dans Emerging Infectious Diseases.1 

Nos résultats mettent en évidence que les choix pour les communications publiques sur les problèmes de santé doivent être parfaitement adaptés selon Angie Fagerlin, présidente des sciences de la santé de la population. Si nous pouvons présenter des informations de manière à augmenter la compréhension du public, alors c’est gagnant pour tout le monde.

Des études supplémentaires sont nécessaires pour examiner si le message peut modifier réellement les comportements incitant davantage de personnes à se faire vacciner pendant les périodes critiques. Les principales organisations de santé publient régulièrement des rapports sur les problèmes de santé publique incluant les épidémies de maladies infectieuses. Pourtant, il y a peu de recherches pour évaluer la façon dont les différences subtiles dans la communication façonnent la perception publique.

Pour le savoir, l’équipe de recherche a effectué un sondage dans 9 pays européens et aux États-Unis. Ce sondage concernait un article de synthèse rédigé dans leur langue maternelle qui décrit la propagation d’une pandémie de grippe au sein de leur pays. Ils ont ensuite mené une enquête pour mesurer les attitudes à l’égard de la , sur l’information contenue dans l’article et le risque de contracter la grippe.

Les participants ont lu une fausse histoire avec 3 noms de grippe au hasard et des visualisations graphiques. Inspiré par les noms réels de la maladie (grippe espagnole, grippe H1N1, grippe aviaire), les maladies imaginaires comprenaient la grippe Yarraman (notons que “Yarraman” est simplement un mot autochtone pour cheval), la grippe H11N3 et la grippe à cheval. De même, l’article comprenait l’un des trois types de graphiques avec chacun qui montrait une augmentation de la prévalence de la grippe et le nombre de décès liés sur 3 mois.

Les participants, qui ont lu l’article sur la “grippe de cheval”, ont été beaucoup moins motivés pour être vaccinés par rapport à ceux qui ont lu l’article avec la “grippe Yarraman” ou “grippe H11N3”. Cette même tendance se reflétait dans chacun des 11 pays étudiés. Sur une échelle de 7 points, le nombre le plus élevé signifiait une tendance à se faire vacciner, et la différence est passée de 4,66 à 4,54 (p = 0,002). On pourrait croire que c’est faible, mais dans la santé publique, des effets relativement faibles peuvent avoir des répercussions très importantes au niveau de la population selon le premier auteur Aaron Scherer de l’Université de l’Iowa.

Pour les graphiques, les personnes ont indiqué qu’ils préféraient les cartes avec des zones de chaleur. Ceux qui les utilisaient, pour interpréter l’épidémie hypothétique, estimaient qu’ils étaient plus susceptibles de se faire vacciner que ceux qui voyaient des graphiques de type barre (4,67 vs. 4,56, p = 0,01). Les personnes, qui voyaient la carte de chaleur, ont également pensé qu’ils étaient plus susceptibles de contracter la grippe, qu’ils avaient mieux compris les faits au sujet de l’épidémie et ils voulaient plus d’informations.

Est-ce que la fin justifie vraiment ce type de moyen. Parce que cette technique n’est pas de l’information de santé publique, mais de la communication à la limite de la manipulation. De plus, les différences des réactions sont très faibles malgré les déclarations des auteurs et il vaut mieux soigner sa communication en général en expliquant régulièrement les bienfaits des vaccins plutôt que de changer des graphiques ou des mots comme dans une publicité pour inciter les gens à l’achat. La vaccination n’est pas un produit, la santé n’est pas une marchandise et la science n’est pas une vendeuse de chaussures. De plus, la revue Emerging Infectious Diseases semble appartenir au groupe OMICS qui est considéré comme un Predatory Publisher. Il y a une revue du même nom au CDC, mais on n’a pas encore trouvé la source de la seconde étude. Nous avons publié cet article pour montrer que l’approche peut être intéressante dans certains cas, mais également pour démontrer qu’on publie tout et n’importe quoi de nos jours.

Sources

1.
Fagerlin A, Valley TS, Scherer AM, Knaus M, Das E, Zikmund-Fisher BJ. Communicating infectious disease prevalence through graphics: Results from an international survey. Vaccine. June 2017. doi: 10.1016/j.vaccine.2017.05.048
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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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