Les médecins utilisent des médicaments psychotropes sur les attardés mentaux



Une recherche révèle que les médecins utilisent régulièrement des médicaments psychotropes sur les comportements difficiles qui désignent les attardés mentaux.

Des médicaments psychotropes qui prouvent l’impuissance des médecins

Les médecins ont recours à des médicaments psychotropes puissants tels que les neuroleptiques ou les antidépresseurs sur des patients souffrant de retard mental même si ces personnes ne souffrent d’aucune maladie mentale. La recherche met en lumière cette pratique qui était suspectée depuis longtemps. Selon Rory Sheehan de l’University College London : La sédation peut calmer ces personnes, mais cela n’identifie pas la source de la frustration.

Sheehan et ses collègues ont collecté des données provenant de 571 médecins en Angleterre sur les 5 dernières années. Ils ont identifié 33 016 patients souffrant de retard mental. Un retard mental est défini par un QI inférieur à 70 et inférieur. En plus du retard mental, ces personnes avaient des difficultés dans leur routine quotidienne. Et sur 33 000 personnes, 63 % ont reçu des médicaments psychotropes pendant la période de l’étude alors que seuls 4 % souffraient de maladies mentales.

L’étude a montré que 9 135 personnes ont reçu des médicaments psychotropes alors que 71 % n’avait aucun antécédent de maladie mentale telle que le trouble bipolaire ou la schizophrénie. Étant donné que les médicaments psychotropes sont prescrits strictement dans le cas de ces maladies, cette prescription montre l’impuissance des médecins face aux attardés mentaux. De plus, la prescription de ces médicaments puissants était 2 fois plus élevée chez les personnes avec des comportements difficiles.

Il est possible que ces médecins prescrivent ces médicaments pour gérer le comportement, mais il y a très peu de preuves que ces médicaments sont efficaces dans cette situation selon Sheehan. Par exemple, un attardé mental peut taper sa tête sur une table parce qu’il a mal à l’oreille et ce n’est pas la prescription d’un médicament psychotrope qui va résoudre le problème.

Le contrôle chimique

Selon Viv Cooper de la Challenging Behaviour Foundation : On doit effectuer des changements fondamentaux pour supprimer cette culture de contrôle chimique. Nous devons la remplacer par une aide sur le comportement individuel. Et pour Dan Scorer de Mencap : Les familles nous rapportent régulièrement que leurs proches souffrant d’un retard mental sont forcés de prendre des médicaments psychotropes pendant des années. Dans de nombreux cas, ils rapportent de nombreux effets néfastes et aucune preuve que cette médication fonctionne.

Mais Sheehan pointe le fait que la gestion d’un comportement agressif n’est pas simple. Ce n’est pas un hasard si on l’appelle comme un comportement difficile. Parce que c’est difficile pour les services, les familles et toutes les personnes qui sont impliquées dans le soin de ces personnes. Sheehan ajoute que les médecins prescrivent les médicaments psychotropes à la demande des personnes chargées des soins. Le personnel a peur que les patients puissent se blesser ou qu’ils puissent être expulsés de leur résidence. Cette recherche montre qu’on a absolument besoin de solutions alternatives, car il est impensable qu’on puisse prescrire un médicament pour une maladie mentale alors que la personne n’a aucune maladie mentale.

Note : Nous avons utilisé le terme d’attardé mental parce qu’un comportement difficile ne veut strictement rien dire et que c’est une définition qui minimise considérablement l’ampleur du problème.

 

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Jacqueline Charpentier

Ayant fait une formation en chimie, il est normal que je me sois retrouvée dans une entreprise d'emballage. Désormais, je publie sur des médias, des blogs et des magazines pour vulgariser l'actualité scientifique et celle de la santé.

Pas de réponses

  1. Bonjour Madame Charpentier,
    Votre article m’a paru intéressant, jusqu’à ce que je lise le terme « attardé mental ».
    Peut-être n’êtes-vous pas au courant que ce terme est jugé extrêmement offensant. On utilise maintenant l’expression « personne ayant une déficience intellectuelle », ce qui met l’accent sur le fait que ce sont des personnes et sur un déficit objectif, plutôt que sur un jugement sociétal.
    Votre note mentionne les raisons de votre choix de ce terme. J’ai pensé que vous aimeriez peut-être savoir qu’il existe une définition de « troubles graves du comportement », par exemple dans la publication suivante: Tassé, Marc J.; Sabourin, Guy; Garcin, Nathalie; Lecavalier, Luc : Définition d’un trouble grave du comportement chez les personnes ayant une déficience intellectuelle; Canadian Journal of Behavioural Science/Revue canadienne des sciences du comportement, Vol 42(1), Jan 2010, 62-69.
    Bonne journée.

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