mercredi , 25 avril 2018

L’impact de la prime à la performance dans les hôpitaux ? “Décevant et limité”

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La rémunération à la performance dans les hôpitaux américains est une mesure qui récompense financièrement le personnel pour fournir de meilleurs soins aux patients. Dans cette étude, portant sur des personnes âgées, pendant plus de 10 ans, on n’a aucun effet notable sur cette rémunération à la performance dans les établissements non récompensés.


L’impact de la prime à la performance dans les hôpitaux ? “Décevant et limité”

L’impact de la rémunération des programmes de performance dans les hôpitaux américains a été limité et décevant selon les experts dans une étude publiée par le BMJ. Leurs résultats montrent que les soins dispensés aux patients âgés ne sont pas meilleurs dans les hôpitaux, qui ont été subventionnés pour des programmes de performance pendant plus d’une décennie, par rapport à ceux qui n’ont bénéficié que d’incitations financières depuis moins de trois ans.

La rémunération à la performance est un échec dans les hôpitaux

Et les chercheurs ajoutent que la rémunération pour les programmes de performance dans leur état actuel a peu de chances de réussir à l’avenir même si on les applique sur le long terme. Dans de nombreux pays, les hôpitaux sont récompensés pour de meilleurs résultats, mais des études antérieures ont montré que les programmes de rémunération ont eu un impact limité. Cependant, les défenseurs soutiennent qu’il faut du temps aux hôpitaux pour apporter des améliorations significatives aux soins dans le cadre des programmes d’incitation financière.

Les chercheurs dirigés par la Dre Igna Bonfrer à la Harvard School of Public Health ont donc cherché à examiner comment les hôpitaux, qui se sont portés volontaires pendant plus de dix ans dans le cadre de la Premier Hospital Quality Incentive Demonstration (les premiers hôpitaux qui ont testé les programmes), ont été mis en oeuvre dans le cadre du programme Hospital Value-Based Purchasing (les hôpitaux qui sont arrivés plus tard).

La rémunération à la performance, connue également comme la prime à la performance ou le bonus financier, est des mesures qui sont issues du secteur privé. Si on donne de meilleurs salaires, par rapport à des objectifs de productivité, alors cela va inciter le personnel à fournir de meilleurs soins ou à attirer les meilleurs praticiens. C’est une tactique issue du Management du secteur privé qu’on tente d’appliquer dans le secteur public ce qui montre que les deux secteurs sont fondamentalement incompatibles, car ils ne remplissent pas le même objectif.

L’étude comprenait 1 189 hôpitaux aux États-Unis (214 adopteurs précoces et 975 adopteurs tardifs). La plupart des hôpitaux étaient de taille moyenne ou grande, privés sans but lucratif et situé dans les zones urbaines. En utilisant les données sur les demandes de Medicare pour plus de 1,3 million de patients âgés de 65 ans et plus de 2003 à 2013, l’équipe a analysé les scores des processus cliniques (mesure dans laquelle un professionnel de la santé prodigue les soins recommandés aux patients atteints) dans chaque hôpital.

Pas d’améliorations significatives pour les soins des patients

Ils ont constaté que les adopteurs précoces partaient d’un niveau de référence clinique légèrement supérieur (92) que les adopteurs tardifs (90). Cependant, les deux groupes ont atteint un plafond (98) dix ans plus tard. Partant d’une base de référence similaire, les chercheurs n’ont trouvé aucune différence notable de mortalité entre les adopteurs précoces et tardifs pour les affections ciblées par le programme ou pour les conditions non ciblées par le programme au cours de la période d’étude.

Les auteurs soulignent qu’il s’agit d’une étude observationnelle, donc aucune conclusion ferme ne peut être tirée sur la cause et l’effet en ajoutant que leurs résultats pourraient ne pas s’appliquer à la population générale parce que l’étude ne portait que sur les patients plus âgés. Néanmoins, ils estiment que : Rien ne prouve que les hôpitaux, qui ont été récompensés financièrement pour des programmes de performance pendant plus d’une décennie, avaient de meilleurs scores de traitement ou une mortalité plus faible que les autres hôpitaux.

Ces résultats suggèrent que même parmi les hôpitaux qui se sont portés volontaires pour participer à des programmes de rémunération au rendement, le fait de disposer de plus de temps ne devrait pas transformer la rémunération des programmes de rendement en un succès selon les chercheurs. Ils suggèrent que les décideurs devraient réformer le programme, par exemple, en augmentant les incitations et en se concentrant sur quelques mesures qui importent le plus aux patients.

Compte tenu de l’intérêt croissant pour les programmes de performance et du manque de clarté des politiques de santé américaines, ces résultats devraient être pris en compte par les décideurs lorsqu’ils supposent que de tels programmes ont besoin de plus de temps pour avoir un effet significatif.

Source : BMJ (http://www.bmj.com/content/360/bmj.j5622)

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A propos de Jacqueline Charpentier

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Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

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